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LES DEUX GORDIEN, PURIEN, BALBIN, LE JEUNE: GORDIEN

{an de Rome 987-091. = De Jésus-Christ 235- 239 \

Élection de Maximin par l’armée. — Son portrait. — Sa tyraenhie. — Conspiration ‘contre lui déjouée. — $a vengeance. — Ses prescriptions. — Révolte dans les Ke : gious.— Gardien est reronnu empereur par l’armée.—Le sénat confirme ce choix.—

Le titre de césar est donné au jeune Gordien. — Mort de Gordien et de son fils. — Élection de Maximus Pupienus etde Claudius Balbinus. — Agsociatiôn d’un autre Gordien à l'empire. — Tumulte à Rome. — Mort de Marimin et de $on fils. — Joie - dans Rome pour cét événement. — Dissension entre-Pupien et Balbin. —-Révolte des . prétorieus. — Mort des deux empereurs. — Élévation du jeune Gordien à l’empite,

- Sévèro ne laissait pas d'enfants. Après quelques jours de tumulte et de débats, l’armée élut pour empcreur Maximin, qui, sans attendre les décrets du sénat et du peuple, donna le titre. de césar à son fils Maxime. Le père du nouvel empereur, né parmi les Goths, s'appelait Micca, sa mère Abada

F285-229 de J,-C.] MAXIMIN. 283

reçui le-; jaur dans .le pays des Mains; ainsi, des Re son. origine était barbare.

… Jules Maximin, représenté par les historiens comm un clope en avait les formes gigantesques et la férocité. On prétend que sa taille était de huit preds, que les bra-

celets de sa femme lui servaient de bagues, qu'ilmangeait

dans ün jour quarante livres de viande,que d’un seul eoup

. -de poing il faisait sauter les dents d'un cheval, et qu'on le

vit plusieurs fois traîner seul un chariot chargé. Les récits des écrivains de son temps ressemblent aux contes des ogres. Ge qui est certain, c'est que ce Barbare; qui se comparait à Hercule, se vantaït lui-même d’égaler Milon en

force, Ajax en vaillance, Phalaris en cruauté. Enrôlé dans

les troupes romaines, il remporta tous les prix militaires, et obtint la main de Memmis, descendante de Catulus et fille de Sulpicius, personnage consulaire. Septime Sévère, qui avait remarqué son courage, le plaça dans sa garde.

Devenu centurion et favori de Caracalla, il demeura fidèle à.sa mémoire, refusa de servir sous Maerin, et se retira en Thrace, lieu de sa naissance. Héliogabale le rappela, l'admit dans sa honteuse intimité, et le nomma tribun. Alexandre, le croyant moins déplacé dans un camp qu’à la cour, le recommanda au sénat, et lui donna le commandement de la quatrième légion... .

Dès que Maximin fut parvenu à l'empire, on vit promp-

tement qu’il ne voulait régner que par la terreur. Il tua, bannit ou destitua tous les amis d'Alexandre. La perséoution contre les chrétiens reéommença; et, ai l’on en croit Origène, la plupart des évêques périrent victimes de ses

‘fureurs. En détestant les vices de ce monstre, on doit rendre justice à sestalents militaires. Toujours armé, et pres-

toujours heureux, il délivra l'empire de ses ennemis, recula ses frontières, poursuivit les Barbares jusqu’au fond de leurs forêts, dévastant tout sur.son passegé comme un

{orrent. Il menaçait les Germains d’une ruine totale, etse fattait de porter ses conquêtes jusqu'à la mer du Nord.

384 EMPIRE. [de 3.-C. 235-239.)

Dans ses lettres au sénat, il se vantait d'avoir surpassé les exploits des plus célèbres conquérants; mais la nécessité de défendre son pouvoir usurpé, qu'on attaquait de toutes parts, le força bientôt de s'arrêter dans ses triomphes.

