CHAPITRE XXXV
AURELIEN.
(Au de Rome 1029-1027. — De Jésus-Christ 270- 275.)
Quintilios, frère de Claude, est nommé auguste par le sénat. — Élection d'Aurélien par l'armée. = Abdication et mort de Quiütilius. — Le sénat confirme l'élection d’Aurélien. — Origine et portrait d’Aurélien. — Ses premiers exploits. — Sa défaite et sa fuite. —Sédition à Rome. — Nouvelle victoire d’Aurélien. —Paix avec les
* Nandeles, Retour et triomphe d'Aurélien à Rome. = Punition des séditieux. — Travaux d’Aurélien. — Son départ de Rome pour combattre Zénobie. — Portrait
* de Zénebie, — Bataille entre Aurélien et Zéuobie. — Défaite de Zénohie. — Siége de Palmyre. — Proposition de paix d’Aurélien à Zénobie. — Fuite et captivité de Zénobie, — Prise de Palmyte. = Abdication de Tétricus. — Viotoire d’Aurélien sur les Gaulois. Son entrée triomphale daus Rome, — Départ d’Aurélien. — Perfidie de Mnesthée. — Mort d'Aurélien.
..… Claude laissait après lui deux frères, Quintilius, qui lui
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suecéda, et Crispus, dont Constantin se faisait honneur de descendre. Dès qu’on sut, en Italie, la mort de l’empereur, l'affection qu'on lui portait décida le sénat à décerner le titre d'auguste à Quintilius.
Dans ce même temps l’armée, qui se trouvait à Sirmiura, proclamaït empereur Aurélien, général de cavalerie, et l’un des plus grands capitaines de son siècle. Quintilius, informé de ce choix, peu sûr de ses soldats qui n’aimaient pas sa sévérité, ou déterminé par un motif plus honorable, par la crainte de favoriser les armes des Barbares en excitant une guerre civile, ou d'affaiblir l’autorité du sénat en abdiquant, se fit ouvrir les veines , et mourut après dix-sept jours de règne.
Le sénat et le peuple confirmèrent l'élection d'Aurélien. -Ce prinee devait le jour à une famille obseure qui habitait un bourg dans la Pannonie; sa mère était prêtresse du soleil ; et toute sa vie, Aurélien marqua une prédilection particulière pour le culte de cette divinité. Enrôlé trèsjeune dans les troupes romaines, sa bravoure commença sa fortune, et son habileté lui valut l'empire. IL aimait avec tant de passion les combats et les exercices, que les compagnons de sa jeunesse, pour le distinguer d’autres soldats qui portaient le même nom, l’appelaient Aurélien glaive en main. Élevé au rang de tribun, il se distingua par une extrême sévérité dans la discipline : apprenant qu'un de ses soldats avait outragé une femme , il le fit écärteler. On a conservé une de ses instructions, adressée à son lieutenant : « Nul, dit-il, ne doit être avancé, s’il ne « montre pas autant de retenue et d’obéissance que de « courage. Punissez sans pitié celui qui dérobe une grappe ‘«de raisin ; que le plus léger vol soit châtié comme ün «crime ; les soldats doivent s'enrichir des dépouilles de « l'ennemi, et nom des larmes de leurs concitoyens. »-
Son premier exploit fut de vaincre les Francs près de Mayence : par lui la Gaule fut délivrée des Barbares. Valérien le compara aux Scipions; et Claude,
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voulant rétablir la discipline dans la cavalerie, lui en confia le commandement.
Dans le cours de sa vie militaire, soldat aussi braveque
général expérimenté, on prétend qu il tua de sa main pus de neuf cents ennemis.
On le compara, pour l’activité, à César ; mais il n’imita pas sa clémence; et, si l’on ne peut l’accuser d’avoir été sanguinaire comme les tyrans, on doit lui reprocher d'avoir été dur et inflexible contre ceux qui l’avaient offensé. Il semblait plus fait pour commander que pour gouverner.
Dès qu'il eut pris les rênes de l'empire, il marcha contre
‘les Goths, les força de repasser le Danube et: de lui de-
mander la paix : mais convaincu qu'on ne pourrait jamais défendre la Dacie de leurs incursions, il l’abandonna et pri le Danube pour frontière.
Les Allemands, les Juthonges et les Marcomans se disposaient à envahir l'Italie ; l’empereur les attaqua et les défit dans la Bavière et dans la Souabe. Les Barbares, dont ce revers n’avait point abattu la fierté, lui envoyèrent des ambassadeurs, et lui promirént de se retirer si Rome voulait leur payer un tribut. Il les reçut avec pompe, et leur parla avec hauteur : « Vous n'êtes gouvernés , leur dit-il, « que-pas vos passions ; la raison seule dirige Rome : elle «est accoutumée à recevoir et non à payer des tributs ; « elle vous accordera son alliance, si vous la méritez par
.« votre soumission et par vos sérvices. Avant de l’attaquer
« témérairement, pareourez les champs de Nyssa ; les osse- « ments de trois cent mille Goths vous APRESCGrONE le sort « que la guerre vous réserve. »
Les Barbares, irrités de ses menaces et de ses he tentèrent de nouveau la fortune des armes. Aurélien qui, peu content de les battre, voulait les détruire, les tourna et se plaça entre eux et leur pays ; mais, sans s'étonner de eette manœuvre, ils continuèrent audacieusement leur marebe, trouvèrent les Alpes mal gardées, les franchirent, péné-