‹ Histoire romaineChapitre 13 sur 136 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

de cent millions d'hommes , armé sur ses frontières, mais régi à l'intérieur sans un soldat, merveille qui venait sans doute de l'impossibilité d'une révolte heureuse; mais aussi et surtout de la reconnaissance des sujets pour un gouvernement qui, en général, n'exerçait qu'une haute et salutaire protection , sans intervenir d'une façon tracassière dans l'administration des intérêts locaux.

« Un consul, dit le roi Agrippa, commande sans un soldat aux cinq cents villes d 'Asie et trois mille légionnaires suffisent à la garde de ces pays si rebelles à toute autorité, le Pont, la Colchide et le Bosphore. Quarante vaisseaux ont ramené la sécurité sur les flots inhospitaliers de l'Euxin ; et la Bithynie, la Cappadoce , la Pamphylie et la Gilicie payent tribut sans qu'il soit besoin d'une armée pour les y contraindre. Dans la Thrace deux mille hommes, chez les Dalmates, les Espagnols et les Africains une légion. En Gaule douze cents soldats, autant que la Gaule a de villes. Voilà les forces qui assurent l'obéissance de ces vastes et puissantes régions 1... Ah î c'est Dieu seul qui a pu élever le peuple romain à un tel degré de bonheur et de puissance. Une révolte contre lui serait une révolte contre Dieu même. » A cette pensée d'un soulèvement heureux, Tacite aussi s'épouvante, mais pour l'humanité tout entière. « Si les Romains disparaissaient de la terre , veuillent les dieux empêcher ce malheur! qu'y verrait-on désormais sinon la guerre universelle entre les nations. 11 a fallu huit cents ans d'une fortune et d'une discipline constantes pour élever ce colosse qui écraserait sous ses ruines quiconque tenterait de l'ébranler. »

Causes principales de la chute de l'empire.

Cependant le colosse est tombé et bien longtemps avant d'avoir fourni la carrière qui lui semblait promise. Quatre

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