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LES ARÈNES DE NIMES

1 D'après un fragment d'inscription II n'est pas le plus grand, mais un des

trouvé dans les arènes de Nimes, la mieux conserves et des mieux construits

construction de cet amphithéâtre date- son grandaxea i33«u 7e, le petit ioim4o%

rait de la seconde moitié du u« siècle, sa hauteur 2lm3?c i l'épaisseur descop-

Di

Jfftrc-Aurèle le Philosophe (101-1 M); attaque*» de» Cermalns

Lorsque Antonin se sentit mourir , il fit porter la statue d'or de la Victoire dans l'appartement de son fils adoptif. Marcus Aurélius Antoninus, surnommé le Philosophe. Le nouvel empereur prit à tâche de continuer l'administration de ses trois prédécesseurs. Il créa, pour la protection des pupilles, un préteur tutélaire, et fit pour les gouverneurs de provinces, par la promulgation de Y édit provincial , ce qu'Adrien avait fait pour les préteurs par celle de Pédit perpétuel. L'arbitraire étaitainsi partout poursuivi, et l'unité mise dans l'administration. De nouvelles facilités accordées pour l'obtention du droit de cité romaine préparait une autre unité, celle des conditions.

Marc-Aurèle avait partagé le titre d'Auguste avec Lucius Verus , à la fois son gendre et son frère d'adoption, homme livré à tous les plaisirs et qui ne prêta jamais à l'empereur un utile concours. Envoyé par lui dans des circonstances graves en Orient , il ne s'occupa à Antioche que de ses honteuses débauches , laissant l'habile et célèbre Avidius Cassius soutenir victorieusement la guerre contre les Parthes , prendre Ctésiphon et Séleucie , et réunir la Mésopo£am/e à l'empire (165). L'année suivante, les deux empereurs célébrèrent par un triomphe la fin de cette guerre. Peu après une peste terrible sévit dans Rome et désola tout l'empire. Les peu pies germains des bords du Danube, qui depuis longtemps étaient restés en paix , se préparèrent au même moment à une attaque générale, et de grands désastres, des trem-

structions est de 2im 53e. Ce massif vingt mille spectateurs y trouvaient renferme cinq galeries de circulation, place. L'amphithéâtre de Vérone avait

des aqueducs, des salles et cent Boixan te- sur son plus grand diamètre 154",

deux escaliers principaux conduisant à le petit 123. L'épaisseur des constroc-

tren te -cinq rangs de gradin s d'où la vue tions est de 39m, l'élévation de 30";

plonge sur l'arène ; un mur (podium) celui do Capoue I7im 51e pour le plus

de 2«» 69« d'élévation séparait les spec- grand diamètre, 1 43m 33e pour le petit ;

tuteurs des combattants. Une première 31 « 83e pour l'épaisseur des construc-

précinction de quatre rangs de gradins tions. On trouve encore des ruines d'am-

était réservée aux magistrats et notables phi théâtre à Albano, Otricoli, Kimini,

de la ville ; une seconde de onze ran^s Bologne,Garigliano, Pœstum,Pola(très-

aux chevaliers; une troisième de dix grande dimension, Tarragone, Arles,

rangs aux simples citoyens; une qua- Saintes Bordeaux (le palais Caliène). Il

trième de dix aussi au bas peuple et y en avait à Lyon, à Paris, et on a

aux esclaves. Vingt-quatre mille spec- constaté, d'après les ruines ou les roo-

tateurs pouvaient y trouver place. Le numents écrits, qu'il y en avait eu dans

Colysée à Home avait cinquante rangs trente-quatre autres villes de France,

de gradins. 546m de circonférence exté- Quelle boucherie d'hommes se faisait

rieure, et 51 de hauteur. L'arène était chaque aonée dans l'empire romain ! longue de 93m et large de 59 ; quatre-

blementsde lerre, accompagnèrent cette irruption des Barbares , comme si les dieux avaient voulu secouer l'empire romain de sa torpeur. Mais le philosophe stoïque qui occupait alors le trône impérial ne se laissa pas effrayer ; il avait de bonne heure appris à soumettre le corps à 1 ame , ses passions, à la raison. Pour lui , la vertu était

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indiftérent. Au milieu des périls de la guerre contre les Marcomans , sur les rives du Danube , il écrivit les admirables maximes de la sagesse stoïcienne dans les douze livres de son ouvrage intitulé: EU coutov. Sévère pour lui-même, juste et bienveillant pour les autres, excepté pour les chrétiens, qu'il persécuta, Marc-Aurèle trouva dans son fils dénaturé une cause de continuels chagrins. Sa femme, la jeune Faustine, paraît aussi avoir tenu une conduite déréglée , bien que son époux Tait plusieurs fois louée dans son livre.

