‹ Histoire romaineChapitre 34 sur 136 · ARMES · texte numérisé non relu

ARMES

Seniores , Juniores, Equités,

Au moi 118 100 000 as, — environ 8 ooo fr.

Casque, bouclier rond d'airain (clypeus), cuirasse,

Pli i ni "î mvr»lnt <&r\PA VsUIBDalUS, JttVCIUl, LJR.C.

Seniores , Juniores, Fabri ,

75 000 as, —6 000 fr.

Mêmes armes, moins la cuirasse, et avec un bouclier de bois oblong (*cutum).

Seniores , Juniores ,

50 000 as, — 4 000 fr.

Mêmes armes, sans cuissards ni cotte de mailles.

Seniores , Juniores , Tubicines,

25 000 as,— 2 000 fr.

Piques et flèches , sans armes défensives.

Seniores , Juniores,

1 1 000 as , — 880 fr.

Des frondes.

Cavité censi vel proletarii , l

Moins de 1 1 000 as ou rien.

Point de service. j

Total

Ainsi ce n'est plus la naissance qui divise les citoyens en patriciens et plébéiens, c'est d'après la fortune aue sont à la fois réglées leur répartition dans les classes, leur place dans la légion , la nature de leurs armes , la quotité de l'impôt que chacun d'eux payera. Toutes les centuries contribueront au trésor pour une même somme et auront au champ de Mars les mômes droits politiques. Mais la première classe compte quatre-vingt-dix-huit centuries, bien qu'elle soit de beaucoup la moins nombreuse, puisqu'elle ne renferme que

COiNSTITUTION DE ROME SOUS LES ROIS. 33

les riches; elle fournira donc plus de la moitié de l'impôt , et ses légionnaires , en raison même de leur petit nombre , seront plus souvent appelés sous les enseignes. Mais c'est aussi par centuries qu'à l'avenir se compteront les suffrages pour décider de, la paix ou de la guerre , nommer aux charges et faire les lois : les riches , divisés en quatre-vingt-dixhuit centuries, auront quatre-vingt-dix-huit voix sur cent quatre-vingt-treize, c'est-à-dire la majorité, c'est-à-dire encore une influence décisive dans le gouvernement.

Dans la loi nouvelle, les rangs étaient aussi nettement marqués que dans l'ancienne constitution ; mais cette inégalité s'effaçait aux yeux des pauvres devant l'honneur d'être enfin comptés au nombre des citoyens et devant les avantages matériels faits à leur condition. Si les riches ont plus de pouvoir politique, sur eux aussi pèsent toutes les charges : dans la ville, la plus lourde part de l'impôt; à l'armée, le service le plus fréauent, l'armement le plus coûteux et les positions les plus dangereuses. Mais à cette époque, il n'y avait guère à Rome d'autre richesse que les

J propriétés territoriales; or, presque tout Yager romanus et a plus grande partie des terres conquises se trouvant entre les mains des patriciens, c'étaient ceux-ci qui restaient, comme par le passé , les maîtres de l'État; aussi ces nouvelles lois, qui reconnaissaient les plébéiens comme citoyens libres de Rome, et les appelaient, dans la proportion de leur fortune, à délibérer et à voter sur les affaires publiques, ne changeaient pas en réalité la condition présente des deux ordres ; cependant un progrès immense était accompli. En remplaçant l'aristocratie de naissance, puissance immuable, par l'aristocratie d'argent, puissance mobile et accessible à tous, ces lois préparaient les révolutions par lesquelles passa Rome républicaine.

Servius promulguaplus de cinquante lois encore empreintes de ce caractère libéral que portent ses lois politiques, comme celle-ci , par exemple , que Tarquin abolit et que le peuple mit près de deux siècles a reconquérir : la propriété seule du débiteur, et non sa personne, répondra de sa dette. Aussi la reconnaissance populaire protégea la mémoire du roi plébéien, né dans la servitude ou sur la terre étrangère , et l'on alla jusqu'à croire qu'il avait voulu déposer la couronne pour établir le gouvernement consulaire.

Despotisme et travaux de Tarquin le Super lie $ grandeur de

Mais Tarquin devenu roi , détruisit les tables sur lesquelles étaient portés les résultats du dénombrement , abolit le système des classes, et défendit les réunions religieuses des plébéiens; puis , soutenu de ses nombreux mercenaires, il contraignit le peuple à achever le cirque, le Capitole et le grand cloaque. Mais comptant trop sur ses forces, sur ses alliés latins et herniques, il n'épargna pas plus les grands que le peuple. Cette domination dura cependant jusqu'à ce aue l'attentat contre Lucrèce eût donné à la multitude une de ces preuves outrageantes de servitude qui , plus encore que le sang versé, amène les révolutions.

Tarquin, cependant, avait porté loin le nom et lagrandeur de Rome. Le traité avec Carthage conclu en 510, lagrandeur de la ville, la splendeur de ses édifices, et ses cent cinquante mille combattants, attestent qu'elle formait alors un des plus puissants États de l'Italie. Jusqu'à Aurélien, c'estrà-dire pendant près de huit cents ans, Rome resta renfermée dans l'enceinte que Servius lui avait bâtie et qui couvrait une ligne de sept milles romains. Le Tibre était déjà contenu par des quais dont on peut voir encore aujourd'hui les restes, comme ceux de la cloaca maxima. Les substructions faites pour élever le Capitole subsistent aussi, et ce temple, qui fut digne de Rome au temps de sa grandeur, était achevé.

Au reste, la domination de Rome était alors assez étendue pour que'la grandeur de l'État se manifestât par la magnificence des édifices. Dans le traité conclu avec Carthage , l'année môme de l'expulsion de Tarquin, toutes les villes de la côte du Latium , Ardée, Antium , Circeii, Terracine, sont nommées comme sujettes de Rome. Dans l'intérieur du pays, Aricie lui obéissait au même titre; Suessa Pométia avait été prise et Signia colonisée. Entre le Tibre et l'Anio, toute la basse Sabine à l'ouest des montagnes qui courent de Tibur à Narnia lui appartenait, et les récits sur Porsenna prouvent qu'au nord du Tibre sa frontière s'étendait assez loin pour que dix de ses trente tribus eussent leur territoire en Étrurie. Sa marine ou celle de ses alliés n'était même pas sans importance, puisqu'on voit, dans le traité avec Carthage, que des marchands romains ou latins trafiquaient jusqu'en Sicile, en Sardaigne et en Afrique.

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