‹ Histoire romaineChapitre 61 sur 136 · ET LA MACÉDOINE · texte numérisé non relu

ET LA MACÉDOINE

Italie et Afrique.

Les plaies de la guerre se ferment vite chez le peuple victorieux. Dès Tan 206, après la bataille du Métaure, le sénat avait rappelé les laboureurs dans les campagnes, et diminué l'effectif des armées pour laisser plus de bras à l'agriculture. Des colonies envoyées dans la Campanie et le Brutium , des distributions de terres aux vétérans de Scipion , dans la Lucanie et la Pouille , avaient repeuplé les solitudes faites par la guerre, et des terres données aux créanciers de l'État avaient éteint les dettes publiques.

Aucun danger ne semblait menacer l'avenir, car Rome était sortie plus forte de la terrible épreuve de la seconde guerre punique, et autour d'elle il n'y avait que faiblesse. La chute de Carthage lui avait livré tout l'occident. En Afrique, elle n'a qu'à laisser faire à la haine jalouse de Massinissa , et jamais Carthage ne se relèvera de Zama. En Espagne , les légions auront bientôt à combattre leurs anciens alliés , mais cette guerre ne sera pendant trois quarts de siècle qu'une rude école pour les soldats, et un moyen de fortune pour les généraux. Quant à la Gaule , Rome se souvient trop des tumultes gaulois pour risquer sa fortune dans ce chaos barbare et redoutable. De ce côté , elle se tiendra un siècle et demi sur une prudente défensive. La Germanie n'est pas encore découverte. Restent, il est vrai , les Cisalpins , danger sérieux , quoique les terreurs de Rome l'exagèrent , guerre laborieuse et ingrate , qui usera bien des consuls et bien des armées ; mais où l'on ne trouvera point à gagner ces brillantes victoires, et ces ambitieux surnoms, dont les généraux romains sont maintenant si avides. Au sud , comme à l'ouest et au nord de l'Italie , il n'y a donc plus , pour longtemps du moins , rien de grand à accom-

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