A titre de philosophe, Marc-Aurèle regardait la guerre comme une honte cl une calamité. Mais quand la nécessité d'une légitime défense lui mit les armes à la main , il montra un courage supérieur. Sous la conduite de leur roi , les Marcomans , sortant de la Bohême , avaient longé avec d'autres Germains les bords du Danube et attaqué la Dacie; Cette attaque en amena d'autres. Presque tout le monde barbare s'ébranla ; et, ce qui était menaçant pour l'empire , il s'ébranla avec un ensemble qui montrait la Germanie tout organisée déjà pour l'invasion. Les Sarmates Roxolans , des Quades , des Jazyges, des Vandales et d'autres peuples, connus de noms seulement, formèrent une grande ligue dont les Marcomans n'étaient en quelque sorte que Tavant-garde. Cette lutte contre les peuples du Danube était d'autant plus dangereuse que les meilleures troupes de l'empire étaient retenues en Orient, que les Chauques avaient, dans le môme temps, envahi la Belgique, et les Cattes franchi les remparts qui couvraient les terres décumates. Les Barbares qui avaient passé le Danube , ravagèrent la Pannonie et nilyrie, et pénétrèrent jusqu'aux environs d'Aquilée. Les deux empereurs marchèrent à la fois contre eux; ils reculèreut, mais en emmenant cent mille captifs. Marc-Aurèle chercha à semer la division parmi eux. Il détacha de la ligue quelques tribus auxquelles il assigna des terres en Dacie, en Mœsie, dans l'Italie même. A d'autres il accorda de certains privilèges, et il admit beaucoup

l'unique bien , le mal 1'

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Tout le reste était

de Barbares dans ses troupes. Ces mesures donnèrent un répit de quelques années. Ce fut au retour de cette expédition (déc. 169) que la mort en frappant Verus délivra Marc- Aurèle d'un collègue indigne.

Les Germains, qui n'avaient point été vaincus, reparurent encore une fois sous les murs d'Aquilée. Pour trouver l'argent nécessaire à cette guerre, Marc-Aurèle fit vendre les objets précieux et les joyaux du palais impérial. Le long règne pacifique d'Antonin, la famine, la peste, les combats sur l'Euphrate et le Rhin avaient si fort diminué les légions ou occupaient tant de soldats , qu'il fallut armer des esclaves , des gladiateurs , et enrôler encore des Barbares (172). L'ennemi se retira devant lui , mais l'empereur comprit qu'il était nécessaire de frapper quelque coup décisif, et après avoir fait de Carnuntum en Pannonie sa place d'armes , il attaqua avec des succès variés les Marcomans et les Jazyges, poursuivit les Quades jusque dans leur pays, où il courut, sur les bords du Gran , un sérieux danger. Une pluie mêlée d'éclairs et de tonnerre le sauva et donnalicuà la tradition sur la légion fui minante composée de chrétiens. Un traité de paix avec plusieurs nations parut terminer glorieusement cette guerre.

Des bords du Danube , Marc-Aurèle gagna promptetnent la Syrie (175) pour apaiser la révolte de Cassius ou lui céder l'empire, si telle était, disait-il, la volonté des dieux. Cassius fut tué par ses soldats ; et l'empereur se plaignit qu'on lui eût ôté le plaisir de se faire un ami d'un adversaire. Au moins n'y eut-il plus de victimes. « Que cette insurrection, écrivait-il noblement au sénat, n'ait coûté la vie qu'à ceux qui sont morts dans le premier tumulte. » Presque aussitôt des Marcomans et d'autres peuples qui habitaient au nord du Danube et du Pont-Euxin, des Bastarnes, des Goths recommencèrent leurs incursions (178). Le malheureux empereur que la fortune condamnait à passer sa vie dans les camps , se hâta de marcher contre eux avec son fils Commode ; mais il s'arrêta à Carnuntum, d'où il dirigea les opérations militaires. Les Barbares firent une énergique résistance et les prétendues victoires des Romains restèrent sans résultat. Marc-Aurèle, profondément découragé , mourut le 7 mars 180, à Vindobona (Vienne) , ou , selon d'autres , à Sirmium , laissant à son fils , avec l'empire , une guerre redoutable.