Magnus, soutenu par quelques amis d'Alexandre, conspira contre lui et forma le dessein de rompre un pont sur lequel ce tyran devait passer. Quelques traîtres découvri rent le complot; quatre mille victimes suffirent à. peine à la vengeance de Maximin. Plusieurs légions, s'étant soulevées, proclamèrent empereur Quartianus ; mais Macédonius, un des chefs de la conjuration, trahit ses complices, tua le nouveau césar, et porta sa tête à Maximin.

Le tyran, d'autant plus cruel que son pouvoir était plus incertain, voyait avec indignation que le sénat, obéissant à regret à un Barbare, refusait de légaliser son usurpetion. Ses agents à Rome reçurent une liste de proscription qui condamnait à mort les plus illustres personnages. Le sang coulait, la terreur régnait dans la capitale, et les ombres de Marius et de Sylla semblaient sortir de leurs tombeaux pour se repaitre encore de supplices.

Maximin voulut exercer de semblables cruautés en Afrique ; mais la plus grande partie des légions, loin d’obéir, levèrent l’étendard de la révolte, et donnèrent le titre d’em- “pereur au sénateur Gordien, âgé de quatre-vingts ans. Ce vieillard dont la couronne n’orna que le tombeau, fit parvenir à Rome une proclamation dans laquelle 11 protestait qu’exempt d’ambition, il ne s'était rendu aux vœuxde Parmée que pour délivrer Rome d’un monstre.

À cette nouvelle, le sénat, sortant de sa stupeur, confirma le choix de l’armée, et déclara Maximin, ainsi queson fils, traîtres à la patrie et déchus de teur grandeur usurpée.

Le peuple, encouragé par cet exemple, s’arme en tumulte, triomphe de la résistance des prétoriens, tue le préfet du prétoire, et massacre le gouverneur de Rome nom-

PS = — L : > - vw —

[235-239 de 3.-C.] MAXIMN. 385

mé par le tyran. Le sénat donna le titre de césar au fils de Gordien, et défendit aux provinces et aux légions d’obéir aux ordres de l’usurpateur.

Lorsque Maximin fut informé de ces événements, il hurla comme une bête féroce, se frappa la tête contre les muraïles, rassembla promptement ses troupes, crut les attacher à sa cause par d'immenses largesses, leur promit la ruine et le pillage de Rome, quitta la Pannonie, et dirigea son armée contre l'Italie; mais le grand nombre de ses soldats et le défaut de vivres rendirent sa marche difficile et lente,

Cependant Capellianus, auquel il avait confié le gouvernement de Numidie, etqui maintenait dans l'obéissance un corps de vieilles troupes, attaqua, près de Carthage, le jeune Gordien, qui ne commandait que des soldats nouvellement levés.

Gordien combattit avec vaillance; mais ao par son armée, il fut vaincu, et périt sur le champ de bataille. Son père, ne pouvant le venger et ne voulant pas lui survivre, s'étrangla avec sa ceinture. Capellianus mit à mort tous leurs partisans, pilla les temples, dévasta les villes, ravagea les champs, et surpassa les fureurs des monstres ji l'Afrique et même celles de son maître.

Ce désastre consterna Rome, maïs n'abattit point la fermeté que le désespoir inspirait alors au sénat. Les plus timides prennent du courage lorsque la faiblesse n’offre plus d'espérance. Les sénateurs s’assemblèrent dans le temple de Jupiter, et, après de courts débats, ils élurent pour empereurs Maximus Pupienus et Claudius Balbinus. Le premier, fils d'un serrurier, parvenu par son-mérite et par-sa bravoure aux plus hautes dignités de l'État, avait été successivement gouverneur de Bithynie, de Grèce, des Gaules, préfet de Rome, et consul. Il s’attirait le respect par ses mœurs pures, par sa graye fermeté, et se -conciliait l° opinion publique par sa douceur.

Balbin, issu d’une famille illustre, deux fois cad gouverneur intègre de province, s'était faitestimer par sa jus-

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