‹ Histoire romaineChapitre 46 sur 136 · S I. PREMIÈRE LUTTE AVEC LES SAMMTES ET GUERRE AVEC · texte numérisé non relu

S I. PREMIÈRE LUTTE AVEC LES SAMMTES ET GUERRE AVEC

GÉOGRAPHIE DE L'ITALIE AVANT LA GUERRE DU SAMNIUM. — ACQUISITION DE CAPOl'E ET BATAILLE DU MONT GAURUS (343-342). — RÉVOLTE DES CAR- NISONS DE CaMPANIE (34l }. — DÉFECTION DES LATINS; BATAILLE DE VÉSÉRIS; LOIS DE PUBLIL1LS PHILO; TRAITEMENT FAIT AUX INSURGÉS (340-338).

Géographie de l'Italie avant la guerre du flaninlum.

La péninsule italienne renfermait six peuples différents : l°au nord-ouest, entre la Macra et le Tibre, les Étrusqdes. Trois de leurs douze capitales étaient entrées dans l'alliance du sénat : Cœré, Capena elFaleries ; Suiriumci JSepe avaient reçu des colonies romaines, Véies avait été détruite, 7arquinies et Volsinies vaincues ; les huit autres, Arretium, Cortona, Clusium , Parus lum, Volaterrx, Vetulonium, Rusellœ et Cossa conservaient leur liberté et en apparence leur ancienne force.

23 Au nord , les Ombriens , qui , après avoir été l'un des peuples les plus puissants de l'Italie, en étaient deveifts un des plus obscurs; Spolète, Interamna et Nequinum étaient leurs principales villes.

3° Au nord-est , les Senons, qui habitaient partie dans la Gaule cisalpine, partie sur les côtes de TOmbrie, où ils possédaient Ariminum, Pisaurum et Senagallia.

4° Rome et les Latins. La domination romaine, qui s'étendait de la forêt Ciminienne jusqu'au promontoire de Circeii, était maintenue par les colonies de Nepe et de Sutrium, au nord du Tibre; par celles de Circeii, de Signia, de Cora, de Norbu, de Setia et de Sora, etc., dans le pays des Volsques. Mais entre ces places se trouvaient des peuples et aes cités libres. Les Eques , à Test, et les Volsques, au sud, avaient cessé leurs continuelles incursions. Les Heumqces venaient d'être rudement châtiés. Quant aux Latins proprement dits , ils respectaient toujours l'ancien traité; mais leurs villes, Préneste, Tibur, Vélitres, Lavi-

nium, Aricie, Pédum, etc., formaient de9 États distincts. Rome , qui pouvait armer dix légions , conservait sur ces alliés une prépondérance qui se changera bientôt en une dominalion définitive. Les Ausones, entre le Liris et le Vulturnes, avec les deux fortes villes de Teanum et de Cales, étaient indépendants.

5° Les Sabelliens. Cette race avait à cette époque porté son nom depuis l'Ombrie jusqu'au Brulium, et Ton pouvait compter treize peuples d'origine sabellienne : au nord, les Sabins (villes, Béate et Amiternum) et les Picenins (villes, Auximum, Asculum et Ancône). Au centre, la ligue des Marses (ville, Marrubium) , des Vestins (Pinna), des Marrucins (Aicrnum), des Péligniens (Corjinium), et celle des Sammtes proprement dits , comprenant les Pentri (Bovianum), les Caracem (Aufidcna),\es Caudlxï (Saticula, Caudiiim, près du défilé appelé les Fourches Caudines), et les Hirpins (Avclltmim, Hcrdonia, Aquilonic, Bomulea et Ma* leventum). A l'ouest, les Sammtes campamens, mélangés d'Osques et de Grecs, et depuis quatre-vingts ans maîtres de Capoue, d'où ils dominaient sur Acerrœ, Casilinum, Nuceria et Noie; Picentia, Marsina et Salernum formaient le petit État des Picentws, à l'extrémité de la Campanie. Cumes était restée grecque et libre. A l'est, les Frentans (Ortona, Anxanum elLarinum). Au sud, les Liicamens (Grmnentum). Si ces^ treize peuples sabelliens avaient été unis, l'Italie leur appartenait. Mais les Lucaniens étaient ennemis des Samnites, ceux-ci de la confédération marse, les Marses des Sabins, Rome n'eut guère à les combattre que les uns après les autres.

