‹ Histoire romaineChapitre 10 sur 136 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

jusqu'au jour où, sans lutte nouvelle, ils s'éveillèrent sujets de Rome.

Ainsi, au milieu des populations domptées, désunies, et surveillées, au point de rencontre de toutes les voies militaires , derrière un double et triple rempart de forteresses, et de villes alliées , s'élevait le peuple romain, fort de sa position centrale, de son union, de ses mœurs, de son ardent patriotisme , de son esprit guerrier et de la sagesse d'une politique séculaire.

Devant ce grand spectacle, devant ces résultats de la prudence et de l'activité humaines nous dirons avec Bossuet : « De tous les peuples du monde, le plus fier et le plus hardi, mais tout ensemble le plus réglé dans ses conseils, le plus constant dans ses maximes, le plus avisé, le plus laborieux, et enfin le plus patient a été le peuple romain. De tout cela s'est formée la meilleure milice et la politique la plus prévoyante, la plus ferme et la plus suivie qui fut jamais. »

Un moment, ces institutions, cette sagesse parurent inutiles. L'Italie fut envahie par une armée de mercenaires, et les vainqueurs de Pyrrhus et des Samnites essuyèrent les plus sanglants désastres. Mais ce duel d'un grand homme contre un grand peuple ne pouvait avoir d'issue funeste. En face d'Annibal, les Romains donnèrent aux nations qui voudront rester libres un exemple impérissable de patriotisme et de constance.

Carthage abattue, et le vainqueur de Cannes fugitif, le sénat ne rencontra plus devant lui qu'anarchie et faiblesse : dans F Occident, mille peuplades désunies; dans l'Orient, un monde qui se mourait de ce mal dont les peuples ne reviennent guère, la dépravation de la vie publique et privée. Aussi, malgré ses guerres intestines, malgré la ruine de ses

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