‹ Histoire romaineChapitre 75 sur 136 · I. GUERRE DE JUGURTHA · texte numérisé non relu

I. GUERRE DE JUGURTHA

RÉACTION ARISTOCRATIQUE ; MARIUS. -- JUGURTHA (118-104); HONTE DES ARMES ROMAINES. (111-110). — COMMANDEMENT DE MÉTELLUS ET DE MARIUS (109-104).

Réaction aristocratique; Tlarlus.

Quand on eut jeté au Tibre les trois mille cadavres, étanché le sang des rues et payé le prix du meurtre, le farouche Opimius, pour éterniser le souvenir de cette odieuse victoire, fit frapper une médaille qui le représenta sous les traits d'Hercule, avec une massue et la couronne triomphale. Ensuite il purifia la ville par des lustrations, et voua un temple à la Concorde; parodie dérisoire du dernier acte de la vie de Camille. Mais Camille n'avait pas égorgé Licinius; il avait fermé l'ère des troubles , Opimius ouvrait celle des proscriptions.

Cependant les grands n'osèrent user trop vite de leur victoire; ils mirent quinze ans à renverser l'œuvre des Gracques. D'abord ils permirent à chacun de vendre son lot, ce qui fit en peu de temps revenir aux riches presque toutes les terres partagées. Puis on garantit aux détenteurs la possession de ce qu'ils avaient encore, à la condition de payer une redevance qui serait distribuée au peuple. Mais, en 108, on supprima la redevance. De la loi agraire il ne restait plus rien.

Les nobles pourtant gardèrent quelque retenue de la sévère leçon que les Gracques leur avaient donnée. En 116, les censeurs dégradèrent treute-deux sénateurs. Le consul Scaurus publia Tannée suivante une nouvelle loi somptuaire et restreignit les droits politiques des affranchis. Enfin, quand éclatèrent les scandales de la guerre de Numidie, les chevaliers, s'associant à l'indignation populaire , frappèrent un pontife et quatre consulaires parmi lesquels Opimius, qui alla mourir obscur et déshonoré à Dyrrachium. Mais les grands trouvèrent que cette sévérité allait trop

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