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III. MOEURS ET COUTUMES

LITTERATURE ET ARTS. — MOEURS DOMESTIQUES. — LE PERE DE FAMILLE, LA FEMME ET LES ENFANTS. — MOEURS PUBLIQUES; PATRIOTISME; ESPRIT religieux; FIDÉLITÉ AUX ENGAGEMENTS.

Littérature et urts.

Nous avons suivi les développements de la constitution , mais il reste quelques détails de mœurs à donner pour pénétrer jusqu'au fond de l'ancienne société romaine.

11 ne peut être question , pour celte époque, de sciences, . d'arts ni de littérature. A Rome, dans ce temps, c'est à peine si Ton savait graver sur le bois ou le bronze les lois et les traités, et les seuls ouvrages que Ton cite de la période royale sont : le Recueil des lois , formé par Papirius sous Tarquin le Superbe (Jus Papirianum) , et les Commentaires du roi Servius , qui vraisemblablement contenaient sa constitution. Des hymnes religieux (ceux des saliens et des frères Arvales) , et sans doute des chants en l'honneur des rois , des héros et des grandes familles, formaient toute sa littérature. La langue d'ailleurs , rude et sans souplesse , était trop pauvre et trop peu arrêtée dans ses formes pour se prêter à de nombreuses exigences , et les fragments qui nous restent des chants des frères Arvales montrent combien cet instrument grossier avait encore peu servi.

Les arts n'étaient pas mieux cultivés avant les Tarquins , il n'y eut même pas d'images des dieux ; et longtemps encore leurs statues, ouvrages d'artistes étrusques, ne furent faites que de bois ou d'argile. L'Étrurie fournissait aussi les architectes et jusqu'aux joueurs de flûte nécessaires à l'accomplissement de 'certains rites ; car le génie des arts , comme celui de la poésie , manquait à ce peuple, dont toute l'activité se portait vers un but pratique : les affaires publiques et les soins domestiques. Deux mots désignaient pour lui toutes les qualités, toutes les vertus, virtus et pietas, c'est-à-dire le courage, la force, une inébranlable fermeté, la patience au travail et le respect pour les dieux, pour les ancêtres, pour la patrie et la famille, pour les lois et la discipline étaMes.

Mœnw domestiques.

Leur vie domestique, en effet, était simple et austère i point de luxe, point d'oisiveté; le maître laboure avec ses

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serviteurs, la maîtresse file au milieu de ses femmes, même la reine Tanaquil et la vertueuse Lucrèce. « Quand nos pères, dit Caton, voulaient louer un homme de bien, ils l'appelaient bon laboureur et bon fermier, et c'était le plus bel éloge. Alors on vivait sur ses terres, dans les tribus rustiques, de toutes les plus honorables, et on ne venait à Rome que les jours de marché ou de comices. A la villa, pas un jour, pas un instant n'est perdu. Si le temps empêche d aller aux champs, qu'on travaille à la ferme, qu'on nettoie les étables et la cour, qu'on raccommode les vieux cordages et les vieux habits ; même les jours de fêtes, on peut couper les ronces, tailler les haies, baigner les troupeaux et aller vendre . à la ville l'huile et les fruits. »

« Le père de famille, disait encore Caton, doit faire argent de tout et ne rien perdre : s'il donne des saies neuves aux esclaves, qu'ils lui rendent les vieilles, elles feront des morceaux; qu'il vende l'huile, si elle vaut quelque chose, et ce qui reste de vin et de blé ; qu'il vende les vieux bœufs, les veaux, les agneaux, la laine, les peaux, les vieilles voitures, la vieille ferraille, les vieux esclaves et les esclaves malades; qu'il vende toujours : le père de famille doit être vendeur, non acheteur. »

IiC père de famille, la femme et le» enfants.

Le père de famille î c'est toujours lui qu'on nomme, car il n'y a que lui dans la maison : femme, enfants, clients, serviteurs, tous ne sont que des choses, instruments de travail, personnes sans volonté et sans nom, soumises à la toute-puissance du père. A la fois prêtre et juge, son autorité est absolue ; seul il est en communication avec les dieux, car il accomplit seul les sacra privaia, et comme maître, il dispose des forces et de la vie de ses esclaves; comme époux, il condamnera sa femme à mort, si elle fabrique de fausses clefs ou viole la foi promise ; comme père, il tuera l'enfant né difforme et vendra les autres jusqu'à trois fois avant de perdre ses droits sur eux. Ni l'âge, ni les dignités, ne les émanciperont : consuls ou sénateurs, ils pourront être arrachés de la tribune et de la curie ou mis à mort, comme ce sénateur complice de Catilina qui fut tué par son père. S'il est riche, il prêteraà douze, à quinze, à vingt pour cent, car le père de famille doit faire valoir son argent comme ses terres, et la loi lui abandonnera la liberté et jus-

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