‹ Histoire romaineChapitre 4 sur 50 · SUITE · texte numérisé non relu

SUITE

DU CHAPITRE Vil.

llome envahie par leslâées.âe la Grèce*, —s Scipion-, Enhius, Naevius.

1 Lk •

Les premières relat^oixs ]politiqu€s de Home avecla Grèc^^ formées pair ,Ia baina.comiauue.cflfntiu Philippe^ furent d'aoHtié et de flatterie mutuelles. Elles se souvinrent de la communauté d'origine ; les deux sœurs se recopnui^ent ou firent semblant* Ina Grèce crut utile d'éire^ parente de la grande cité barbare qui avait vaincu Carthage* Rome trouva debpn goût de se dire grecque. Çl^iiQune des deux crut avoir trompé l-ajutre* La Grèce y pendit sa li-r berté 3 Rome son génie original.

Dès les temps les plus, anciens j^- Rome avait eu des relations avec les Grecs ^ spit^par suite de rôrigine pélasgique des peuples ]ka|inâ^ soit par. le voisinage

' La plupart des notefi de ce chapitre ont été flacées^à la suite delà granda r note sur l^certitnde de ThistoiTe des premiers tçmp* de Rome , à la fin dii

i-TOl.

de la grande Grèce ^ principalement à cause de ses rapports fuitîques avec les cUés grecques de Tarquinies et* de Céré ou Agylla; celle-ci avait son trésor à Delphes^ comme Sparte ou Athènes. On avait placé sur le mqnt Aventin des tables écrites en ca-i rgctères grecs^ qui contenaient )e nom des villes aI-«. liées de Rome, ^mès ^ p^rî^ç 4© IÇomepar les Gau--i lois^ Marseille^ autre ville grecque^ envoya ua secQurs d'argent aux Roumains. Ilonie çleya unç sja-^ tue à un Hermodore qui, dît-on ^ interpréta les lois^ de la Grèce J elle rendit le même honneur à Py tha-t gore, prétendu maître de Numa. Camille, après la prise de Veies, envoya des présens à Delphes. Celle de Rome/ par les Gaulois, ftit connue, de bonne heure à Athènes. Les Romains envoyèrent des ambassadeurs à Alexandre , qui se plaignit , ainsi que plus tard Démétrius Poliorcète, des corsaires d'Antium, viHe dépendante de Rome. Nous voyons qu'à Tarenle on se moqua des ambassadeurs romains, parce qu'ils prononçaient malle grec, ce qui prouve^ du moins qu'Os le prononçaient..

Depuis la guerre de Pyrrhus, les relations devinrent fréquentes. Les. Romains se soumirent de plus en plus a l'empiré des idées grecqhes, à mesure ^qu'ils prévalaient sur la Grèce, par la politique et '^ par les larmes. Et d'aboj-d, la religion latine fut vaincue par Fé^at des ipythes étrangers. Les dieux

hermaphrodites de fei yîeiHe Italie se diviser éht d'à* bord en couples,; et peu à peu leuï^ légitimes et insignifiantes moitiés cédèrent tnodestemeht ta place* aux brillantes déesses de la Grèce, hes dieux male$ résistèrent mieux à Fînvasion. Le grand dieu dea Laiins^ Saturne, se maintint en épcAisant la grec-, que Hhea. Maips, le dieu des Sabihs , resta veuf d^ la vieille Neriene. Le dieu étrasco-latin, Janus- Djanus, méconnut Djanasdus le costume hellénique d'une chasseresse légère ^ mais il resta à côté du Zeus greçj et, dans les prières, fut mèine nommé

avant lui ^ < ,

Les héros grecs passèrent TAdriatique avec les dieux. Castor et Pollux écUpisèrent, sans pouvoir les . dépo3§éd$r*> leîà Bénates, le^rs frères, qui depuis si long-temps gardaient fidèlement le foyer italique. Les dieux stériles de ritaliie devinrent fëcorids par la vertu du génie grec ; une génération héroïque leur , fut imposée; au défaut d'enfans légitimes, Fapo^ théose leur en donna d'adoption. Entre toutes les

traditions répandues sur la fondation de Rome, le peuple romain choisit la plus héroïque, la plus conforme au génie grec, la plus éloignée de Tesprif sacerdotal de la vieille Italie. Les généiraux romains prirent le titre de descendans d'Énée, dans leurs pftrandes au temple de Delphes. Un fils de Mars^

noum par un€i Joinve-, sieloo l'usage des héros de« l'antiquité, deyiutle fondateur deRomè.Les^atdén xJara les citoyens 4'4^pm,paFew da peuple romain , et fîtfondre en airaia. {a Iquve allaitant les jumeaux»

