‹ Histoire romaineChapitre 47 sur 136 · ITALIENS · texte numérisé non relu

ITALIENS

LES SAMNITES PASSENT EN ÉTRUR1E ; BATAILLE DE SENTINUM (295). — VIC- TOIRE d'aquilome ( 293 ) ; défaite de pontius hErennius ; SOUMISSION

DES SAMNITES ET DES SABINS (290) ; DICTATURE POPULAIRE D'HORTENSIUS ( 28G ). — DESTRUCTION DES SERONS ET BATAILLE DU LAC VADIWON (282) ; SECOURS ENVOYÉ A THUR1UM (280).

Les Bamnltes passent en Ktrurie $ bataille de Senflnum (III),

Cependant la paix n'était qu'une trêve. En 300, on voit les consuls prendre la ville ombrienne de Nequinum (Narnia), forte position qui commandait le passage de l'Ombric dans la vallée du Tibre; le sénat se hâta d'y envoyer des colons. Avec les récentes colonies de Carséoli et cï'Alba Fucentia, elle complétait cette ligne de défense dont Rome voulait s'envelopper.

A Narnia, on avait trouvé des Samniles; leurs chefs préparaient un soulèvement général. Les Sabins, en paix avec Rome depuis un siècle et demi , ne voulurent pas abandonner à sa dernière heure un peuple frère ; les Etrusques étaient tout décidés, et les Ombriens marchaient avec eux. Valérius Corvus fut envoyé en Étrurie; l'ennemi, effrayé par le nom d'un tel adversaire, laissa dévaster ses campagnes sans risquer une bataille (299). Plus hardi l'année suivante, il fut battu. Dans le Samnium, Bovianum et AuBdène furent en-

levées , et, en 297, Fabius et Décius soumirent ce malheureux pays à une dévastation méthodique. Eu 296, Fabius acheva de détruire ce qui lui avait une première fois échappé. Ces ravages inspirèrent aux Samnites une résolution désespérée. Quittant leur pays, qu'ils ne peuvent plus défendre, ils se jettent, sous la conduite de Gellius Eguatius, en Étrurie, soulèvent les villes qui hésitaient encore, entraînent les Ombriens et appellent les Gaulois. A Rome, les tribunaux se fermèrent, on enrôla tous les hommes valides, et Ton porta Fabius et Décius au consulat. Quatre-vingtdix mille hommes au moins furent mis sur pied. Le massacre de toute une légion , près de Camérinum , livra aux Senons le passage de l'Apennin ; s'ils parvenaient à opérer leur jonction avec les Ombriens et les Étrusques , c'en était fait sans doute de l'armée consulaire ; mais Fabius rappelle, par une diversion, les Étrusques à la défense de leurs foyers, et court chercher l'armée gallo-samnite dans les plaines de Sentinum (295). Le choc fut terrible :*sept mille Romains de l'aile gauche, commandée par Décius, avaient déjà péri, quand le consul se dévoua, à l'exemple de son père. Mais les Gaulois étaient inaccessibles aux terreurs religieuses qui avaient épouvanté les Latins, et l'aile gauche tout entière était écrasée , si Fabius , vainqueur des Samnites , n'était accouru. Entourés de toutes parts, les Barbares reculèrent, mais sans désordre, et regagnèrent leur pays. Fabius battit encore une armée sortie de Pérouse, puis alla triompher à Rome.

Victoire d.tqullonle ( tt»3); défaite de Pont lu» HérenniuA; soumission de* Sunnite* et rie* #uhlui* dictature populaire d'llorten»lu« (tftO).

La coalition était dissoute. Mais les Samnites n'étaient r>as exterminés. Dès Tannée suivante, ils battirent un consul et les Romains n'osèrent hiverner dans leur pays. Heureusement les Étrusques venaient de signer une trêve de quarante ans. La guerre se concentra alors dans le Samnium. Comme quinze ans auparavant, les chefs samnites appelèrent la religion au secours du patriotisme et de l'union. Le vieil Ovius Paccius réunit quarante mille guerriers, et parmi eux seize mille hommes d'élite, la légion du Lin, qui avaient juré de vaincre ou de périr. Jls tinrent parole : trente mille Samnites restèrent sur le champ de bataille d'Aquilonie (293). Ils tentèrent cependant un nouvel ef-

fort et mirent à leur tête le héros des fourches caudines. Pontius reparut victorièux , au bout de vingt-neuf ans , dans les plaines de la Campanie. Le fils du grand Fabius, Fabius Gurgès, osa l'attaquer, et se fit battre; mais son père obtint du sénat d'aller lui servir de lieutenant. Le vainqueur de Pérouse et de Senlinum frappa le dernier coup de cette guerre. Vingt mille Samnites périrent ; Pontius Hérennius fut fait prisonnier et décapité après le triomphe.

