‹ Histoire romaineChapitre 7 sur 136 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

bataille , ils étaient aussi trop forts pour être accablés par quelque ennemi qui les attaquât, une guerre sérieuse ramenant toujours l'union et avec l'union une puissance invincible.

Ces dissensions intestines durèrent plus d'un siècle et demi. Rendons cependant hommage à cette grande aristocratie romaine qui eut une si admirable entente des nécessités politiques, et qui jamais, dans ces premiers siècles, ne ferma son livre d'or. A tous les pas que le peuple voulut faire en avant , elle l'arrêta, il est vrai , mais comme pour le forcer à se rendre plus digne de la victoire. Chaque fois , après une résistance habilement calculée pour opposer au torrent populaire une digue qui amortît sa force sans l'exciter, les patriciens cédaient; et, comme une vaillante armée qui jamais ne se laisse rompre , ils reculaient , mais pour prendre sur un autre point une forte défensive. Ainsi s'éternisa cette guerre intérieure qui forma la robuste jeunesse du peuple romain et prépara ses glorieux succès , car les luttes politiques sont la vie et la force des États libres.

Les plébéiens , en effet, y prirent l'habitude de la discipline et de la constance, la connaissance des affaires , le sentiment des intérêts généraux ; et, dans la liberté conquise, ils trouvèrent le respect de soi-même , commencement de toutes les vertus ; dans l'égalité civile et politique, le dévouement pour la patrie, source de toutes les grandes actions.

De ce long enfantement de la liberté romaine, sortit cette constitution qu'ont admirée Polybe, Machiavel et Montesquieu. Alors il y eut , par le consulat , unité dans le commandement; par le sénat, expérience dans le conseil; par le peuple , force dans l'action. Ces trois pouvoirs, se contenant mutuellement dans de justes limites, toutes les forces de l'État, longtemps tournées les unes contre les autres,

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