‹ Histoire romaineChapitre 107 sur 136 · I. ANARCHIE MILITAIRE · texte numérisé non relu

I. ANARCHIE MILITAIRE

GALBA (68). — OTHON (68). — V1TELLIUS (69). dalba (•«).

Servius Sulpicius Galba était âgé de plus de soixantedouze ans quand il fut proclamé. Il descendait d'une famille noble et ancienne. Sous le principal d'Auguste , il avait su gagner la faveur de Livie , qui dans son testament lui avait fait un legs considérable. 11 avait passé par toutes les grandes charges de l'État, avait été gouverneur de l'Aquitaine , de l'Afrique , de la Germanie supérieure , et en dernier lieu de l'Espagne Tarraconaise , qu'il avait administrée pendant huit années. Tout le monde s'accorda à prendre ce vieillard qui ne pouvait vivre longtemps et dont chacun espérait se faire lnéritier. Mais peu de temps après son arrivée à Rome , sa sévérité et son avarice , deux choses à quoi les empereurs précédents n'avaient habitué ni le peuple ni les soldats, eurent bientôt soulevé la haine contre lui. Il eut tort au reste de licencier sans solde la garde germaine , et de renvoyer à leurs vaisseaux , après les avoir fait décimer parce qu'ils s'y refusaient, les marins de Néron , dont ce prince avait formé une légion. Les prétoriens exigeaient le donativum promis en son nom. « Je choisis mes soldats, répondit-il, et je ne lesachète pas». En même temps, ceux des amis de Néron échappés au premier massacre oui avait suivi la mort de leur maître furent envoyés au supplice.

Cette sévérité n'empêcha pas Galba d'être faible et indulgent jusqu'à l'excès pour ses tout-puissants favoris Vinius, Laco et Icélus, qui s'enrichissaient et commettaient sous le nom de l'empereur mille injustices. Galba vit croître le mécontentement, surtout parmi les légions de la haute Germanie , qui n'avaient point reçu de récompense pour leur campagne contre Vindex. Afin d'en arrêter 1 explosion, il désigna pour son successeur Licinianus Pison , que re-

commandaient au choix de l'empereur la sévérité de ses mœurs , la noblesse de son origine et ses hautes qualités. Mais Galba, en présentant Pison aux prétoriens, ne leur lit point promettre de donativum, et Pison, dont ils redoutaient le caractère austère, leur devint encore plus odieux. Ils auraient préféré voir la succession de l'empire assurée à Marcus Fulvius Othon, ancien ami de Néron et premier mari de Poppée, homme ambitieux, mais perdu de dettes. Othon, récemment revenu de son gouvernement de Lusitanie , et qui s'était formé un parti à la cour impériale, avait luimôme espéré que le choix de Galba tomberait sur lui. Quand il vit cet héritage passer à Pison, il souleva les prétoriens. La plupart des troupes, au moment où éclata cette révolte, passèrent de son côté, et le quatrième jour après la nomination de Pison, Galba, abandonné de tous , fut massacré sur le champ de Mars par les soldats. Un fidèle et courageux centurion détourna les coups dirigés contre Pison , qui put se sauver, Quoique blessé , dans le temple de Vesta. Mais il en fut arraché par une troupe furieuse , et décapité. Beaucoup d'amis de Galba éprouvèrent le même sort. Cet empereur avait régné sept mois.

Othon (*»).

Le sénat s'empressa avec son habituelle servilité de reconnaître Othon empereur. Le nouveau prince dut tout 0<Mer d'abord aux prétoriens. Ils nommèrent eux-mêmes leurs chefs et jusqu'au préfet de la ville, Sabinus, frère de Vespasien ; et il ne parvint qu'à grand'peine à les empêcher de massacrer une partie du sénat. Cependant, ooatre l'attente générale, Othon fit preuve d'habileté et de fermeté; mais il n'eut pas le temps de montrer ce qu'il pouvait faire, car il avait déjà un rival. Au commencement de janvier 69, les légions du Hbin avaient à Cologne proclamé empereur leur chef Vitellius. En vain Othon chercha à prévenir par des négociations la guerre civile j il fallut en venir aux mains. Trois fois ses généraux battirent dans la haute Italie les vitellicns, commandés par Cécina et Va* lens. Mais près de Bedriacum , entre Vérone et Crémone , il perdit une grande bataille. Vainement ses amis le supplièrent d'attendre, pour recommencer la guerre, l'arrivée des légions de la Moesie; Othon s'offrit lui-môme comme victime pour mettre fin à o*& luttes cruelles j il sô tuat

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