Jusqu'à la secQQde guerre {Hin.iqi^^ Rome a'a*^ vait pas eu d'hi&U)rieîi. Elle était twp occupée à . faire Fhistoire pour s'apjiXiser à Fécrire. A cette époque, la toute-puissao$e .«ité <K>iameûça à se piquer d'émujation,, et commanda une histoire romaine aux. Grecs étahlis; eu Italie; Le premier qui , leur en fournit une, fut un Didclès de Péparèthe. ,Exanji«ow<juels pquy^efti fâtre les matériaux dont il disposait. ; ,\ : ,, •;

Leg^ pfttriçiefl$,; gardions sévère? d^ la perpétuité des rites publics et priréi^,, ?ya|eft|^^«^é la barbarie de Ronie;^ Pféparp à rhistçijf§}(ku;jt>oi:tesî de doifumen^.l^es premiers étsiiçnt ui^^ e^çp de jour- ,nal des, Pcmtifes {Grandes^ q^mflf^y. ou se ..trou*' vaiex^t consignés Iq^ prodiges j^l^s. épations ^ ,etç„ ^^ SÇÇond^, (Lii^r^àfi lii^)y liviçes des,m^istratS| jnéçaQ^res des faipill^^ géB^alogie^l ipscriptions * des tppibe^ux, cotnprenaient tous les iipianumens de ^'orgueil aristocratique > tout rjiéritage honcftrifique des genteSr Une grande partie de ces monumens diT^ vers avait péri dans Fimcendie de Rome. Toutefois on avait retrouvé des tables de lois, des traités, que personne ne pouvait plus lire au temps de Po^

Ijbe. Toiwf des .monumens. ne devaient être ni très« authentiques^ ni fort instructifs ^ Le génie mystérieux de l'aristocratie avait dû^ chez un peuple ^ dans un âge illélxé^ se contenter des plus brèves indications. En. outre, ces livres, ces tables enfertnés dans les temples et dan3 les maisons des nobles, restitué^, augmentés, supprimés à volonté, avaient dû arriver au temps des guerres pupique^, dans un état étrange d'altération et de falsification.

La traditipu pouvait^elle au moins suppléer à l'insuffisance des monumen$ écrits? Les Romain* n'ont-ils pas eii, cpmwe tous les peuples barbares , une poésie populaire, où l'on put rcjlrouvea: leur histoire primitive, ou du moins leur génie, leurs mœurs originales? Plusieurs passages des anciens portent à le croire. Toutefois, peu dç nations me semblent s'être trouvées dans des circonstances moins favorables à la poésie. Des populations hété*rogènes, enfermées dans les mêmes mursj^ empruntant aux nations voisines leurs usages^ leurs arts et leurs dieu$; une société tout artificielle, récente ^t s£tns passé -, la guerre continuelle , mais une guerre de cupidité plus que d^enthousiasme; un génie avide et avare. Le.Clephte, après le combat^ chante sur le mpnt solitaire. Le Romaii^ rentré dans sa ville avec son butin, cliicane le sénat, prête à usure, plaide et dispute. Ses habitudes sont celles du jxiris^ çqnsultej il interroge graunnatiçalcment la lettre d^

fa foi , ou la torture par la dialectique , pour en tîre^ son avantage. Rfen de moins poétique que toutcelà^ w La poésie ne commença pas dans Rbmé par les> patriciens , enfans où disciples de la muette Étru-^ rië, qui dans lés fêtes sacrées dëfeftdait fe chant; et n& permettait que la pahtomime^ Magistrats el pontiîes^ les phres devaient porter dan« leur langagecette concisifon solennelle de$ oracles que. nous admirons dans leurs inscriptions. Quant aux pïébëiens,, ils représentent dans la cité îe principe d'opposi-tion, de lutte, de négation. Ce n'est. pas encore lài que nous trouverons le génie poétiques