Une année encore, les légions poursuivirent les débris des armées samnites, jusqu'à ce que Curius arrachât enfin à ce peuple l'aveu de sa défaite. Un traité, dont nous ignorons les clauses, les rangea parmi les alliés de Rome ( 290). Pour les contenir, Vénouse, entre le Samnium et Tarente, fut occupée par une colonie de vingt mille hommes. Curius soumit aussi les Sabins, et, au retour de cette expédition, après avoir pénétré jusqu'à l'Adriatique, il dit ces mots, qui montrent comment Home conduisait une guerre : « J'ai conquis tant de pays, que ces régions ne seraient plus qu'une immense solitude, si j avais pour les peupler moins de prisonniers. J'ai soumis tant d'hommes, que nous ne saurions les nourrir, si j'avais conquis moins de terres. » Aussi, distribua-t-il à tous les citoyens sept arpents. Pour lui-même, il ne voulut pas d'autre récompense. Les Sabins eurent le droit de cité sans suffrage; Castrum et Hadria furent colonisées. Curius triompha deux fois dans la même année. Cet honneur, jusque-là sans exemple, et le respect qui s'attacha à son nom , annoncent de grands services. La véritable guerre du Samnium était finie. Au même moment finissait aussi celle du forum. Le peuple, encore une fois soulevé au sujet des dettes, s'était retiré sur le Janicule. Un dictateur fut nommé, Hortensius, qui abolit ou diminua les dettes, confirma toutes les conquêtes antérieures des plébéiens , et assura la fidèle exécution des lois de Publilius Philo (286).

Destruction de* (tenons et bataille du lac Vadlmon ( 999 ): secours envoyés a Ttaurluni (IMj,

Tout le centre de l'Italie subissait la domination ou l'alliance de Rome. Mais au nord , les Étrusques étaient hostiles, et les Gaulois avaient déjà oublié leur défaite de Sentinum. Au sud , si la nation samnite avait posé les armes, il restait encore des bandes qui rejetaient toute paix avec Rome , et qui allèrent chercher des auxiliaires

GUERRE DE i/flfDÉPENDÀNCE ITALIENNE (343-265). 89

dans les âpres montagnes des Calabres. Là s'étendaient d'immenses forêts, où il s'était peu à peu formé un peuple nouveau que les Grecs et les Romains nommaient dédaigneusement des esclaves révoltés, des Brutiens. Grecs, Lncaniens, tous voyaient avec effroi la dominalion romaine s'approcher d'eux; Tarente surtout, qui montrait un dépit croissant des succès de Rome, et qui se fit l'âme d'une coalition nouvelle. Mais l'union était impossible entre tant de peuples, et il n'y eut qu'un instant de danger sérieux, au nord , de la part des Étrusques. Arrétium était restée fidèle ; les Étrusques, soutenus par des auxiliaires senons , vinrent l'assiéger. Une armée , qui courut au secours de la place, fut exterminée. Le sénat se plaignit au conseil des Senons. Ses députés furent massacrés. A cette nouvelle, le consul Dolabella traversa sans bruit la Sabine, et entra par le Picénum sur le territoire senon ; il brûla les villages, tua les hommes, vendit les enfants et les femmes, et ne quitta le pays qu'après en avoir fait un désert. Dans le môme temps , son collègue écrasait en Étrurie l'armée combinée. Les Boïcns s'alarmèrent de cette extermination de tout un peuple gaulois. Ils franchirent l'Apennin et entraînèrent une nouvelle armée étrusque jusqu'au lac Vadimon. Une désastreuse défaite les y attendait. L'année suivante, ils firent la paix (282). Pendant deux ans encore, quelques villes étrusques attirèrent sur elles les armes des légions. La victoire de Coruncanius sur les Vulsiniens les obligea à traiter (280).

Durant ces opérations , dans le nord, Thurium, au sud , avait imploré le secours de Rome contre les Lucaniens. Fabricius les battit et mit garnison dans Thurium (282).

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