CHAPITRE n
se séparèrent réconciliés. Ésaii retourna au pays de Seïr, tandis que Jacob vint planter ses tentes à Socoth, puis a Salem, ville du pays de Sichem, en la terre de Chanaan. 11 y acheta pour 100 agneaux un champ où il dressa un autel, afin d'y adorer le Dieu de ses pères.
Un jour que Dîna, sa fille, errait dans la campagne, elle fut enlevée par Sichem , fils d'Hémor , prince de celte contrée; mais ses frères Siméon et Léti la vengèrent en massacrant le ravisseur, son père et tout son peuple. De là Jacob vint à Béthel, où il éleva un autel parce que Dieu lui était jadis apparu en cet endroit. Tl y eut une seconde vision où. le Seigneur lui répéta ses promesses : ■ Tu ne seras plus nommé Jacob, mais Israël, et je te donnerai la terre que j'ai promise à Abraham et à Isaac , pour que ta race la possède après toi. »
Au printemps Jacob partit encore. Il se trouvait sur le chemin qui mène à Éphrata, quand Radie! fut surprise par les douleurs de l'enfantement. Sentant que la violence du mal la faisait mourir, elle appela son fils Benoni , le fils de ma douleur; mais Jacob lui donna le nom de Benjamin, le fils de la vieillesse. Quand Jacob eut enseveli Rachel sur le chemin qui conduit à la cité d'Éphrata, appelée depuis Bethléem, il alla visiter Isaac, son père, dans la ville d'IIébron ; le patriarche vécut longtemps encore ; il avait 1 80 ans quand il mourut, ses deux lils le réunirent à son père (1830).
Joseph eut vendu par ses Frère*.
Ésaù habitait au pays d'Êdom , où il devint le père et le chef des Iduméens. Jacob demeura dans le pays de Chanaan, s'occupant de la culture des terres et du soin des troupeaux. Il concentrait son affection presque entière sur Joseph, le premier enfant que lui eût donné Racliel, sa femme bien-aimée, pour laquelle il avait servi deux fuis sept ans. Aussi les autres fils do Jacob étaient-ils animés d'une haine violente contre leur frère. Celui-ci augmenta encore leur jalousie par la révélation de deux songes qui lui présageaient sa grandeur future : « Nous étions dans un champ
LES PATRIARCHES
à lier des gerbes , leur racontait-il , mais voilà que ma gerbe se leva et demeura debout, tandis que les vôtres se prosternaient devant elle. » Une autre fois : « J'ai rêve que le soleil, la lune et onze ('toiles s'inclinaient devant moi. - Jacob le reprit de cet orgueil, et ses frères pensèrent a s'en venger.
Un jour que Joseph était venu de la part de son père visiter les troupeaux de ses frères dans la plaine de Sichem , ils se dirent les uns aux autres : ■ Voici le songeur qui vient, tuons-le, et nous dirons ensuite qu'une bête féroce l'a dévoré. — Ne le tuez pas, dit Ituben, ne répandez pas son sang; mais jetez- le dans la citerne qui est au désert, • car il avait le dessein de le délivrer après le départ de ses frères, et de le renvoyer à Jacob. Ils le descendirent donc dans la citerne; mais une caravane d'Ismaélites qui allaient de finliiiij eu Egypte, portant sur leurs chameaux des parfums , de la résine et de la myrrhe , vint à passer ; Juda dit alors ii ses frères : « Vendons Joseph à un de ces marchands, et 11e souillons pas nos mains, car il est notre sang et notre chair. » Ils tirèrent alors Joseph de la citerne et le vendirent pour vingt pièces d'argent. Puis , prenant sa robe et l'ayant trempée dans le sang d'un chevreau , ils l'envoyèrent à leur père, en lui faisant dire : ■ Voici une robe que nous avons trouvée : voyez si ce n'est pas celle, de Joseph. • Jacob la reconnut , et crut qu'une bêle féroce avait dévoré son fils bieu-aimé. 11 déchira ses vêtements , se couvrit d'un ciliée et pleura longtemps. En vain ses enfants essayèrent de le consoler : « Je pleurerai toujours, leur disait-il , jusqu'à ce que j'aille me réunir à celui que j'ai perdu! » (1862.)
Cependant les Ismaélites vendirent Joseph à Putiphar officier du Pharaon d'I'.gypte et général de ses troupes : sa femme , animée d'une passion criminelle pour le jeune Israélite , essaya d'ébranler sa vertu , et pour échapper à ses instances , il fut un jour obligé de lui abandonner son manteau qu'elle retenait. Dans la douleur d'avoir été méprisée , cette femme dit à son mari : > L'esclave hébreu a voulu me
t. Dans lï version des Seplanlo, il esl nommé Hnifptii, nom qui est ta eftel égyptien et ïui signiEe : celui qni appartient a Pliréo (lo dieu Soloil).