Si Rome eut des chants populaires^ elle les d'ut probablement aux cliens qui assistaient aux festins; de leui% patrons, combattaient pour eux et célébraient lès exploits communà de îa gens. Dans le nord au^si, le chantre, comme le guerrier, est Thomme du rai. Ce nom de roi est éelui par lequel à Rome même les petits désignaient les grands.,^ soit par flatterie, soit par malignité. DansTAHèT magne, où Fhomme se donne à Fhomme sans ré<^ serve et aveq un dévoûment si exalté > les vassaux. chaatâSent leur seigneur de toute leur âme. V Rome , où le client se trouvait, comîne plébéien, en opposition d'intérêts ^vec son patron, la poésie dut étrcj de bonne heure glacée par le formalisme d'uner inspiration officielle. Ces chants méritaient probablement d'être oubliés, et ils le furent. Consacrée.

a la gloire des grandes famirtes, fls importunaient Toreille. du peuple. Les plébéiens, sans esprit de famille, sans passé > sans histoire, ne regardaient que le présent et Tavenir. Rome, de si petite devenue si grande, avait d'ailleurs intérêt d'oublier. Elle ne se souciait pas de savoir que les vaincus Etrusques et Gaulois lui avaient autrefois fait payer une

rançon.

Pauvres furent donc les matériaux de l'histoire romaine, jdus pauvre la critique de ceux qui les mirent en œuvre. Les Grecs de cette époque étaient . devenus entièrement incapables de pénétrer le pro^ fond symbolisme , des vieux âges. Toutes les fois que l'antiquité, par poésie ou pai^ impuissance d'abstraire, personnifiait une idée, lui doublait un nom d'homme. Hercule^ Thésée ou Komulus, le grossier matérialisme dçs critiques alexandrins*, la OTcnait au mot, s'en tenait à la lettre. La religion était descendue à l'histoire, l'histoire à la biographie , au roman . L'homine avait paru si grand dans Alexandre que l'on n'hésitait pas de faire honneur à. des individus de tout ce qu'une saine critique.eût expliqué par la personnification d'un peuple, ou d'une , idée. Ainsi le fameux Evéhmère .dans son vpyage romanesque à l'île de Panchaïe, avait lu dans les inscriptions d'flqfmès, que les*dieux étaient dès hommes supérieurs, divinisés poyir leurs bienfaits. Encore, cette supériorité n'était-elle pas tou-

jours fort éclatante. Vénus n'était ëHgihaireinent qu'une entremetteuse de pî*ofessîon qui eut Fhon-néur de fonder le métier* Càdmus^ ce héros mythique, qui suit par tout le monde là trace de sa sœur, et sème dans les di&mps de Thèbès lei dents du dragon-, n'est plus dans Evéhmère qu'un cuisinier du roi de Sidon, qui se sauve avec une joueuse de flûte.

Cette critique, dominée par le matérialisifte d'Épicure, passa de Grèce à Rome avecDioclès. Diodes fut suivi par Fabius Pictor, Fabius par Cincius Alimentus, Caton etPison. Fabius est méprisé de ' Polybe et même de Denys. Caton avait un but plus moral que critique ; il dit lui-même qu'il écrivait son histoire en gros caractères, pour que son fils eût de beaux exemples devantles yeux. Que dire de la puérilité de Pison et de Valérius d'Antium ? Ce sont là les sources où puisèi*ent Salluste pour sa grande histoire , Cornélius Nepos , Varron , Denys et Tite-Live. Le génie de Rome était un génie pratique, trop impatient, trop avide d'application, pour comporter les lentes et minutieuses recherches de la critique. C'est le génie des mémoires et de l'histoire -contemporaine ; Scaurus, Sylla, César, Octave, Tibère^ avaient laissé des mémoires. Les histoires de Tacite ne sont autre chose que des mémoires passionnés contre les tyrans.

