CHAPITRE XII
çantes de Benadad, qu'il ne fallait pas se vanter quand on prenait les armes, mais quand on lus quittait. Un prophète vint encore alWiiiii' Adiab dans ses projets de résistance, en lui disant : n Ainsi parle l'Éternel : Tu as vu celle multitude innombrable; je la livrerai aujourd'hui entre tes mains afin que tu saches que je suis )e Seigneur, le Lieu d'Israël. » lin effet, Benadad fut vaincu. Mais ses serviteurs lui dirent : Les dieux d'Israël sont des dieux de montagnes, combattons ce peuple dans la plaine et nous serons vainqueurs. 11 revint avec une armée plus formidable que la première, mais il fut encore défait dans une sanglante bataille, où cent mille Syriens restèrent sur la place. Les débris de l'armée ennemie s'étaient jetés dans Aphek; les ■ Israélites les y poursuivirent, et les remparts, tombant sous leurs coups répétés, écrasèrent encore les Svnens par milliers. Achab fit grâce de la vie a Benadad II, le reçut en frère, et, ne consultant plus que les intérêts de sa politique, il conclut une alliance avec ce roi idolâtre, à la seule condition de restituer les places fortes qu'il avait prises en Israël. Mgis Dieu, qui avait voué a l'extermination Benadad et son armée, fut irrité de la désobéissance du roi. Un prophète alla donc à sa rencontre pendant qu'il revenait vers Samarîe, et lui dit : « Parce que lu as laissé échapper l'homme que le Seigneur frappait d'interdit, ta vie répondra pour sa vie, ton peuple pour son peuple. »
Quelque temps après le roi d'Israèl se souilla d'un nouveau crime, plus grand que cette désobéissance. Naboth de Jezraèl possédait, dans Jezraél même, une vigne près du palais d'Acbab. Le roi lui dit : " Céde-moi ta vigne pour que j'en fasse un jardin; je t'en donnerai une meilleure, ou l'argent qu'elle vaut. <■ Dieu me garde, repondit Naboth, de te donner l'héritage de mes pères. » Achab, aussi faible contre ses caprices que. contre ses passions, se livra à une douleur indigne d'un prince et se jeta sur sa couche, refusant toute nourriture. Quand la reine connut la cause de ce grand chagrin : « Lève-toi, dit-elle au roi, et mange en repos, je me charge de te livrer cette vigne. » Jézabel, en effet, suborna deux enfants de Bélial qui accusèrent Naboth d'avoir
blasphémé contre Dieu et contre le roi. Sur ce faux témoignage, l'infortuné fut conduit hors de la ville et lapidé. Aehab aussitôt alla prendre possession de cette vigne tant convoitée et si malheureusement acquise; mais soudain il rencontra Élie : « Me poursuivras-tu donc sans cesse, s'écria le roi trahissant maly ié lui 1rs inquiétudes de sa conscience; suis-je ton ennemi ? — Tu l'es, répondit le prophète, parce que lu as fait du mal aux yeux du Seigneur, et voici ce qui dit lïlternel : Je retrancherai de la maison d'Achah jusqu'au dernier des animaux; je la rendrai semblable à celle de Jéroboam et à celle de lïaaza, parce que tes fautes m'ont irrité, et que lu as fait pécher Israël. Les chiens manderont Jézabel dans le champ de Nabolh. Si Acbab meurt dans la ville, il sera dévoré qar les chiens ; s'il meurt dans les champs, il sera mangé par les oiseaux du ciel. »
La prédiction d'Èlie ne tarda pas à s'accomplir. Ramofh du Ciilaiii) n'avait point élé remise aux Israélites après l'alliance entre Achab et Benadad. Le roi d'Israël conçut le projet de la réduire, et engagea dans cette guerre Josaphat, roi de Juda. Achab avait consulté quatre cents de ses prophètes, et tous lui annonçaient la victoire; niais Tusuphiit fit appeler Michée, et l'homme de Dieu prédit la défaite et la mort du roi d'Israël : « J'ai vu, disait-il, tout Israël dispersé par les montagnes, comme des brebis sans pasteur, et le Seigneur a dit ; Ils n'ont point de chef; que chacun retourne en sa demeure. - Achab irrité lit jeter le prophète en prison. Cependant le jour du combat, il n'osa pas garder ses insignes : au moment de l'action il se déguisa et pria Josa-
la mort dont on le menaçait; sa précaution fut vaine; une flèche lancée au hasard l'atteiiini! et le blessa mortellement au défaut de la cuirasse. « Tourne bride, dit Acbab à sou cocher, retire-toi d'ici, je suis blessé à mort. Mais le combat dura tout le jour; et le roi d'Israël, le visage tourné contre les Syriens, resta sur son char qu'il inondait de sang. Il expira le soir : son corps fut transporté et enseveli à Samarie. On lava son char dans la piscine de la ville, et les chiens léchèrent son sang, selon la parole du prophète.