6° Les Grecs. En 343 , Sybaris n'existait déjà plus. Crotone, Thurium, Locres, Bhegium avaient soutenu des guerres désastreuses contre Denys de Syracuse et les Lucaniens. Pœstum et Métaponte étaient ruinées. Tarente seule conservait , avec de grandes richesses , une grande confiance. Au fond de la presqu'île qui termine l'Italie au sudouest, un peuple nouveau venait depuis quelque temps de se former, les Brctiens, restes des Pélasges asservis aux Grecs et qui s'étaient révoltés à la faveur de l'abaissement de leurs maîtres (Consentia). Dans l'Apulie, la population était un mélange de presque toutes les races qui avaient peuplé l'Italie. Les grandes villes de cette petite région (Luceria, Arpi, Herdonia, Camsium, Venusia) redoutaient le voisi-

nage des Samnites. Brundisium et Hydruntum, sur les côtes de la Calabre, deviendront de grandes villes maritimes.

Dan3 la haute Italie , les Ligurfs occupaient toute la région du sud-ouest , divisés en tribus nombreuses mais pauvres; les Yen êtes , la région du nord-est, où s'élevait leur riche capitale , Patavium. Les Gaulois se partageaient le reste de la Cisalpine. Au nord du Pô, les Insibres (ville, Mediolanum ou Milan), et les Cénomans (villes, Brescia, Vérone et Mantoue). Au sud du fleuve, de l'ouest à Test, les Anamans, les Boïens, les Lingons et les SmoxsiPlaisance, Parme, Modène, Bologne et Ravenne).

Acquisition de Capoue et bataille du ment Cauru* 3 13-3 1 1).

Les Romains s'étaient établis à Sora, à deux pas du territoire samnite , et les Samnites menaçaient Téanum, près du pays des Aurunces , dont les Romains semblaient s'être réservé la conquête par une récente victoire. Du haut des murs de Téanum on aperçoit Capoue au delà du Vulturne, et Minturncs aux bouches du Liris. Ces deux places et la route entre le Lalium et la Campanie auraient été à la discrétion des Samnites, s'ils avaient fait la conquête du pays des Sidicins. Aussi les Capouans promirent-ils des secours à Téanum; mais leurs troupes énervées furent deux fois battues et rejetées dans Capoue , que les Samnites, campés sur le mont Tifala, tinrent comme assiégée. Dans cette extrémité, les Campaniens envoyèrent une ambassade à Rome (342). Onze ans auparavant, les Romains avaient conclu un traité avec les Samnites. Ce fut le prétexte dont le sénat se servit pour repousser la demande des Campaniens. « Eh bien ! dirent les députés, refuserez-vous de défendre ce qui vous appartient? Capoue se donne à vous. » Le sénat accepta, et une guerre de soixante-dix-huit ans commença.

Les Latins, ennemis des montagnards de l'Apennin, se portèrent avec ardeur à cette guerre. Une armée, commandée par Valérius Corvus, alla délivrer Capoue; une autre, sous la conduite de Cornélius, pénétra dans le Samnium. Les alliés latins traversèrent l'Apennin pour attaquer les Samnites sur leurs derrières, et pénétrer dans le pays des Péligniens. Cornélius se laissa enfermer dans une gorge étroite, d'où le dévouement du tribun légionnaire Décius Mus le sauva, et une victoire le vengea de l'ennemi gui l'avait fait un moment trembler. L'autre consul , Valérius

Corvus , vint chercher les Samnites près du mont Gaurus , les battit et remporta une seconde victoire près de Suessula. Ces succès retentirent au loin : les Falisques demandèrent à changer la trêve en alliance, et les Carthaginois, amis de cette puissance qui s'élevait entre leurs rivaux, les Étrusques et les Grecs, envoyèrent une ambassade féliciter le sénat.