Fabius, Catoii, Cincius, Pisoil, Valérius, Tite-

live enfin , Télocpieiit metteur en oeuvre 6e cette romanesque histoire , suivirent religieusement 'les Grecs ^ s'infprmànt peu des moniùnens originaux. L'histoire était généralement pour les Romains un ^ercice oratoire , comme nous le savons positivement pour Salluste^ comme on le voit âans Tite- Live, partout où nous pouvons le comparer avec Polybe. Pour Denys, on ne peut lui refuser une connaissance minutieuse des antiquités , .mais»il a cru épurer rhistoire- romaine enlaprossusant. Il ne dira pas que^ sur quinze mille Fidénate^^ Romulus en tua la moitié de sa main ; il lui attribuera teUe institution qui nia pu s'inscrire dans les lois ^ mais plutôt s'introduire dans les mœurs par la force du temps et de l'habitude (la puissance paternellç ) le patronage^ etc.). Il vantera la probité des compa-^ gnons de Romulus.. Partout de plates réflexions. Dans les harangues qu'il prête à ses personnages ,. à' Romulus 9 à Cjonolan, etc., vous sentirez l'avant-^ goût de l'imbécillité byzantine.

Les Grecs fla.ttèrent leurs maîtres , en supprimant tout ce qui pouvait humilier Rome, en la représen--» tant dès son berceau telle qu'au temps des guerre» puniques. Ils flattèrent la Grèce , en rapprochant autant qu'ils pouvaient la barbarie italique de Télé-gance et de la civilisation des cités ioniennes. Ils flat* tèrent surtout les grandes familles de Rome, qui, au temps des guerres de Philippe, d'Antiochus et de

Persée, disposaient souverainement dusort deîeur patrie.

Aucune fvnillé n'avait à cetteépoque des ^rapporis plus .étroitâi avec la Grèce > que lie» Fabii* et les Quintii. Nous avohs vu que le premier historien latin de Rome , Fabius Pictor y dont ie ststmom hé^ réditaire indique assez qu'une branche de cette fà-^ mille ciiltivait les arts de la Grèce ^ fut envoyé par le s^nat pour consulter l'oracle de Delphes^ aprè» la bataille dé Cannes. C'est un des Quintii ^ Titus Quintii^ Flaminius, qui, après sa victoire sur Philippe/ fit {ftoclamer aux jeux isthmiques l'indépen-* dance. de la Grèce. lisez dans Plutarque quelle fût en ce moment la joie crèdule et l'enthousiasme de la Grèce. Vous comprendrez la faveur avec laquelle les historiens grecs de Rome ont traité la famille de ' leur libérateur.

Au premier siècle de la répubHique, les consulats pleuvent sur ces deux familles. Vm Fabius, un Quintius portent également le nom belliqueux de CiP50, c'est-àydire, celui qui frappe et qui tue, comme les Francs donnaient à leur Karl le- nom de Martel. La grande bataille de Yrîes est le chant des Fabius. L'armée jure aux consuls de revenir victo-' rieuse; un des deux Fabius périt., mais Fautre le venge , décide la victoire par sa . valeur , et refuse un triomphe imiesté par la ntoït.deson père. Les Fabii se partagent les blessés, et tes soignent à leurs

dépens. Cette famille héroïque s^ offre au aéfM pour soutenir à elle seule la guerre de Yeîes. Ils partent au nombre de trois cent six {Voy* plus;^haut nos remarques sur ce nombre) y tous patriciens , tout de la même ^en^^ tous ^ selon la puérile exagératioii de l'historien^ dignes de présider un sénat dans les plus beaux temps de la république. Les Yeîens ne peuvent triompher de ces héros que par la ruse^ Les trois cents tombent dans une embuscade et y périssent. A eux tous ils n'avaient laissé qu'un fils à la maison ;• c'est de lui que sortirent les branches diverses de la gens Fabia. Un Fabius sort du Capdtole assiégé et traverse seul l'armée des Gaulois^ pour accomplir un sacrifice sur le mont Quirinal. .

Les Quintii donnent à Rome cet idéal classique du guerrier laboureur^ destiné à. faire honte^ par son héroïque pauvreté ^ au siècle où les Romains coounençaient à lire l'histoire. Tiré de la charrue pour la dictature y Quintius Cincinnatus délivre une armée romaine , et au bout de quinze jours ^ . retourne à la charrue. Le consul délivré s'appelle Mi* nuâus^ comme celui que le Fabius Cunctator des guerres puniques sauva des mains d'Hannibal. Cincinnatus y comme Fabius y vend son champ pour dégager sa parole ^ et sacrifie son.bien à l'honneur. Tous deux sont d'inflexibles patriciens y qui dédai-^ gnent les vaines clameurs du peuple. .

Page 1