CHAPITRE XIV
éclatantes de sa piété; il poursuivit l'idolâtrie, détruisit l'autel élevé par Jéroboam a lîéthel, brûla sur ses débris les ossements de ceux qui avaient adoré les idoles, et accomplit ainsi la menace faite en présence de Jéroboam : ■ Autel, autel, il naîtra un fils à la maison de David ; son nom sera Josias; il immolera sur toi les prêtres des hauts lieux qui t'encensent, il brûlera sur toi les ossements des morts. »
Quand tes hauts liens eurent été détruits et les autels profanes renversés, Josias fît exécuter de grandes réparations dans le temple de Jérusalem. Pendant ces travaux le pontife Helcias trouva un exemplaire de la loi qu'on supposa avoir été écrit de la main même de Moïse; le roi se le fit lire, et en entendant ces prescriptions depuis longtemps oubliées et les menaces prononcées contre les transgresseurs de la loi, il fut frappé de douleur et de crainte. Pour conjurer ces maux en ramenant le peuple à son Dieu, Josias, debout sur les degrés du temple, fit une lecture publique du saint livre, renouvela l'alliance avec l'Éternel et, comme Ézéchias, célébra une pàque solennelle qui réunit une fois encore avant la captivité tous les fidèles d'Israël et de Juda. Mais il fut blessé à mort dans les plaines de Mageddo, en voulant arrêter l'armée de Nécho, roi d'Egypte, qui, conseillé par les Grecs établis en grand nombre à sa cour', traversait la Judée pour attaquer l'Assyrie, alors en pleine décadence (609).
Joacbas, fils de Josias, ne régna que trois mois et alla mourir sur les bords du Nil où Nécho l'avait emmené captif au retour de son expédition d'Assyrie. Éliakim, son frère aîné, fut proclamé roi à sa place par le vainqueur, qui changea son nom en celui de Joacbim et exigea de lui un tribut de 400 talents d'argent et d'un talent d'or.
Une nouvelle révolution venait de renverser pour jamais
I. Jérémie connaissait la fâcheuse habitude prise par les Pharaons d'enlre-
lous la fuite, parce que mir eui est venu le Jour de la perdition, le jour de la vengeauce. o Chap. un, 21 . L'histoire, en effet, reconnaît aujourd'hui quo cei mercenaires oui él* une îles causes de la chute de l'Egjpte.
l'ancienne Ninive. La décadence de ce! empire avait commencé sous Saosduchéus ou Nabuchodonosor I", après la mort d'Holopherne et la défaite des Assyriens devant Béthulie. Elle continua sous Sarac ou Chinaladan, qui se rendit méprisable par sa mollesse et laissa, sans opposition, les Scythes ravager ses lïlats. Nabopolassar, gouverneur de Babylone pour Sarac, engagea les peuples de son gouvernement a se révolter contre ce prince; il s'allia ensuite avec iea Scvthes, puis avec le roi des Mèdes, Cyaxare, et marcha contre Ninive (600 av. J. C.)
« Voici venir par la montagne, s'écrie le prophète Naiium, celui qui apporte la bonne nouvelle, celui qui annonce la paix. Célèbre tes fêles, ô Juda ; que le Seigneur entende tes prières; car maintenant ils ne viendront plus contre toi, ils sont détruits, ils sont effacés.
• 0 Ninive! il monte vers toi, celui qui doit déraciner les mur3; il monte, et le souffle de sa colère te frappe au visage. Surveille les routes, prends les armes, rassemble tes forces, car le Seigneur va punir l'insolence des ennemis d'ïsraél et de Jacob.
• Je vois les armes des forts, je vois les braves qui se jouent au milieu des flammes; les chars de guerre et les cavaliers s'avancent avec grand bruit, ils se heurtent, ils se choquent dans les chemins et les places.
■ Les visages des guerriers brillent comme l'éclair, leurs jeux lancent la foudre.
« Les voici aux murailles , ils préparent leurs machines , les portes se sont ouvertes, et les palais se sont écroulés.
• 0 ville de sang! ù cité pleine de mensonges et d'iniquités ! les chasseurs ne passeront pas à coté de toi.
« J'entends le bruit des fouets, le cri des roues, les hennissements des chevaux; j'entends les chars dont l'essieu s'enflamme et les cavaliers qui montent.
> Je vois les épées qui brillent, les lances qui étincellent, les soldats percés de coups, et cette ruine immense.
• Pillez l'argent, pillez l'or, les richesses de Ninive sont infinies.
■ Ninive est détruite ! elle est renversée, tous les cœurs