‹ Histoire romaineChapitre 6 sur 136 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

C'est là une fidèle image de ce mélange de tous les hommes et de toutes les choses de l'Italie qui s'opéra au sein de Rome, étrusque par les costumes, les fêtes, l'art augurai et le caractère sacré de la propriété; latine par la langue, sabellicnne par les mœurs et l'esprit guerrier. Elle n'était donc étrangère à aucune des races qui l'entouraient ; à chacune d'elles elle présentait comme un visage et comme une main amis qui les appelaient et les attiraient. Aussi de FÉtrurie lui viennent ses plus grands rois , Servius et les deux Tarquin ; de la Sabine , sa plus fière noblesse, les Appius, les Fabius; du Latium, quelques-uns de ses plus grands citoyens , Cicéron , Marius , Caton , et ses deux premiers empereurs,

L'Italie avait élé le commun refuge des fugitifs du monde ancien; Pélasges et lllyriens, Grecs et Ibères, Celtes et Rhéliens, tous y étaient accourus; Rome, à son tour, je viens de le dire, fut l'asile de toutes les races et de toutes les civilisations italiennes. Aussi comme elle grandit vite ! Le sixième de ses rois fut déjà contraint de lui donner une enceinte qui lui suffît aux jours de sa plus brillante fortune; et si la révolte des sujets après l'exil de Tarquin la réduisit à ses seules murailles, elle resta, en face des mille bourgades désunies qui l'enveloppaient, la plus grande cité de l'Occident , un peuple de cent dix mille soldats réunis sous la main des consuls, dirigés , dans les moments qui réclamaient la dictature par une seule volonté, et qu'une coalition impossible eût pu seule écraser.

Grâce à cette concentration de leurs forces , les Romains purent se livrer impunément à leurs querelles intérieures. Car s'ils dépensaient au forum l'énergie qu'ils auraient utilement pour leur domination portée sur les champs de

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