CHAPITRE XIV
Histoire de Judith'.
Asar -Haddon , vainqueur une première fois du royaume de Juda, ne l'avait plus inquiété; mais Saosduchéus, son iils et son successeur , avait repris ses desseins. Il envoya son général Holopherne pour soumettre le pays de l'Occident : frappées de terreur, toutes les villes se rendaient sans résistance; les enfants de Juda seuls, se confiant dans le Seigneur , osèrent se défendre. C'est alors qu'Holopherne vint mettre le siège devant Béthulie, ville forte située sur une montagne et occupée par des Israélites fidèles au vrai dieu. Le général assyrien ayant fait couper un aqueduc qui portait l'eau nécessaire a la ville, les habitants furent réduits aux dernières extrémités , et se seraient rendus aussitôt sans les courageuses exhortations de leur commandant Ozias, qui leur persuada d'attendre pendant cinq jours encore la miséricorde du Seigneur.
Il y avait alors dans la ville une jeune^veuve nommée Judith, d'une beauté et d'une sagesse incomparables. Depuis trois ans elle vivait loin du monde dans la douleur et les larmes, jeûnant tous les jours, hormis les sabbats et les fêtes, et portant un cilice. Apprenant a quelles extrémités ses concitoyens étaient réduits , Judith forma le projet de les délivrer. Sur le soir, elle avertit Ozias et les anciens de la ville, qu'elle allait sortir de Béthulie, leur demanda de prier pour elle, et cependant ne les instruisit pas de son projet. Pour la première fois depuis trois années elle quitta son cilice , reprit ses habits de fête , et se couvrit de senteurs précieuses. Puis , après s'être placée par la prière sous la protection de l'Eternel, elle partit, accompagnée d'une servante qui partait quelques provisions , et se présenta au camp des Assyriens ; les gardes avancés l'arrêtèrent et la conduisirent auprès d'Holophcrne. Le général ennemi fut touché des charmes de sa parole et de la beauté de ses traits. Il or-
I. 11 n'est nai possible d'assigner une dRle certaine S celle hisloice. fions ralTom, non comme vraie, mais comme iraisemblable, l'opinion d'Usseriuj, de i'riilclui, de Huel cl de ilnni Cahr.cl, qui la. plurent annl !» capliïil*.
donna qu'on la conduisit dans la lente oii étaient ses trésors, et, sur sa demande , il lui permit de se retirer chaque soir en un lieu écarté pour prier son Dieu.
Judith passa ainsi trois jours, ne prenant rien autre chose que les provisions apportées avec elle, afin de ne pas être souillée par une nourriture qu'auraient apprêtée des mains infidèles. Le quatrième jour Holopherne donna un grand festin, puis il fit venir Judith dans sa tente; mais, ;q.i[.Hjsan!i par les fumées du vin, il tomba aussitôt profondément endormi; les serviteurs se retirèrent, et Judith, restée seule avec lui, saisit son glaive suspendu à une colonne, au chevet du lit, cl, le frappant de deux coups, lui trancha la tète. Elle sortit aussitôt, et les gardes, habitués à la voir passer tous les soirs avec sa servante, ne l'arrêtèrent point. Elle courut vers Béthulie : « Ouvrez, ouvrez, s'écria-t-ellë, le Seigneur est avec nous. » La foule en un instant se rassemble autour de Judith. « Voici, dit-elle alors, la tête d'Holopherne, général des Assyriens ; le Dieu vivant m'est témoin que son ange a veillé sur moi et me ramène pure au milieu de vous. » Les acclamations du peuple saluèrent cette délivrance inespérée. Dès le lendemain, excités par les conseils de Judith, les habitants sortirent en armes, poussant des cris et sonnant de la trompette. L'armée assyrienne, effrayée par la mort de son général, s'enfuit de tous côtés, et fut taillée en pièces; 30 jours suffirent à peine pour enlever le butin. L'heureuse nouvelle se répandit rapidement dans toutes les villes de Juda; le grand prêtre vint luimême de Jérusalem avec les anciens pour féliciter Judith, et lui dit : " Tu es la gloire de Jérusalem, et la joie d'Israël, ta es l'honneur de noire peuple, et tu seras bénie à
Joslaa («lO OOB), Jfoacha» et Joncblm («OB-SSS). i.u captivité (S**?.
Josias, fils d'Amman, était âgé de S ans quand le peuple l'éleva sur le trône (640). Sa mère Idïda gouverna le royaume pendant sa minorité.
Dès qu'il fut maître du pouvoir, il donna des preuves SW. s. 12
sot;