LES ANTON IN S (96-193). 423 Commode (1§M91).

Quand Marc-Aurèle eut été placé , selon la coutume , au rang des dieux, Lucius Commodus Antoninuslui succéda. Il n'avait que dix-neuf ans, et déjà la faiblessede son père avait laissé s'enraciner en lui des passions désordonnées qui en auront bientôt fait un tyran stupide. Il se hâta de conclure la paix avec les Marcomans et les Quades , qui promirent de ne pas s'approcher du fleuve plus près que de cinq milles, et de ne tenir d'assemblées qu'en présence de centurions romains. Plus de vingt mille Barbares entrèrent au service de l'empire ; c'était leur livrer les secrets de la tactique romaine. Des bords du Danube, Commode précipita son retour à Rome où il se livra à tous les plaisirs et à sa folle passion pour la chasse et les combats de gladiateurs. On le vit lui-môme plus de sept cents fois combattre dans l'arène, conduire un char ou jouer le rôle d'Hercule. Toute son ambition était de ressembler à ce héros de la force brutale ; il se fit même surnommer Hercule romain , et se fit représenter sur les monnaies avec les attributs du demi-dieu. Par ses débauches et sa cruauté , il surpassa les plus odieux de ses prédécesseurs.

Le préfet des gardes, Pérennis, fut d'abord chargé de tous les soins du gouvernement, mais des soldats mécontents qui étaient venus de Bretagne à Rome pour accuser sa dureté, Je massacrèrent (186). Il fut remplacé comme préfet du prétoire et favori du prince par l'affranchi Cléander, Pnrygien , qui fit argent de tout , de la vie et de l'honneur des citoyens. Les emplois, les sentences , il n'y avait rien qu'il ne vendit. Trois ans après , l'avare et cruel favori fut tué dans une sédition populaire qu'avaient excitée la peste et la famine.

La cruauté de Commode, provoquée par les conspirations, ne connut plus de bornes. Déjà avant la mort de Pérennis, un meurtrier s'était précipité sur lui en disant : «Voilà le poignard que le sénat t'envoie, » et en l'année 187, un déserteur devenu chef de brigands, avait delà Gaule et de l'Espagne donné rendez-vous à tous les siens à Rome, à un jour fixé, pour y égorger l'indigne fils de Marc- Aurèle et prendre sa place. Dénoncé par Un complice , il fut saisi et tué. Mais Commode, effrayé et trop bien servi par les dénonciateurs et par une police secrète, lança des sentences de

mort contreleshommeslesplus vertueux, contreses proches, contre le sénat et même contre le grand jurisconsulte Salvius Julianus. Accordant toute licence aux prétoriens, il croyait avec leur appui n'avoir rien à craindre, mais ceux qui l'approchaient le plus étaient ceux qui étaient le plus menacés, ce fut leur main qui le frappa. La veille des saturnales, il voulut passer la nuit dans une école de gladiateurs , malgré les observations qu'on lui fit sur un séjour si indigne de la majesté impériale. Là , il écrivit sur des tablettes les noms de ceux qu'il se proposait de faire périr la nuit prochaine : en tête étaient sa concubine Marcia, le chambellan Electus et le préfet des gardes Laetus. S'étant endormi quelques instants , un enfant prit ces tablettes et les montra à Marcia. Celle-ci se hâta de le prévenir: après le bain , elle lui donna un breuvage empoisonné , et comme il ne provoquait qu'un vomissement , elle et ses complices , qu'un même sort menaçait , firent étrangler Commode par un jeune et vigoureux athlète (21 décembre 192). Son cadavre fut secrètement enlevé du palais , et Ton répandit le bruit que Commode était mort frappé d'un coup de sang.

Pendant le règne de ce prince, il n'y avait eu que des guerres peu importantes sur les frontières de la Bretagne et de la Dacie. Marcellus et Pertinax les avaient terminées heureusement.

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