Révolte de» garnison» de Campante (141 ).

L'hiver venu, les Romains, à la demande des Campaniens, prirent garnison dans leurs villes. Séduits par la beauté des lieux, les soldats formèrent le dessein de s'emparer de Capoue et d'y rester. Pour déjouer ce complot, on les renvoya par cohortes; mais ils se réunirent aux gorges de Lautulcs , appelèrent à eux les esclaves pour dettes et marchèrent sur Rome au nombre de vingt mille (341 ). Les plébéiens coururent les joindre, et, tous réunis, demandèrent et obtinrent : « Que le légionnaire sous les drapeaux ne pourrait, sans son consentement, être rayé des contrôles; que celui qui aurait servi comme tribun ne pourrait être enrôlé comme centurion ; que la solde des chevaliers serait réduite , le prêt à intérêt et les dettes abolies ; que les deux consuls pourraient être plébéiens, et qu'on ne serait rééligible à la même charge qu'après un intervalle de dix ans. » C'était, comme on voit, moins une révolte militaire que la continuation du grand mouvement de 367.

Quand le calme fut rétabli, le sénat, qui sentait l'État ébranlé et les Latins menaçants , renonça a la guerre samnite, ne demandant qu'une année de solde et trois mois de vivres pour l'armée du consul iEmilius (341). A ce prix , il abandonnait aux Samnites Téanum et Capoue. Les Latins continuèrent, pour leur compte, les hostilités, ligués avec les Volsques, les Aurunces, les Sidicins et les Campaniens.

Défection de» latin», bataille de Véaérlt»; lois de Publlllus Philo; traitement fait aux Innurgéa (340-339).

Cette alliance et les troubles qui agitaient Rome, firent penser aux Latins que le temps était arrivé de secouer une suprématie importune. Deux de leurs préteurs vinrent demander qu'un des deux consuls et la moitié des sénateurs fussent pris parmi les Latins. L'orgueil national se révolta. On repoussa tout d'une voix cette prétention insolente et Manlius

Impériosus jura de poignarder le premier Latin qui viendrait siéger au sénat.

La guerre était déclarée (340). Rome, par la défection des villes latines, allait avoir à combattre des hommes habitués à sa discipline, à ses armes, à sa tactique. Le péril était immense. Les Romains opposèrent aux Latins l'alliance des Samnites, et allèrent chercher la principale armée latine jusque dans la Campanie, où elle se préparait à envahir le Samnium. Avant la bataille livrée au pied du mont Vésuve, près d'un ruisseau nommé Véséris , un Tusculan provoqua en combat singulier le fils du consul. Manlius accepta le défi et fut vainqueur. Mais il avait combattu sans ordre; son père le fit décapiter. Au milieu de la bataille, l'aile gauche , que commandait Décius , faiblit; il se dévoua aux dieux pour le salut des légions, et, par ce noble sacrifice, enflamma leur courage. Les trois quarts de l'armée latine restèrent sur le champ de bataille, et la Campanie fut en un coup reconquise. Une seconde victoire ouvrit le Latium à Manlius, et rompit la ligue. Plusieurs villes firent leur soumission. Mais une expédition contre Antium étant demeurée sans résultat, ce fut un encouragement pour les villes restées en armes. Une victoire de Publilius Philo n'effaça pas l'échec de son collègue au siège de Pedum. La république était, il est vrai, agitée à cette époque par de nouveaux troubles. Nommé dictateur (339) , Publilius Philo fit passer les propositions suivantes : « Les plébiscites seront obligatoires pour tous ; toute loi présentée à l'acceptation des comices centuriates sera à l'avance approuvée par les curies et le sénat ; on choisira toujours un des censeurs parmi les plébéiens, et les deux consuls pourront être de cet ordre. » Ces lois terminaient véritablement la lutte politique1. La révolution, victorieuse au dedans, le fut aussi au dehors, et le premier événement de l'ère nouvelle fut l'entière soumission du Latium.

