H. LA FAMILLE VALENT1N1ENNE ET THÉODOSE
JOVIEN (363); PARTAGE DE L'EMPIRE ENTRE VALENTINIEN ET VALENS (364). — LUTTE DE VALENTINIEN CONTRE LES BARBARES DE L 'OCCIDENT (304- 375). — INVASION DES COTHS EN ORIENT (375), BATAILLE D'ANDRINOPLE ET MORT DE VALENS (378). — GRATIEN (376-383) ET THFODOSE (379-395),
Jovien (303); partage de l'empire entre Valentlnien
et Valent» (3«4).
L'armée était dans une situation périlleuse; on se hâta de proclamer, sur le refus du Sage Salluste , Jovien le chef des protecteurs, 11 continua la retraite jusqu'au moment OÙ Sapor, perdant l'espoir d'anéantir les légions, consentit à traiter. Jovien lui abandonna la suprématie sur l'Arménie et ribérie , les cinq provinces transtigritanes , avec quinze places fortes , dont Nisibis et Singara , les boulevards de l'empire. Les habitants de Nisibis demandèrent en vain qu'on leur laissât défendre eux-mêmes leurs murailles ; ils furent transportés à Amida. Il semble que Jovien n'ait pu supporter la honte de cet humiliant traité, le plus désastreux que Rome eût encore signé. 11 mourut le huitième mois en Bithynie, avant d'avoir atteint Constantinople. Jovien était chrétien. La faveur impériale cessant de soutenir le paganisme, il tomba pour ne plus se relever (février 364).
L'armée était donc appelée pour la seconde fois en moins d'une année à élire un empereur. Tous les généraux s'accordèrent à proclamer un Pannonien d'un esprit peu cultivé et d'un caractère dur, mais d'une capacité éprouvée, Valentinien , alors tribun des gardes. On sentait si bien la nécessité de donner deux chefs à l'empire que les soldats imposèrent au nouvel Auguste le choix d'un collègue; il nomma son frère Valens, et lui laissa l'Orient, prenant pour lui la tâche de veiller sur le Rhiu et le Danube.
Latt* de Yalentlnleu centre les Barbare* de roecident
Depuis que Julien s'était éloigné, les Barbares, un instant refoulés, avaient repris la roule des provinces romaines. Les Alemans et les Burgondes avaient franchi le haut Rhin, les Quades et les Sarmates le Danube; les Francs étaient sortis de leurs cantonnements sur le Rhin inférieur, et les pirates saxons couvraient de nouveau la mer. En Bretagne, les Pietés et les Scots descendaient de leurs montagnes. En Afrique, un chef maure, Firmus, s'était révolté. Il semblait que tout le monde barbare se levât pour assaillir l'empire chancelant et humilié. Valentinien avait le courage nécessaire pour faire tête au péril; d'habiles généraux, Jovin, Sébastien, surtout Théodose , l'aidèrent dans cette rude tâche. Dès l'année 365 , il vint s'établir à Paris pour veiller de plus près sur les Barbares, dégrada les corps qui se laissèrent enlever leurs drapeaux, et plus sûr de ses troupes après cette sévérité qui rappelait les anciens temps , il marcha contre les Alemans , qu'il battit près de Châlons (366). Deux ans plus tard , un de leurs rois, Rando, surprit un jour de fête la ville de Mayence et en enleva beaucoup de butin et de captifs. D'autres expéditions pareilles se préparaient ; toute la ligue des Alemans était en mouvement. L'empereur reprit la politique de Dioclétien -, de Tibère et d'Auguste ; il sema la division parmi les Barbares. Les Burgondes qui , depuis longtemps alliés des Romains , s'étaient élevés déjà à un certain degré de civilisation , furent gagnés et opposés aux Alemans. Luimême il franchit le Rhin avec une nombreuse armée , et vainquit ces remuantes tribus près de Salzbach (368). 11 employa une partie de Tannée suivante à relever les fortifications qui gardaient les passages du fleuve, et commença sur le Necker, près de Manheim , des ouvrages auxquels il voulait donner une grande importance. Pour bien montrer aux Barbares que 1 empire entendait reprendre vis-à-vis d'eux sa position agressive , il jeta sur le Rhin , près de Hayence, un pont pour avoir un débouché sur la grande vallée du Mein qui pénètre au cœur de la Germanie. Le roi aleman Macrien , intimidé, sollicita la paix, et Valentinien rentra en triomphe à Trêves avec son fils Gratien. Le poète Ausone , de Bordeaux , précepteur du jeune prince, et Sym-