CHAPITRE XVII
et Nicanor, qui, dans leur aveugle confiance, amenèrent avec eux, auprès d'Emmaûs, de nombreux marchands syriens auxquels ils promettaient des Juifs à vil prix. Cependant, rëunîs à Maspha, les soldats d'Israël jeûnèrent tout un jour, se couvrirent deciliceset de cendres, puis marchèrent à l'ennemi, animés d'un saint enthousiasme. Plus de trois mille Syriens périrent ; leur camp fut pillé.
L'année suivante (lGE>),Lysias vint lui-même avec soixante mille fantassins et cinq mille cavaliers. Judas l'attaqua avec dix mille hommes seulement et dispersa encore une fois ces forces redoutables. Alors le héros dit au peuple : * Voilà vos ennemis défaits; allons maintenant relever et purifier le saint temple. » Jérusalem était encore au pouvoir des troupes syriennes, Judas les refoula dans la citadelle et s'empara de la ville ; puis toute l'armée gravit la montagne de Sion dans un religieux silence. Mais quand elle vit le temple dévasté, le sanctuaire profané, et partout des herbes et des arbustes sauvages, qui témoignaient de l'abandon oii la maison du Seigneur avait été laissée, les gémissements éclatèrent, et tous ces glorieux soldats, tombant à genoux, se couvriront la télé de cendre et de poussière. Judas choisit des prêtres fidèles pour purifier le temple, réparer les ruines et rétablir le culte. L'autel des holocaustes avait été profané; il fut détruit et remplacé par un autre qu'ils consacrèrent en chantant, pendant huit jours, des livmncs et des cantiques. Aujourd'hui encore les Juifs célèbrent ce glorieux anniversaire. Une haute muraille garnie de tours mit le temple à l'abri des attaques de la garnison syrienne, qui se trouva elle-même comme bloquée dans la citadelle.
Quand les nations voisines apprirent que le culte du Dieu des Juifs était rétabli dans le temple de Jérusalem, et que les murs et les tours de la cité sainte étaient relevés, elles s'inquiétèrent de cette puissance qui revenait au peuple de Dieu, et des hostilités éclatèrent sur toutes les frontières; mais Judas effraya les Iduméens par la ruine d'une de leurs cités, et battit en maintes rencontres les Ammonites. Les Philistins aussi s'agitaient; il courut leur enlever Gazer. Au
LES MACCABÉES.
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milieu de ces succès dans le sud de la Palestine, il apprit que les Juifs établis au delà du Jourdain, dans le pays de Galaad, étaient assaillis par des troupes nombreuses que commandait Timothée, et que de Ptolémaïs, de Tyr et de Sidon, était sortie une armée qui menaçait la Galilée. Judas Maccabée pourvut à tout : avec Jonathas, il courut soumettre le pays de Galaad, et dispersa deux fois l'armée de Timothée. Durant cette expédition au delà du Jourdain, son frère, envoyé vers le nord, avait battu et poursuivi, jusqu'à Ptolémaïs, les forces des villes alliées. Joseph et Azarias, laissés pour chefs à Jérusalem, troublèrent seuls, par une tentative imprudente sur Jamnia, la joie causée par ces triomphes.
Pendant ces événements, Antîochus était dans la Perse. Attiré par la renommée des trésors renfermés dans Persépolis, il avait voulu s'en emparer ; mais une révolte des habitants l'avait chassé, et il fuyait honteusement vers Babylone, quand il apprit que les Juifs, plusieurs fois vainqueurs de ses armées, devenaientchaque jour plus redoutables, que la maison du Seigneur était relevée et son culte rétabli. A ces nouvelles, transporté de fureur et déjà poursuivi par la vengeance divine, il fait presser la course rapide de son char ; il va faire de Jérusalem le tombeau de tous les Juifs. A peine a-t-il prononcé ce serment que Dieu le frappe d'un mal incurable et secret, qui lui ronge les entrailles avec d'atroces douleurs. Cependant il précipite sa marche, et profère encore des menaces ; mais Dieu le renverse de son char et meurtrit tout son corps. Alors ce prince orgueilleux, qui s'était flatté un moment auparavant de pouvoir commander aux flots de la mer, de peser dans sa balance les plua hautes montagnes, et d'atteindre jusqu'aux étoiles du ciel, sentit la main du Seigneur appesantie sur lui ; les vers sortaient de son corps ainsi que d'une source intarissable, et ses chairs, tombant par lambeaux, exhalaient des miasmes insupportables à son armée et à lui-même. Averti par tous ces maux, Antiochus s'humilia; lui qui voulait raser Jérusalem et n'en faire qu'un sépulcre de morts, il témoignait alors qu'il la rendrait libre ; il promettait d'égaler aux Atb.4-