Antium sur la côte, Pédum en avant de l'Alizide, étaient les deux derniers boulevards de la ligue. Le consul Maenius battit, près de l'Astura, les Latins de la plaine; Furius prit Pédum , malgré tous les efforts des Latins de la montagne.

4 En effet , les plébéiens arriveront Dans le même temps il sera fondé pour

successivement et sans eflort aux char- les pauvres un grand nombre de colo-

ges qu'ils ne possèdent pas encore : en nies, et en 325 on décrétera que les

337 à la préture, en 32ti au proconsu- biens, non le corps du débiteur, repon-

lat, en 302 à l'augurât et au pontificat, dront de sa dette.

Dès lors la résistance cessa, et toutes les villes ouvrirent, l'une après l'autre, leurs portes (338). Afin de prévenir de nouvelles ligues, le sénat défendit aux habitants de toutes les villes latines de se réunir en assemblées générales , de former des alliances, de faire la guerre , de contracter mariage et d'acquérir hors de leur territoire. Puis les charges et les privilèges furent inégalement répartis. Les villes les plus voisines de Rome : Lanuvium, Aricie , Pédum, Tusculum et Nomentum obtinrent le droit de cité et do suffrage. Laurentum resta alliée. Plus loin, Tibur et Préneste perdirent une partie de leur territoire , Priverne les trois quarts, Vélitres et Antium la totalité. Antium livra ses vaisseaux de guerre , dont les rostres allèrent orner la tribune du forum. L'importante position de Sora était depuis peu occupée par une garnison romaine ; Antium , Vélitres , Priverne, et, quelques années plus tard, Anxur et Frégelles, qui commandaient les deux routes du Latium dans la Campanie, reçurent des colonies. Chez les Aurunces , Fundi et Formies ; dans la Campanie , Capoue , dont les chevaliers garantissaient la fidélité ; Cumes, Suessula, Atella et Acerrae eurent le droit de cité sans suffrage (Jus Cxritum). Calés enfin fut rise et gardée par une colonie de deux mille cinq cents ommes.

§ II. SECONDE GUERRE SAMNITE ET PREMIÈRE COALITION DES PEUPLES ITALIENS (326-303).

SECRÈTE HOSTILITÉ DES ROMAINS ET DES SAMNITES ; SIÈGE DE PALÉPOLIS ; LE PROCONSULAT ( 32G ). — FOURCHES CAUDINES { 32 1 ) ; L'APULIE ET LA CAMPANIE SONT RECONQUISES. — UNION DES SAMNITES AVEC LES ÉTItUS- QUES, LES OMBRIENS ET LES HERNIQUES (311-309). — DEVASTATION DU SAMNIUM (307); SOUMISSION DES MARSES ET DES SAMNITES (306)j CEN- SURE DE FABIUS (304).

Secrète hostilité des Romain* et de» Samnites; «loge de i»ulépolU; le proeonsulat (894»}.

Tandis que les résultats de la guerre latine donnaient à la république un territoire d'une étendue de cent quarante milles, du nord-est au sud-est, et de cinquante-huit milles, de l'ouest à l'est, un roi d'Épire, oncle d'Alexandre le Grand , Alexandre le Molosse , appelé par les Tarentins, débarquait près de Pdestum , et battait les Lucaniens et les Samnites. Dans la guerre latine, l'alliance des Samnites

avait sauvé Rome. Depuis qu'il n'y avait plus, entre les deux alliés, un peuple ennemi, leur jalousie s'était réveillée. Ainsi, de 333 à 329, les Samnites détruisirent Frégelles, menaceront Fabratéria Pt soulevèrent Calés et Priverne, sans réussir toutefois. Jusqu'au Vullurne , tout resta romain; ils se rejetèrent alors sur la Campanie et poussèrent à la guerre les Grecs de Palépolis (327).

