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ÉTAT DU MONDE ANCIEN VERS L'AN

plir. Aussi le sénat en détourne-t-il ses regards, pour les porter sur l'Orient où sont de vastes monarchies , et d'immenses richesses mal défendues.

JLea Séleucldes et les Ptoléméea.

Le royaume des Séleucides couvrait encore une ligne immense , de l'Indus jusqu'à la mer Égée. Mais quelle désespérante faiblesse sous cet éclat emprunté! A Magnésie, il n'en coûtera pas quatre cents hommes aux Romains pour chasser devant eux la formidable armée d'Antiochus. C'est qu'infidèles à la pensée du conquérant , tous ses successeurs restèrent des étrangers pour les peuples de l'Asie. Antiochus lui-même insultait à leurs dieux par ses sacrilèges; à leurs coutumes, à leurs idiomes , par ses mœurs et son langage ; à la juste ambition de leurs chefs nationaux par sa prédilection pour les aventuriers de race hellénique. La Grèce fournissait alors à toutes les armées des mercenaires , à tous les princes des ministres , des généraux et des courtisans. Pas un satrape d'Antiochus n'était Mède ou Persan ; et les indigènes n'étaient appelés au service militaire , que dans ces corps légers qui grossissent inutilement les armées asiatiques. Des Grecs et les descendants des Macédoniens formaient la phalange.

L'Égypte avait plus d'unité et en apparence plus de force , au moins pour se défendre. Afin d'en faire la plus grande puissance commerciale, les Ptolémées y avaient rattaché, au sud , les pays situés le long de la mer Rouge , au nord , avec Chypre, la Palestine et la Syrie, l'éternelle et légitime ambition de tous les maîtres intelligents de l'Égypte. Malheureusement tout ce que cette Egypte hellénisée eut de puissance et de vie se concentra dans Alexandrie, ville nouvelle et presque placée hors du pays. De là les Ptolémées voyaient mieux aux affaires de l'Asie et de la Grèce. Ne croyant aussi qu'au courage des soldats grecs , ils confiaient leurs armées , leur vie, à des mercenaires toujours prêts à trahir. L'Égypte tout entière était dans Alexandrie, et Alexandrie, comme ses rois, était à la merci de ceux que Polybe appelle les Macédoniens.

L'importance que les Ptolémées attachaient à leurs possessions d'outre-mer, et leur rivalité avec les rois de Macédoine et de Syrie, les firent entrer de bonne heure dans l'alliance de Rome. Dès l'année 273, Philadelphe conclut

avec la république un traité que ses successeurs acceptèrent ; en 201 , la tutelle du jeune Ptolémée Épiphanes avait été déférée au sénat romain.

La Ciré ce et la Macédoine.

Depuis la guerre de Pyrrhus , le sénat suivait attentivement toutes les révolutions de la Grèce. 11 y avait longtemps que ce beau pays n'avait plus ni force , ni liberté. Athènes , Sparte et Thèbes qui y avaient tour à tour dominé, s'étaient épuisées à soutenir une fortune trop grande , et leur puissance avait passé à des peuples demi-barbares. Par son union avec la Macédoine, la Grèce parut redoutable. L'empire persan tomba sous la main d'Alexandre. Mais les rivalités des successeurs rompirent ces liens, et chaque cité rendue à elle-même se retrouva plus faible et dégénérée.

Les troubles de la Macédoine, rabaissement des grandes cités, la torpeur politique de Corinthe et d'Argos, laissaient la carrière libre. Deux peuples nouveaux y parurent : les Étoliens et les Achéens; qui tantôt ennemis, tantôt réunis contre la Macédoine, ne firent qu'augmenter le chaos où se perdaient les derniers restes des mœurs et du patriotisme. L'Étolie était habitée par une race d'hommes en lutte avec tous leurs voisins , et ne vivant que de pillage. Ce que Sparte était pour le Péloponèse, l'Étolie Tétait pour la Grèce entière : une menace continuelle et un danger ; et pour compléter la ressemblance, le stratège Scopas voulait, comme Cléomèno, abolir les dettes et établir de nouvelles lois. Par crainte de Sparte, Aratus livra le Péloponèse à la Macédoine; et dès que Philippe se fut déclaré l'ennemi de Rome, celle-ci trouva dans les Étoliens les plus utiles auxi* liaires. Leur pays lui ouvrit la Thessalie et la Grèce cen» traie; leur cavalerie lui assura peut-être la victoire à Cynoscéphales.

Chez les Achéens , les mœurs et l'esprit public étaient meilleurs; et leurs chefs Aratus, Philopœmen et Lycortas , le père de Polybe , voulurent véritablement le salut do la Grèce. Au lieu de le chercher, comme Athènes, Sparte et la Macédoine, dans une domination violente, ils espérèrent le trouver dans une confédération dont le principe fut celui des anciennes amphictyonies : l'égalité de tous les peuples associés. Mais l'union et la paix n'étaient pas possibles entre les tendances aristocratiques des Achéens et l'esprit

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