‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 146 sur 251 · CHAPITRE XYIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIL

quant de vivres se rendit. Le chemin de Jérusalem était ouvert, l'ennemi s'y précipita; il fut arrêté longtemps encore devant la ville sainte et ne pénétra dans ses murs qu'après avoir accordé des conditions honorables.

Les nouvelles qu'Antiochus avait reçues de Syrie l'avaient obligé de laisser son entreprise inachevée. Démétrius, surnommé Soter, tds de Séleucus IV et neveu d'Antîochus Epiphane, venait, en effet, surlesconseilsdel'historienPolybe, de quitter secrètement Rome où son père l'avait crivoyï: en otage. II se fit d'abord reconnaître dans une des villes de !a cote de Syrie : salué roi par les habitants, Il marcha aussitôt contre la capitale. Quand l'armée apprit cette, nouvelle résolution, déjà mécontente <ki jeune roi, irritée contre Lysias, son ministre, elle se saisit d'eux et les fit mourir. Démétrius régna dès lors sans partage ; il ne tarda pas à intervenir dans les affaires de la Judée.

Alcime , élevé par Antiochus V à la grande sacriticature , trouvait dans Judas un obstacle redoutable à son usurpation ; il se rendit auprès du nouveau roi , lui témoigna par des présents son respect et son dévouement, et demanda son appui contre les patriotes qu'il accusait de troubler la pais du pays. Baechides , général de Démétrius , conduisit en effet Alcime à Jérusalem et lui laissa des soldats pour sa garde. Mais une trahison du grand prêtre, qui fit assassiner soixante des compagnons de Judas , fit éclater de nouveau la guerre entre les hasidim , ou pieux , el les amis de l'étranger. Un autre général syrien, Nicanor, voulut encore s'interposer comme médiateur. Sa partialité en faveur du prêtre infidèle força Judas à rompre les négociations et à reprendre les armes. Nicanor fut battu et perdit cinq mille hommes. Rentré dans la forteresse de Jérusalem , il traita les prêtres avec mépris , et leur dit , en levant la main vers le sanctuaire : - Si on ne me livre Judas avec son armée , je brûlerai ce temple et son autel. » Mais ces menaces, îl ne pouvait les accomplir qu'après une victoire. Les deux armées se retrouvèrent encore en présence près de Béthoron. Judas Maccabée et ses soldats, qui attendaient avec confiance le secours de Dieu , n'hésitèrent pas à engager le combat; et

LES MACCA.BËES.

bientôt la victoire fut décidée. Trente-cinq mille hommes périrent du coté des ennemis. Nicanor avait été tué un des premiers. Sa main , qu'il avait osé lever contre le temple, fut clouée a un poteau en face du sanctuaire , et sa téte exposée au haut de la forteresse , comme un signe visible de la puissance de Dieu.

Malgré tant de succès , la guerre ne unissait pas. Juda comprit qu'il épuiserait difficilement les forces du roi de Syrie. Pour se fortifier contre lui par une alliance redoutable, il envoya des députés à Rome ; un traité fut conclu , et Démétrius reçut des lettres menaçantes dans lesquelles le sénat lui faisait craindre d'être attaqué par mer et par terre , si les Juifs se plaîgaaient de nouveau.

Mais déjà il avait envoyé Bacchide contre Judas Maccabée avec la meilleure partie de ses troupes. Bacchide marcha sur Jérusalem et s'arrêta près de Beth-Rétho; son armée était nombreuse , elle comptait vingt mille hommes de pied et deux mille chevaux. Les Juifs , effrayés , se dispersi- i ml, et huit cents hommes seulement restèrent auprès de Judas : » Si notre beure est arrivée , dit le héros à ceux qui l'entouraient , mourons courageusement pour nos frères et qu'aucune tache ne souille notre gloire. •> Puis il engagea le combat avec les plus vaillants de sa troupe. Il avait déjà enfoncé l'aile droite, commandée par Bacchide, quand l'ennemi, vainqueur de ses frères à l'aile gauche , se replia pour l'envelopper. La résistance fut longue et meurtrière; à la fin Judas tomba : » Cet homme, dit Fléchier, qui portait la gloire de sa nation jusqu'aux extrémités de la terre, qui couvrait son camp du bouclier, et forçait celui des ennemis avec l'épée, qui donnait à des rois ligués contre lui des déplaisirs mortels , et réjouissait Jacob par ses vertus et ses exploits ; cet homme , que Dieu avait mis autour d'Israël comme un mur où se brisèrent tant de fois toutes les forces de l'Asie, poussant enfin avec un courage invincible les ennemis qu'il avait réduits à une fuite honteuse, reçut le coup mortel et demeura comme enseveli dans son triomphe. Au premier bruit de ce funeste accident, toutes les villes de Judée furent émues ; des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous

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