La guerre languit la première année, bien que le sénat se fût assuré de l'appui des Apuliens pour prendre les Samnites à revers. Les opérations se concentrèrent autour de Palépolis. Pour continuer le blocus de cette ville, Publilius Philo fut prorogé dans son commandement, sous le titre de proconsul. C'était une innovation importante qui permettait de laisser à la tete des troupes les chers qui avaient leur confiance.

Fourche» caudlne» (3*1 ^ l'ApnlIeet la Campa nie sont

reconquises.

Palépolis prise, les Samnites furent chassés de la Campanie. Dès lors commença une guerre interminable dans l'Apennin. En l'an 324 Papirius était dictateur. Son maître de la cavalerie, Fabius Rullianus, combattit sans ordre etvainuit. II aurait eu le sort du jeune Manlius s'il ne s'était enfui Home, où le sénat et les tribuns intercédèrent pour lui. Papirius résistait, au nom de la discipline violée. Mais le peuple demanda grâce; il céda aux prières. De retour au camp, il battit les Samnites, et leur accorda une trêve d'une année.

Elle n'était pas expirée, que les Samnites avaient déjà repris les armes, encouragés par la défection d'une partie des Apuliens. Fabius marcha en toute hâte pour rompre cette coalition, battit les Samnites, reprit Lucérie, et releva dans l'Apulie l'influence romaine. Mais les Samnites, commandés par C. Pontius , attirèrent les Romains dans le défilé des fourches caudines, et firent passer quatre légions sous le joug. Le sénat ne voulut point ratifier le traité signé par les vaincus et livra leurs chefs aux Samnites. C'était une perfidie. « Rompez le traité, disait Pontius, mais alors renvoyez vos légions aux fourches caudines. »

La fortune récompensa l'iniquité. Publilius Philo, à la tô(e des légions de Caudium, battit une armée dans le Samnium, et alla joindre, dans l'Apulie , Papirius, qui avait repoussé avec hauteur l'intervention des ïarentins, dispersé l'ennemi

su

par une attaque impétueuse, et repris Lucérie. Il y trouva les six cents otages , les armes et les enseignes perdues à Caudium , et fit passer sous le joug , à demi nus et sans armes , sept mille prisonniers samnites avec leur chef, le noble et imprudent Pontius (320). L'Apulie était donc replacée dans l'ail liance de Rome; en 318, l'ennemi demanda lui-même une trêve de deux ans. Ainsi , depuis les premières hostilités, les Samnites n'avaient rien perdu, mais Rome avait conquis deux provinces.

A l'expiration de la trêve, on apprit coup sur coup à Rome que Plistia était prise, les colons de Sora massacrés, et Saticula, à quelques lieues deCapoue, entraînée dans une révolte. Saticula fut bientôt reprise, mais les Samnites attirèrent les deux armées consulaires, Tune vers Sora, l'autre du côté de l'Apulie, se jetèrent sur la Gampanie, laissée sans défense , battirent Fabius , nommé aussitôt dictateur, et se montrèrent aux portes du Latium (315). Rien ne bougea. Le sénat eut le temps de réunir des forces. Les Aurunces, qui avaient fait défection, furent écrasés, et une victoire qui coûta aux Samnites, non loin de Caudium, trente mille hommes , rendit aux Romains la Gampanie (314). Rejetés encore une fois dans l'Apennin , ils y lurent renfermés à l'est et à l'ouest par une ligne de places fortes. Suessa-Aurunca, Intéramna du Liris, Gasinum et Lucéria, dans l'Apulie, reçurent des colonies romaines.

