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CHAPITRE XIV

- Sur la montagne , 6 princes , dressez l'étendard , élevez la voïx , faites signe de la main.

» Les hommes forts accourent ; ils seront les ministres de la fureur du Très-Haut.

« Quel bruit de nations sur les montagnes ! quelles voix de rois et de peuples assemblés ! quelle armée belliqueuse le Seigneur a appelée des extrémités du monde.

- Répandez-vous en cris plaintifs et en gémissements ; car le jour du Seigneur est proche.

« Toute main sera brisée, toute âme d'homme tremblera.

• Ils seront comme le daim qui s'enfuit, comme la brebis qui s'égare, et personne ne les ramènera vers leur peuple, personne ne les reconduira a leur cité.

■i Car quiconque sera trouvé, périra; ceux qui se réuniront tomberont sous le glaive.

■< Sous leurs yeux l'ennemi écrasera leurs fils, pillera leurs maisons, prendra leurs femmes.

« Le Mède que j'ai suscité ne cherchera ni l'argent ni l'or.

0 Mais il brisera les arcs des jeunes guerriers, et il sera sans pitié pour les enfants.

« Babylone, que ton roi nomme l'illustre, tu deviendras comme Sodome et Gomorrhe. . i

« Pour l'éternité tu seras veuve d'habitants ; jamais, dans ton enceinte, l'Arabe ne dressera sa tente; jamais le pâtre ne viendra s'y reposer.

1 Mais les bétes sauvages y feront leur repaire, les démons y établiront leurs danses, et le hérisson nichera dans tes palais superbes, o

Ailleurs, il dit encore :

-Descends, ô vierge de Babylone! descends et assieds toi dans la poussière ; car tu ne seras plus appelée la molle et voluptueuse ville de Chaldée.

- Tourne la meule, mouds le grain, rejette ton manteau et passe à pied tes fleuves. C'est le Dieu des armées, c'est le saint d'Israël qui t'entraîne.

« Marche dans les ténèbres , vis dans le repentir, û fille de la Chaldée ; car on ne t'appellera plus la forte et la puissante.

ISRAËL ET JtDA DE 721 A r.87.

» Irrité contre mon peuple, je l'ai livré à tes mains; niais tu l'as traité sans miséricorde, comme un vieillard que tu aurais courbé sous un joug pesant.

' Tu disais : Je serai pour l'éternité la maîtresse des nations. N'avais-tu donc pas compris , dans ton cœur allier , n'avais-tu pas prévu ee qui maintenant l'arrivé ï

« A présent , écoute ces paroles , toi , molle et voluptueuse fille , toi , qui dis dans ta pensée : Je sais l'unique ; il n'y en a pas une autre qui soit semblable à moi. Jamais je ne connaîtrai l'abandon , jamais je ne saurai ce que c'est que la stérilité.

■ Écoule : voici qu'au même jour arrivent pour toi la stérilité et l'abandon. Ils arrivent malgré les maléfices de tes enchanteurs , seule espérance de ta malice.

■ Tu disais : Nulle autre ne m'est semblable , et voieï venir ta ruine. Ne sais-tu pas qu'une fosse est sous tes pieds et la misère sur ta tête? désormais plus de parure.

" Appelle donc les conseillers; que les astrologues te sauvent. Sans doute ceux qui lisent au ciel sauront te dire ce qui doit l'arriver.

Mais tous ils seront jetés au feu et ils brûleront comme un bois mort; d'eux il ne restera pas même un charbon. Ouï, siège auprès d'eux, ils te seront d'un grand se-

Ainsi , tour a tour fier, ironique et menaçant, le poète prophète poursuit sa guerre contre la grande prostituée. Déjà il entend le bruit de sa chute.

n Une vision terrible comme la tempête qui souffle au désert a effrayé mon âme.

« Esclave , couvre la table; mangez, buvez, û princes! puis levez-vous et saisissez vos boucliers.

i Car voici ce que m'a dit le Seigneur : Va et mets quelqu'un en sentinelle; tout ce qu'il verra il te le rapportera.

* Je vois, dit la sentinelle, deux cavaliers; je vois un homme qui chevauche sur un âne , je vois un homme qui chevauche sur un chameau.

« Écoute, écoule attentivement.

h Voici venir un homme monté sur un rhar; il s'écrie ;

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