CHAPITRE XVII
niens ces mêmes Juifs qu'il avait jugés indignes de la sépulture; il s'engageait encore à enrichir de dons précieux le saint temple pillé par ses soldats, à fournir aux sacrifices, à embrasser même la religion des Juifs, et à publier dans le monde entier la toute-puissance de leur Dieu. Mais le juste châtiment du Seigneur était enfin tombé sur lui; il mourut au milieu des plus affreuses douleurs'. Son fils AntioehusV, surnommé Eupator, lui succéda.
Cependant Judas Maccabée continuait de défendre la religion et la liberté de sa patrie contre les infidèles ; et la protection du Seigneur le suivait partout. Il voulut profiter des embarras inévitables d'un nouveau règne pour s'emparer enfin de la forteresse de Sion, dont la garnison, renforcée d'un grand nombre de Juifs infidèles, rendait dangereux le séjour de Jérusalem et la visite au temple ; mais une double diversion l'obligea à en lever le siège. Il lui fallut aller combattre Gorgias du côté de la Méditerranée; et il l'avait à peine repoussé qu'il dut revenir contre Timothée, qui, a la tête d'une armée nombreuse, s'avançait pour dégager la citadelle de Sion. La bataille fut acharnée et sanglante. A la fin Judas l'emporta, poursuivit les Uigitiïs jusque dans Gazara, s'empara de celte place et passa au fil de l'épée tous ceux qui avaient cru trouver un abri derrière ses murailles; Timothée y périt ».
L'acharnement des ennemis était égal à l'opiniâtre constance des Hébreux; Lysias approchait encore avec une armée formidable. Au bruit de ces désastres, il se hâta d'entrer en Judée, mais la confiance des Juifs dans la protection divine décuplait leurs forces, et la terreur marchait devant eux, le nom seul des héros qui les avaient guidés tant de fois à la victoire jetait l'épouvante dans les rangs ennemis.
Lysias campait sous les murs de Bethsara, place forte sur le chemin de la ville sainte. Judas le vainquit, et, pour sau-
1 . Ce récit est celui un II" livre des Maccabécs, chap. a. Le 1" livre, bien moins liramahiiue, orael tous ces détails.
2. 11 j a coorusion dans le récit de tous cci coribaU, et, irei-probablemcnt, quelquefois reuétilion.
LES MACCABËES. SU
ver les débris de ses troupes, le général syrien proposa la paix; les Juifs l'acceptèrent à condition qu'ils jouiraient d'une entière liberté pour leur culte. Antiochus leur en donna par écrit la formelle assurance, et deux ambassadeurs romains alors à Antioche se rendirent garants de l'exécution du traité. Rome voyait avec plaisir les Juifs recouvrer une sorte d'indépendance, et sa politique intéressée favorisait les héroïques efforts d'un petit peuple dont la résistance épuisait les ressources des Séleucides.
Cependant la paix ne fut pas de longue durée ; les hostilités fréquentes des gouverneurs des pays voisins forcèrent Judas Maccabée de recommencer ia guerre. Encouragé par les heureux succès que le Seigneur accordait à ses armes, il reprit le dessein de chasser de la forteresse de Sîon la garnison ennemie qui bloquait le temple et en fermait aux Juifs les avenues.
Pendant qu'il faisait ce siège, le nouveau roi rassembla cent mille hommes de pied, vingt mille chevaux, trenledeux éléphants dressés au combat et portant des tours où s'étaient enfermés les plus vaillants des Syriens. Antiochus vint camper dans la plaine de Bethzacharia; Judas marcha audacieuse ment à sa rencontre. Dès que le soleil brilla, dit l'Écriture, ses rayons réfléchis sur les casques et les boucliers firent resplendir les montagnes voisines ; et, au bruit des trompettes, aus cris de cette multitude infinie, les plus fermes furent émus. Au milieu du combat, Éléazar, un des fils de Hathathias, vit un éléphant plus gros que les autres et portant une tour ornée des insignes du commandement; il crut que le roi s'y trouvait, et se faisant jour à travers tes combattants il pénétra jusqu'à l'éléphant, se glissa sous son ventre et le perça de coups répétés. Le monstrueux animai tomba et l'écrasa dans sa chute. Mais le vaillant Maccabée mourait avec joie, croyant faire périr avec lui le persécuteur de sa race.
Cependant la disproportion des forces était trop grande; après d'héroïques efforts, les Juifs prirent le parti de la retraite. Antiochus les suivit jusqu'à Jiethsara et forma le siège de celte place ; la défense fut énergique, mais la place man-