‹ Histoire romaineChapitre 85 sur 136 · II. DERNIÈRES GUERRES CONTRE MITHRIDATE · texte numérisé non relu

II. DERNIÈRES GUERRES CONTRE MITHRIDATE

MTKRIDÀTE VEUT PROFITER DES EMBARRAS DE ROME^LUCULLUS LE REJETTE SUR LE PONT (73). — CONQUETE DU PONT (72-71 ) ET D'UNE PARTIE DE L'ARMÉNIE (69-66). — COMMANDEMENT DE POMPÉE (66-63).

itlltlirldate veut profiter des embarras de nome, Lucullus le

rejette sur le Pont (»3).

Sylla n'avait pas permis, en 82, que Muréna renouvelât la guerre avec Mithridade; ce prince avait lui-même besoin de la paix pour raffermir son autorité et réparer ses pertes; pendant quelques années, il ne parut occupé qu'à soumettre do nouveau le Bosphore, dont il conna l'administration à son fils Macharès, et à dompter quelques peuples barbares établis entre la Colchide et le Palus Méotide Mais dès qu'il apprit la mort du dictateur (78), il excita sous main le roi a Arménie, Tigrane, à envahir la Cappadoce , d'où ce prince enleva trois cent mille habitants pour agrandir sa capitale, Tigranocerte, La cession que Nicomède 111 fit au sénat de la Bilhynie, (75), le décida à entrer luimême en lice. D'ailleurs l'occasion semblait Favorable, car les meilleurs généraux étaient occupés en Espagne contre Sertorius, et Tes pirates couvraient la mer. Tous les peuples barbares, du Caucase au mont Hœmus, lui fournirent des auxiliaires, des Romains proscrits dressèrent ses troupes, et Sertorius lui envoya des officiers (74).

Lucullus, proconsul de Cilicie, fut chargé de cette guerre. Son armée comptait un peu moins de trente-deux mille hommes , il marchait cependant sur le Pont , quand il apprit que Mithridate avait envahi la Bithvnie ; que tous les publicains avaient été massacrés par les habitants; que Cotta, pressé de combattre, pour avoir seul l'honneur do vaincre, avait éprouvé deux défaites en un jour, l'une sur

POMPÉE

terre, l'autre sur mer, qu'enfin il était étroitement bloqué dans Chalcédoine. 11 courut à son secours, débloqua Chaicédoine, et l'ennemi s'étant rejeté sur Cyzique, il l'y suivit, l'enferma dans ses lignes et l'affama.

Un grand détachement que forma Mithridate pour faire des vivres, fut surpris au passage du Ryndacus, et perdit quinze mille hommes et six mille chevaux. Un de ses lieutenants fut encore battu en Phrygie par leGalate Déjotarus. Entre ce camp immobile et cette ville inexpugnable, Mithridate voyait fondre son immense armée sans pouvoir la faire combattre; il se décida à fuir sur ses vaisseaux, laissant ses troupes de terre se tirer comme elles pourraient des mains de l'ennemi. Lucullus eu tua la plus grande partie ; le reste se sauva à Lampsaque. Mithridate, grâce à la négligence d'un lieutenant, put gagner l'Euxin et Amisus, d'où il sollicita son fils Macharès et son gendre Tigrane de lui envoyer de prompts secours.

Luculius laissa Gotta soumettre les villes de Bithynie <jui tenaient encore, et pénétra dans le Pont. Dans l'intention d'attirer le roi à une bataille avant l'arrivée des secours qu'il attendait, il ravagea le pays et s'arrêta longtemps, malgré les murmures de ses troupes, au siège d' Amisus (72). Au printemps de l'année suivante, apprenant que le roi avait réuni quarante-quatre mille hommes à Cabira, il laissa Muréna devant Amisus, alla chercher le roi avec trois légions, et par une foule de petits combats cerna encore une fois et affama l'ennemi. Mithridate n'échappa qu'en semant ses trésors sur sa route pour arrêter la

{>oursuite. Avant d'abandonner son royaume il envoya 'ordre de donner la mort à ses sœurs et à ses femmes. Monime , la plus belle et la plus aimée , voulut s'étrangler avec son diadème, trop faible, il se rompit. Alors le foulant aux pieds avec mépris : « Funeste bandeau ! s'écriat-elle, à quoi m'as-tu jamais servi? Aujourd'hui mémo tu ne peux m 'aider à mourir. » Et elle se jeta sur l'épée que l'eunuque lui tendait.

Conquête du Pont (t«-9i) et d'une partie de l'Arménie

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