‹ Histoire romaineChapitre 11 sur 136 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

mœurs et des fortes institutions qu'elles avaient portées, le peuple romain asservit tout; et de l'Euphrate à la Manche, des Alpes à l'Atlas, il n'y eut plus qu'une seule domination.

Mais le monde vaincu se vengea de Rome en lui donnant ses vices ; et cette classe moyenne qui avait fondé la liberté et l'empire , décimée par les combats et tout à la fois pervertie par trop de pauvreté et par trop de richesse, disparut, laissant derrière elle un abîme où s'écroula la république.

Alors ceux qui commandaient à tous, se soumirent, euxmêmes, d'abord au sénat, ensuite à un parti, plus tard à un homme , héritier de la république tout entière et de ses armées.

Un jour ces armées partagèrent leur obéissance et cette domination se tourna contre elle-même. Cependant, du sein des nations vaincues, pas un cri d'indépendance ne sortit; elles vinrent se mêler à ces rivalités sanglantes, comme les sénateurs qui descendaient dans l'arène, pour disputer aux gladiateurs de César un regard de leur maître.

Vainqueurs et vaincus, également épuisés, se pressèrent donc autour du trône nouveau ; car malheureusement il y a, même pour les meilleures et les plus nobles choses , des heures de fatigue et d'involontaire dégoût. Le monde ne voulait plus de liberté , il aspirait à la paix , à l'ordre , à la sécurité, comme deux siècles plus tard , rassasié de bienêtre, il courut, à travers les macérations et les supplices, &ux joies de Pâme, à la pureté morale, au saint enthousiasme d'une foi nouvelle. Tacite le dit en commençant son admirable histoire : « La terre fatiguée de discordes civiles, accepta Auguste pour maître , et les provinces saluèrent de leurs acclamations la chute d'un gouvernement débile qui

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