‹ Histoire romaineChapitre 16 sur 136 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

vertus qui y tiennent *, une aristocratie, enfin, qui cacha longtemps toutes ces misères par l'éclat de ses fêtes et la magnificence de ses dons.

Ces maux étaient bien grands ; peut-être n'eussent-ils pas suffi pour précipiter l'empire dans l'abîme. Sous l'influence des causes sociales et économiques, les États souffrent ou prospèrent ; ce sont les causes polilique&qui les font surtout vivre ou mourir. L'empire romain fut miné par les premières -, il s'écroula sous l'action des autres.

On Ta vu, du dedans et du dehors il n'avait point à craindre de sérieux périls ; mais seulement des misères et des souffrances. Le malle plus grave, puisqu'il n'était ni dans l'ennemi ni dans les sujets , se trouvait donc dans la constitution même du pouvoir et dans l'organisation de l'État.

Un gouvernement nouveau veut des institutions nouvelles. L'empire devait être constitué autrement que la république. On avait une monarchie, il fallait des institutions monarchiques qui couvrissent le trône et défendissent le monarque. Mais Auguste , occupé de cacher son pouvoir, et content de vivre au jour le jour , ne s'inquiéta pas du lendemain. L'ancien ordre de choses parut subsister; il n'y eut qu'un homme de plus à Rome , consul à l'armée et proconsul dans les provinces , prince au sénat , tribun et préteur au forum , censeur pour les mœurs , souverain pontife pour la religion. La république durait donc; mensonge officiel que l'empire et l'empereur expièrent cruellement! car en politique, de toute position fausse, il ne peut sortir que des désastres. On parlait de liberté, quelques-uns y crurent, et la cherchèrent le poignard à la main. Un homme, seul, sans

' Dites et imbelles, dit Tacite des mande leur couardise (Ann., XI, 18 Gaulois. « Leur courage s'est perdu le II dit la môme chose des Breton*, même jour que leur liberté; » et il gour- (Agric, II.)

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