‹ Histoire romaineChapitre 8 sur 136 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

avaient enfin trouvé un heureux équilibre qui les faisait toutes concourir, avec une irrésistible puissance , vers un but commun , la grandeur de la république.

Quels hommes aussi n'étaient-ce pas que ces Romains des anciens jours! Cincinnatus quittait la charrue pour la pourpre dictatoriale, et des consulaires , Fabricius , Papus , préparaient eux-mêmes dans des vases de bois leurs grossiers aliments ! Curius Dentatus refuse l'or des Samnites , Fabricius celui de Pyrrhus, et Cinéas, introduit dans le sénat, croit voir une assemblée de rois. « Alors, dit Valère Maxime, peu ou presque point d'argent, et pour propriété sept jugères de terre médiocre; l'indigence dans les familles, les obsèques payées par l'État et les filles mariées sans dot. Mais d'illustres consulats, de merveilleuses dictatures, d'innombrables triomphes, tel est le tableau que présentent ces vieux âges. >»

Par leurs fortes vertus, par leurs mœurs austères et l'excellence de leur gouvernement , les Romains d'alors méritaient l'empire ; par la concentration de leurs forces et l'énergie de leur patriotisme, parleur discipline et leur courage, ils l'obtinrent; par leur union et leur génie pratique, ils le conservèrent.

On verra dans leur histoire , à chaque progrès du peuple vers la conquête de ses droits, répondre au dehors des coups décisifs frappés sur l'ennemi. La paix règne-t-elle au forum, aussitôt les périls s'éloignent , Véies tombe, Anxur est prise , les auciennes frontières , sous Tarquin , sont recouvrées, et, en moins de quatre-vingts ans, l'Italie, vaincue , domptée , reconnaît « la majesté du peuple romain. »

Faisons aussi, dans ces résultats, la part des légions. Tous les hommes de guerre ont admiré la structure savante

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