CHAPITRE XIV
HISTOIRE DU ROYAUME DE JUDA DEPUIS LA CAPTI- VITE D'ISRAËL JUSQU'A LA DESTRUCTION DU TEMPLE (721-587].
]■;<. tClll.iS (756-691). — CHANTS PATRIOTIQUES C'jSAÏE. — HANA5SË ET AM- MAN (691-640). — HISTOIRE CE JUDITH- — JOSUS (640-609), JOACHAS ET JOA.CHIH (609-598).— LA CAPTlïlTH (606). — UABACUC ET IBHÉM1E. SÉDÉCIAS (&9S-587).
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La Chute du royaume d'Israël et la captivité des dix tribus avaient jeté l'effroi dans Juda. La haine patriotique d'Isaie se réveilla contre ce roi d'Assyrie, qui oubliait, dans son orgueil, qu'il n'était qu'un instrument des vengeances divines.
« Malheur à Asstir ! c'est la verge de ma fureur, ma colère est dans ses mains !
- Je l'ai envoyé, lui qui est ma vengeance, contre une nation perfide, et il a foulé aux pieds ses cités, il les a réduites en poussière.
« Mais il n'a pas compris ma pensée, et dans son cœur il s'est dit : J'assujettirai beaucoup de peuples, car seul je suis roi.
" N'ai-je pas conquis Babylone et Chalane? n'aï-je pas pris l'Arabie, Damas et Samarîe?
«Comme j'ai fait à Samarie et à ses idoles, je ferai à Jérusalem et à son Dieu.
- Par la force de mon bras, par la sagesse de mon inlel-
« De ma main je saisirai la terre comme je ferais d'un nid d'oiseau; j'en ramasserai les peuples comme quelques ceufs abandonnés. Qui aura l'aile assez puissante pour me fuir?
« Mais depuis quand donc la hache s'enorgueillît- elle, et non celui qui s'en sert? depuis quand la scie est-elle iière de ses œuvres , et non celui qui la tire et la pousse? n'est-ce
pas comme si la verge et le bâton se glorifiaient des coups que frappe la main qui les tient ?
« 0 roi ! Jêhovah couvrira tes honneurs d'ignominie ; le Dieu des armées allumera contre ta gloire une flamme inextinguible.
« Et cette flamme brillera dans Israël, et elle dévorera, comme une herbe desséchée, la forêt immense.
« Il viendra à Angé, il passera par Mageddo, ii campera à Machmas.
» Tu trembles, Rama, cité de Saiil ! tu fuis, fille de Gallim! tes cris retentissent dans Laïsa, ils retentissent jusqu'à Anathoth.
■ Mais voici que Jéhovah brise le fort et son orgueil : les grands seront abattus, l'humble se relève. »
Un saint roi régnait alors dans Juda, el le prophète espérait peut-être que sa piété détournerait les malheurs prévus. Depuis six ans Ézéchias était sur le trône (726). Il avait donné d'abord tous ses soins à la destruction de l'idolfitrie , et au rétablissement du vrai culte. Il avait détruit les autels des hauts lieus , brisé les idoles , abattu les bois profanes , et fait mettre en pièces le serpent d'airain de Moïse, parce que les enfants d'Israël avaient brûlé de l'encens devani lui. Puis il fit célébrer une pàque solennelle h laquelle furent conviés tous les fidèles des douze tribus , et jamais , depuis Salomon, Jérusalem n'avait vu dans ses murs une aussi grande affluence. Ézéchias, plein de confiance en la protection divine, osa refuser le tribut imposé a son père par Théglat- Phalasar. Il atlaqua aussi les Philistins, reprit les places de Juda qu'ils avaient enlevées, et ruina leur pays jusqu'à Gaza. Mais bientôt Sennachérib, fils de Salmanasar, marcha contre Ézéchias, avee une armée formidable, pour le faire rentrer dans le devoir (713). Plusieurs places tombèrent, sans coup férir, au pouvoir des Assyriens; et le roi de Juda, frappé d'épouvante, se soumit à un tribut de 300 talents d'argeni et de 30 talents d'or, qu'il ne put payer qu'en détachant les lames d'or qui revêtaient les portes du temple.
Contre les Assyriens , Ézéchias rechercha l'appui de l'É-