Union des gamnites avec 1cm lit ru «que»», les Ombriens et les

llernlque* (Sfl-309>

Depuis seize ans les Samnites luttaient seuls. Les autres peuples à la fin s'émurent. La trêve avec les Tarquiniens allait finir, et les villes étrusques voyaient avec effroi grandir à chaque campagne la fortune de Rome. Des émissaires samnites les entraînèrent; l'ancienne ligue se reforma. Tandis que les légions étaient retenues dans le Samnium , cinquante ou soixante mille Étrusques vinrent fondre sur Su- Irium ; Fabius y courut. Les lignes des Étrusques étant trop fortes pour être enlevées, il les y laisse, traverse la forêt Ciminienne, qu'il a fait explorer par son frère, déguisé en berger toscan, tue, près de Pérouse, soixante mille Étrusques ou Ombriens; et contraint Pérouse, Gortone et Arrétium à demander une trêve de trente ans. Su trium était sauvée et la confédération dissoute.

Dans le Samnium Marcius Rutilus avait failli trouver de nouvelles fourches caudines; il fallut un dictateur. Le sénat désirait Papirius; mais le choix appartenait à Fabius. Tout un jour il hésita au souvenir de son ancienne querelle ; le patriotisme à la tin remportant, il nomma Papirius. Nombre de guerriers samnites avaient fait devant les autels, au milieu de cérémonies imposantes , le serment solennel de vaincre ou de mourir. Ils succombèrent (309). Les Ombriens battus, les Étrusques écrasés près du lac Vadimon, vaincus encore près de Pérouse révoltée et contraints de solliciter la paix , tels furent aussi , en cette année , les services de Fabius.

Dévastation du Samnium (309 ; *otiml*flion dea narwe* et de* t§amnlte»(S«ft); censure de Vablu» (304).

Il porta ensuite sa fortune dans le Samnium , où les Marses et les Péligniens commençaient à s'apercevoir que la cause des Samnites était celle de toute l'Italie. Il était trop tard ; Fabius les battit , soumit Nucérie , et apprenant que son collègue Décius reculait devant un grand armement des Ombriens , il va le joindre , disperse l'armée ombrienne et reçoit la soumission de ses villes. L'année suivante, il cerne, près d'Àlifae, une armée samnite, et la force à mettre bas les armes sous les yeux des ambassadeurs tarentins qui voulaient ^imposer comme médiateurs (308). Parmi les prisonniers se trouvèrent des Eques et des Herniques. Un consul , Marcius, gagna sur ceux-ci trois batailles et les força de se remettre à la discrétion du sénat, puis courut dégager son collègue bloqué par les Samniles, et leur tua trente mille hommes. Pendant cinq mois, les légions parcoururent le Samnium, brûlant les maisons et les fermes, coupant les arbres à fruits, tuant jusqu'aux animaux (307). L'ennemi tint une campagne encore. Une défaite sanglante força les Samniles, les Marses, les Péligniens, les Marrucins et les Frenlans à solliciter la fin d'une guerre qui avait duré plus d'une génération d'hommes. Ils conservèrent leur territoire et tous les signes extérieurs de l'indépendance; maisilsreconnurent la majesté du peuple romain. Les circonstances devaient expliquer ce que le sénat entendait par la majesté romaine (305). Celte paix laissait les Eques exposés seuls à la colère de Rome. En cinquante jours, on leur prit et on leur brûla quarante et une places; puis on confisqua une partie de leurs terres ,

et on leur donna le droit de cité sans suffrage , ce qui les plaçait dans la condition de sujets. Cinq ans plus tard, la crainte inspirée par la coalition gallo-samnite, les fit élever au rang de citoyens.

Ces succès , auxquels Fabius avait tant contribué , lui donnèrent la force nécessaire pour s'opposer dans la ville aux innovations d'Appius. Ce personnage, le créateur de la voie Appienne , étant censeur en 312, avait fait entrer au sénat des fils d'aflranchiset répandu les zerarii dans toutes les tribus. Un d'eux, le greffier Flavius , qui venait de publier le calendrier des pontifes , jusqu'alors tenu secret, et les formules de procédure , parvint môme au tribunat et à l'édilité curule. Il y avait à craindre les trop rapides progrès du petit peuple. Fabius, nommé censeur en 304, renferma les œrarii dans les auatrc tribus urbaines. Les grands, en reconnaissance, lui donnèrent le surnom de Maximus.

Page 1