‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 112 sur 251 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

père de celui que vous voyez. » Aussitôt Raguel se jeta dans ses bras en pleurant : « Que le Seigneur te bénisse, mon enfant! car tu es le fils d'un homme de bien et d'un saint homme. » Puis ils s'entretinrent quelque temps, et Raguel ordonna de tuer un mouton et de préparer le repas. Mais Tobie lui dit : » Je ne mangerai ni ne boirai aujourd'hui que tu ne m'aies donné en mariage Sara , ta fille. » Raguel hi-siiiiit au souvenir des sept fiancés de sa fille, quand l'ange dit : " N'hésite pas à donner ton enfant à ce jeune homme qui craint Dieu; c'est h lui qu'elle est desiimîc ; c'est pour cela que nul autre n'a pu devenir son époux. — Je connais maintenant, répondit Raguel, que Dieu, exauçant ma prière, vous a conduits ici pour que ma fille épousât une personne de sa parenté , selon la loi de Moïse. » Puis il prit la main droite de Sara et la mit dans celle de Tobie en disant : • Que le Dieu d'Abraham, d'Isaae et de Jacob soit avec vous, que lui-même vous unisse, et accomplisse en vous sa bénédiction.» Apres quoi l'on dressa le contrat de mariage et l'on fit un grand festin.

Cependant le lendemain, vers le chaut du coq, Raguel et sa femme se levèrent pleins d'inquiétude, ne sachant si Tobie vivait encore ; mais il avait suivi les conseils de l'ange : à peine entré dans la chambre nuptiale , il avait mis sur des charbons ardents le cœur du poisson avec une partie du foie; puis, joignant ses prières a celles de Sara, il avait passé la plus grande partie de la nuit à supplier le Seigneur en disant : - Ayez pitié de nous , mon Dieu, ayez pitié de nous, et faites que nous vivions jusqu'à la vieillesse. »

Ces prières furent esaucées, et Raguel, apprenant que Tobie vivait encore , rendit grâces au Seigneur ; puis il ordonna un grand festin pour traiter ses voisins et ses amis. Tobie, cédant à ses instances, consentit à demeurer avec lui pendant deux semaines. Alors il appela l'ange, qu'il croyait un homme, et lui dit: « Après tous les services que tu m'as rendus, j'ai encore une grâce à te demander : va, je te prie, chez Gabélus, recevoir l'argent qu'il nous doit et le prier de venir à mes noces. - L'ange partit avec quatre serviteurs de

Raguel , et ramena bient&t Gabélus , avec l'argent qu'il devait au père de Tobie.

Pendant que les parents et ]es amis de Raguel célébraient cette heureuse union, le père de Tobie s'alarmait de ces longs retards. Anne surtout ne pouvait se consoler- -Hélas! hélas! s' écriait-elle en pleurant, pourquoi, mon fils, t'avons-nous envoyé si loin, toi, la lumière de nos yeux, le bâton de notre vieillesse, l'espérance de notre maison t - Et tous les jours elle allait au loin sur le chemin pour le voir revenir. Après que les deux semaines promises à Raguel furent écoulées, Tobie pressa le dépari. . Mon père compte les jours, disait-il, et si je tardais, il en aurait une tristesse trop grande. « Raguel lui remit alors Sara avec la moitié de tous ses biens ; et il dit à sa fille : k Honore ta nouvelle famille ; tu as maintenant un autre père et une autre mère ; fais qu'il ne me vienne de toi que de bonnes nouvelles. — Mon fils, disait encore à Tobie la mère de Sara, que le saint ange de Dieu soit sur ton chemin et qu'il te conduise heureusement au terme du voyage. Puissent mes yeux voir tes enfants avant que je meure ! Je te confie ma lille, ne lui sois jamais un sujet d'affliction. »

Tobie marchait depuis dix jours et approchait de Ninive quand l'ange lui dit : « Prenons ensemble les devants, et emporte le lie 1 du poisson que tu as tué. • Ils s'avancèrent donc d'un pas rapide, précédés par le chien qui les avait accompagnés dans tout le voyage. Mais Anne, assise près du chemin , sur le haut d'une colline, le vit et le reconnut aussit&t. Elle courut vers son mari en s'écriant : » Voici ton fils qui revient. Au même instant arriva le chien de la maison qui les précédait, comme pour annoncer leur retour et qui témoignait sa joie par ses caresses et ses aboiements. Le vieillard, tout aveugle qu'il était, se leva, et se mit ît courir, mais il heurtait du pied à chaque pas ; alors prenant la main d'un serviteur, il se fit conduire au-devant de son fils. Quand ils se furent rejoints, ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, et versèrent des larmes, en adorant le Seigneur.

Alors Tobie, suivant les conseils de son guide, prit le fiel

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