‹ Histoire romaineChapitre 18 sur 136 · PRÉFACE. XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXI

fantait malheureusement pas ces sentiments généraux qui font ressentir, comme une douleur personnelle, un affront reçu par un autre membre de la communauté à cinq ou six cents lieues de distance.

Un des derniers poêles de Rome se trompe quand il glorifie la ville éternelle d'avoir fait d'un monde une cité4. Il y avait mille cités étrangères les unes aux autres, jalouses, rivales, et séparées, au iv* siècle, par le désert qui s'était formé autour de chacune d'elles. Quand les Barbares arrivèrent, ils ne se trouvèrent pas en présence d'un grand peuple prêt à se lever tout entier pour sa défense; mais en face de ces petites républiques, désaffectionnées parce qu'elles souffraient, sans esprit militaire', et placées encore sous le coup de l'immense commotion du christianisme qui , plus d'une fois, au lieu de s'armer contre les envahisseurs, les appela, comme des frères, au sein de la nouvelle alliance. Les Barbares réussirent donc sans peine , parce que l'État n'était qu'une fiction ; et tout , sous leur main , s'en alla pièce à pièce, parce que, malgré le lien administratif, rien ne tenait ensemble. Quatre siècles plus tard , quand viendra la seconde invasion, le second empire d'Occident s'écroulera par les mêmes causes politiques et morales.

Si , au lieu d'élever, oserai-je dire , une pyramide qui n'avait que le sommet et la base , sans les assises intermédiaires, les premiers empereurs avaient imité, dans l'organisation politique , ce vaste réseau de voies militaires qu'ils surent pourtant jeter sur tout l'empire, pour en rattacher tous les points à la capitale ; si , par des institutions géné-

• « Urbem feciiti qnod priai orbi» «rat » pour ne pas servir, et dans Végî^cc de Re

Rutii. Nummt. t. 66. milit., I, 7, Aurel. Vict., 32, Mamen.

•Voy. dans Amm. Marcellin , 1. IV . Paneg. Vet., X, 20, le mépris dans lequel

combien de gens se coupaient le pouce était tombé le service dans les légions.

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