CHAPITRE XIII
par les Éthiopiens, était alors gouverné par Sévéchoiis que l'Écriture appelle Soua; mais l'alliance avec ce monarque ne préserva pas Israël du malheur qui le menaçait. A peine Salmanasar fut-il informé des négociations d'Osée qu'il repassa l'Eu ph rate, ravagea les terres d'Israël, et vint camper devant Samarie. La ville succomba après trois années de siège, et dès lors le royaume fut anéanti. Osée, envoyé en Assyrie chargé de chaînes, finit ses jours dans une prison, et la plus grande partie de ses sujets alla peupler les contrées situées au delà de l'Euphrale. En même temps Salmanasar, pour s'assurer la possession du royaume conquis , y envoyait des colonies tirées des provinces soumises à son empire : elles venaient de Babylone, de Cutha, d'Hamalh, d'Avah et de Sépharvaïm.
Pendant la désolation du royaume, les bêtes féroces s'étaient multipliées dans les campagnes, et les nouveaux habitants, sans cesse inquiétés, pensèrent que le Dieu d'Israël les punissait ainsi d'ignorer son culte. Ils demandèrent à Salmanasar un prêtre qui les instruisit dans la religion des vaincus ; dès lors le culte de Jéhovah fut mêlé à l'adoration des divinités que ces peuples avaient révérées dans leur première patrie. Samarie fut leur principale ville. Leurs descendants, confondus avec les Juifs restés dans ce pays, furent appelés Samaritains, d'un mot syriaque et hébreu qui signilie les gardiens, parce que ces sectaires prétendaient avoir conservé la loi de Moïse avec plus de soin que les Juifs véritables.
Histoire do Table'.
Parmi les prisonniers emmenés à Ninive par Salmanasar, se trouvait un homme de la tribu de Nephthali nommé Tobie.
Dès l'âge le plus tendre, il pratiquait religieusement la loi du Seigneur, et fuyait loin des autels élevés par Jéroboam ; dans la captivité même, il n'abandonna point la voie de la vérité ; aussi Dieu lui fît-il trouver grâce devant Salmanasar.
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IS1UËL ET JUDA DE B83 A 72t. 187
Tobie reçut en effet une charge considérable dans la maison royale, avec la liberté d'aller où il voudrait. Après la mort de Salmanasar, Sennachérib, son fils et son successeur, maltraita les Israélites. Tobie montra alors sa charité ; tous les jours il allait visiter ceux de sa nation ; il les consolait et les aidait de sa fortune, nourrissant ceux qui avaient faim , vCtissant ceux qui étaient nus, et rendant les derniers devoirs h ceux qui avaient été tués. Cette pieuse conduite attira sur lui la haine du prince, et ses biens lui furent ôlés; mais quand Sennachérib eut été assassiné par ses deux fils, Tobie recouvra tout ce qu'il avait perdu, et, malgré les conseils de ses amis, il continua d'ensevelir les morts, car il craignait Dieu plus que le roi. Un jour, après avoir rendu les derniers devoirs à un Israélite qu'il avait trouvé égorgé sur la voie publique , il se coucha et s'endormit de fatigue au pied d'une muraille. Pendant son sommeil, de la fiente tomba d'un nid d'hirondelte sur ses yeux et lui enleva la vue. Ce fut une épreuve que Dieu permit, afin que sa patience servit d'exemple à la postérité, comme celle du saint homme Job. Tobie, en effet, ayant toujours craint Dieu dès son enfance, et observé ses commandements, ne murmura point contre son malheur. « Nous sommes les enfants des saints, disait-il , et nous aitendcns cette autre vie que Dieu doit donner à ceux qui lui restent fidèles. »
Cependant, après avoir perdu la vue, il devint si pauvre que sa femme étaii obligée d'aller dans les inaisoos tisser de la toile pour fournir à luur subsistance, et ses parents ainsi que ses amis le raillaient amèrement en disant : "Où donc est cette espérance qui le poussait à faire des aumônes et à ensevelir les morts? - Alors Tobie, jetant un profond soupir et répandant des larme?, lit cette prière à Dieu : «Vous Êtes juste, ô Seigneur; vos jugements et toutes vos voies ne sont que miséricorde, vérité et justice; Seigneur, souvenez-vous maintenant de votre serviteur, ne tirez point vengeance de mes péchés, et commandez que mon âme soit reçue en paix, car il m'est plus avantageux de mourir que de vivre. - PuÎ3, croyant que Dieu lui accorderait la grâce qu'il avait demandée, il appela son fils Tobie, âgé d'environ vingt ans, et lui