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IV

386 | EMPIRE. [de F.-C. 255-299.]

tice. Éloquent orateur, poëte élégant, il était plus propre à l'administration qu'aux combats.

Le peuple, dont le temps, l'esclavage et la tyrannie n’avaient pas affaibli la vieille haine contre les grands, refusa de souscrire au choix du sénat. Chaque” parti soutint ses prétentions avec les armes. Après plusienrs jours de sédition et de combats, le peuple promit d’obéir aux.empereurs, s'ils voulaient partager leur pouvoir avec un enfant de la famille de Gordien, âgé alors de douze ans. Les empereurs y consentirent, lui donnèrent le titre de césar, et rétablirent la paix par cette condescendance. :

Pupienus, sans perdre de temps, rassembla toutes les troupes quise trouvaient en Italie, et se mit à leur tête pour combattre Maximin. Celui-ci, furieux, précipitait sa marche, impatient de franchir les Alpes; mais l'active prévoyance du sénat avait défendu les passages, approvisionné les places, et exilevé dela campagne tous les grains et tous les bestiaux. |

L'armée de Maximin, épuisée de fatigue, murmure en trouvant la disette aù elle espérait l'abondance. Son chef, pour l'apaiser, attaque de vive force Aquilée, défendue par les consulaires Crispinus et Méhophile. Les assiégés soutiennent intrépidement 1 assaut, écrasantles assiégeants en leur lançant des traits, des pierres, des poutres embrasécs, et les découragent tellement qu'ilé ne veulent plus s'approcher dés remparts.

- Dans le même temps, l'imprudence de deut sénateurs excitait dans Rome un nouveau tumulte. Les prétoriens, impatients de savoir des nouvelles de l’armée, s'étant approchés en. grand nombre de la salle où le sénat était rassemblé, Galican et Mécène, quisoupçonnaient leur fidélité, quittent la séance, injurient ces soldats, les.écartent,les accusent d'espionnage. La multitude, toujours crédule pour toute accusation, se jette sur les prétoriens et les poursuit jusqu'à leur camp. Les cohortes furiéuses en sortent, repoussent à leur tour le peuple, et mettent le feu à la ville.

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Comme cette sédition était fortuite et n’avait point de chef, lempereur Balbin parvint facilement à la calmer.

‘Le mécontentement de l’armée de Maximin, plus durable parce qu'il était causé par la famine, s’augmentait à la. nouvelle de l'approche de Pupienus. Maximin crut ramener l’ordre par la crainte, mais sa cruauté souleva toutes ses légions; on méprisa ses ordres, on déchira ses images; et lorsqu'il voulut imposer aux rebelles, les soldats furieux se précipitèrent sur lui, le massacrèrent ainsi que son fils, et envoyèrent leurs têtes à Rome. Lorsque le courrier expédié par l’armée pour informer le sénat de la mort de Maximin entra dans Rome, le peuple était assemblé au théâtre ; la joie était universelle : chacun, en se voyant délivré de ce tyran, se croyait échappé à la mort : on brüla dans le Champ-de-Mars la tète du monstre qui en avait tant fait tomber; l’encens fuma dans tous les temples ; le calme rentra dans tous les cœurs, et la paix parut rétablie dans l'empire. Mais la vanité est presque toujours inséparable de la faiblesse : le sénat, depuis si longtemps dominé par l’armée, se vantait imprudemment d’avoir élu sans son consentement les deux empereurs Pupien et Balbin. Cette jactance irrita les prétoriens ; ils haïssaient dans ces deux princes la tempérance, la justice et la modération qui leur avaient mérité les suffrages du sénat. Les soldats, amis de la licence, ne pouvaient supporter des chefs qui voulaient rétablir l’ancienne discipline. Les deux empereurs auraient dû rester unis pour leur résister; la jalousie du pouvoir les divisa. Ils prétendaient tous deux à la supériorité, Pupien par son mérite et Balbin par sa naïssance Cette mésintelligence augmentait la force de leursennemis. Cependant, comme ils apprirent que les frontières de l’empire étaient menacées par les Perses et par les Germains, ils parurent se rapprocher, et convinrent de marcher, l’un en Orient, l’autre en Germanie.

Leurs troupes s’éloignèrent de Rome; et avant de les rejoindre, ils voulurent célébrer les jeux capitolins. Les

deux empereurs, après le départ des armées, se trouvaient presque seuls, chacun dans son palais, et n avaient pour toute défense que leurs esclaves. La haine des prétoriens profite de cet isolement ; ils se soulèvent contre les princes. Pupien, averti à temps de leurs complots, conjure son collègue de rappeler l’armée du Rhin. qui était encore peu éloignée de Rome. La jalousie est défiante : Balbin hésite à suivre ce conseil; les séditieux investissent le palais, outragent les empereurs, et veulent les entraîner dans leur camp; mais, avertis qu'on envoyait l’ordre aux troupes du Rhin de revenir, ils se hâtent de consommer leur crime, massacrent les deux empereurs, proclament auguste le jeune Gordien, et apaisent le mécontentement du peuple en lui rappelant que ce jeune prince devait le trône à ses suffrages, tandis que Pupien et Balbin, rejetés d’abord par lui, ne devaient leur Non qu’à l’orgueil et au caprice du sénat.

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