FAMILLE VALENTINIENNE ET THÉO DOSE
maque, le dernier orateur de Rome, célébrèrent les exploits qui rendaient la sécurité à la Gaule.
Pendant ces opérations sur le Rhin , les rois de la mer des Saxons avaient été chassés des rivages qu'ils avaient pris la coutume de piller, et le comte Théodose, le père du futur empereur, s'était acquis dans la Bretagne une renommée presque égale pour les contemporains à celle d'Agricola; mais il n'avait pas Tacite pour gendre. Il délivra les Bretons du pillage des Pietés, rétablit la domination romaine presque chassée de l'île, et la consolida par une habile administration. Quelque temps après il porta en Afrique les mômes talents. Les exactions des derniers gouverneurs, leur cruauté envers les donalisles , avaient excité une si grande désaffection que le Maure Firmus put conquérir une grande partie du pays. Théodose comprima cette révolte et rendit le repos à la province, mais enveloppé quelque temps après dans une obscure intrigue , malgré son innocence et ses services, il fut décapité à Carthage.
Dans le gouvernement intérieur de ses provinces, Valentinien était dur, souvent cruel. Il n'avait guère qu'une punition pour tous les délits : la mort. Et s'il en fallait croire certain récit suspect, il aurait logé dans 6on palais deux ours monstrueux, par lesquels souvent il faisait déchirer les criminels sous ses yeux. Dans les affaires religieuses , il suivit à l'égard de toutes les religions les principes de la tolérance, bien qu'il appartînt lui-môme a l'Église orthodoxe ; seulement les magiciens , qui pullulaient alors, furent vivement poursuivis. De sages lois contre l'exposition des enfants, pour la discipline des écoles, l'entretien à Rome de médecins salariés et l'établissement dans les villes provinciales de patrons ou défenseurs de la cité , montrent qu'il ne fut pas seulement un homme de guerre. Malheureusement pour l'empire il mourut dans une expédition contre les Quades. Ces peuples, qu'il voulait punir d'une incursion enlllyrie, lui envoyèrent, à l'annonce de son approche, une humble ambassade qu'il refusa d'écouter. Quand il eut impitoyablement dévasté leur pays, il consentit à recevoir leurs députés, mais leur parla avec tant d'emportement qu'un vaisseau se rompit dans sa poitrine ; quelques minutes après il expira (375).
Son successeur fut son fils Gratien , qui portait déjà le titre d'Auguste depuis 367, bien qu'il n'eût encore que dix-
508 chapitre xmif.
sept ans! 11 s'associa aussitôt son frèro Valentinien II, âgé seulement de quatre ans , et lui abandonna les préfectures d'Italie et dlllyrie, sous la direction de sa mère Justine.
Invasion de* CioCh» en Orient (SIS}; bataille d Andrlnople et
mort de Valent (399).
Durant ces événements régnait en Orient un prince soupçonneux et faible, par conséquent cruel , Valens, qui avait eu à comprimer la dangereuse révolte de Procope, cousin de Julien. Cet usurpateur pris en trahison et décapité (366), Valens, loin d'imiter la prudente réserve de son frère, troubla tout l'Orient par une persécution cruelle contre les magiciens ou ceux qui les consultaient , et par sa partialité en faveur des ariens. Les fidèles de l'Église orthodoxe furent de nouveau inquiétés, les évêques chassés de leurs sièges et un arien placé sur le trône archiépiscopal de Gonslantinople. De plus cruelles souffrances eussent été infligées à l'Église, si la gravité des événements politiques dont ce règne fut rempli avait laissé à Valens assez de loisir pour répondre à toutes les instances des hérésiarques. Sapor avait chassé les rois d'Arménie et d'ibérie, Valens les rétablit et obligea le grand roi à convenir d'une trêve avec l'empire. C'était un succès : malheureusement une affreuse catastrophe se préparait du côté de la Thrace.
Procope, dans sa révolte, avait pris à sa solde un corps de trente mille Wisigotbs; l'usurpateur renversé, Valens voulut punir les Barbares de l'appui qu'ils lui avaient prêté. Une guerre de trois ans se termina par un traité qui renvoyait tous les Barbares au delà du Danube , supprimait les subsides que l'empire leur payait , et désignait deux villes frontières pour les échanges. Athanaric, un des principaux chefs des Goths de l'ouest ou Wisigotbs , qui habitaient au nord du Danube inférieur, accepta pour son peuple cette convention. Valens n'oublia pas à cette occasion son zèle pour l'arianisme. Il gagna à cette doctrine l'évêque Ulphilas, qui venait de convertir les Goths, et qui composa dans leur langue une traduction des Évangiles , le premier monument écrit de leur idiome. Il en existe un manuscrit à Upsal. Ulphilas dut former d'abord un alphabet qu'il emprunta en grande partie à l'alphabet grec. L'arianisme allait donc revenir avec les Barbares durant l'invasion.