‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 147 sur 251 · CHAPITRE XVlI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVlI

les habitants. Ils furent quelque temps saisis , muets , immobiles. Un effort de douleur rompant enfin ce morne et long silence , d'une voix entrecoupée de sanglots ils s'écrièrent : « Comment est mort cet homme puissant qui sauvait le peuple d'Israël ? « A ces cris Jérusalem redoubla ses pleurs , les voûtes du temple s'ébranlèrent , le Jourdain se troubla , et tous les rivages retentirent du son de ces lugubres paroles : « Gomment est mort cet homme puissant qui sauvait Israël 1 >.

JmiBthas (IM-lll),

Après la mort du défenseur de Jérusalem , ses partisans se dispersèrent , et le général syrien Bacchide resta maître du pays , oit il exerça d'affreuses cruautés; poup comble de maux la famine désolait la Judée. Alors les Juifs mirent encore une fois leur espérance dans l'héroïque famille de Mathathias, et les patriotes appelèrent à leur tète Jonathas , un des frères de Judas. Bacchide voulut se saisir de lui et le faire mourir , mais il s'enfuit au désert de Ttiécoa , d'où il fit des courses continuelles contre les Juifs résignés a la domination étrangère. Un jour Bacchidel'atteignitsurles bords du Jourdain. Après avoir vaillamment combattu , Jonathas traversa le fleuve a la nage sou3 les traits des ennemis , et dès qu'ils se furent éloignés , il recommença sa guerre d'escarmouches et de surprises soudaines. Bacchide, fatigué de cette lutte , couvrit le pays de forteresses et retint en otage a Jérusalem les enfants des premières familles. Ces précautions ne purent l'empêcher d'être de nouveau battu. Effrayé d'ailleurs par les lettres du sénat oii son maître avait lu l'alliance du peuple romain avec les Juifs , il se décida enfin a traiter et quitta la Judée en promettant de n'y plus reveitir. Jonathas fixa sa demeure à Machinas et pour un temps jugea en paix le peuple d'Israël av. J. C. ).

Afin de consolider cette tranquillité, Jonathas renouvela avec le sénat et le peuple romain l'alliante conclue par Judas Haecabée. Mais après qaelques années de repos utilement employées au bien de eou peuple , Jonathas se trouva

LES MACCABÉES.

mêlé a de nouvelles guerres. Alexandre Bala , qui se prétendait fils d'Antiochus Ëpiphane, disputait le trône à Démétrius Soter. Les deux compétiteurs cherchèrent à attirer Jonathas dans leur parti. Alexandre lui envoya une robe de pourpre et une couronne d'or , avec une lettre dans laquelle il Je nommait grand prêtre des Juifs. Avec cette lettre jonathas fit reconnaître son autorité dan.-; Jérusalem , en répara et en augmenta les fortifications , puis leva des troupes pour aider Alexandre contre Démétrius, dont les promesses ne purent ébranler sa fidélité. Démétrius; ;i\ ant perdu dans une bataille la couronne ei la vie , Jonathas alla complimenter le vainqueur à Ptolémaïs , et assista dans cette ville aux noces d' Alexandre avec la fille du roi d'Egypte. Le fils de Matha- Ihias , le rebelle tant de fois poursuivi , maintenant chef de son peuple, siégeait donc avec les rois, digne récompense de sa constance héroïque ! < -1 ;S0 av. J. C. )

Cependant Démétrius Nicanor , file de Démétrius Soter , réclama la couronne , et trouva dans Apollonius, gouverneur de laCœlésyrie , un général habile qui lui soumit , en peu de temps, une grande partie de l'empire. Mais Jonathas, qu'Apollonius avait tiivové délier dans Jérusalem en termes insultants, arrêta le cours de ses succès. Avec dix mille hommes divisés en deux corps , dont l'un était commandé par son frère Simon , il prit Joppé , défit Apollonius dans la plaine d'Azoth , brûla celte place avec son temple de Dagon, et rentra dans Jérusalem chargé d'un nouveau butin. En reconnaissance Alexandre lui envoya l'agrafe d'or que portaient les princes du sang, et lui donna la ville d'Accaron. Ces succès retardèrent pour quelque temps le triomphe de Démétrius. Mais Alexandre Bala n'eut pas à profiter longtemps des victoires de son allié ! attaqué par son beau-père, il fut précipité du trône et forcé de s'enfuir chez, les Arabes , qui le tuèrent. Ptolémée lui-même ne put jouir de son usurpation, car il mourut trois jours après , et Démétrius monta eans obstacle sur le trône de Syrie.

Ce prince, oubliant ko services que le chef des Juifs avait rendus a Alexandre Bala, reçut ses présents et l'assurance de sa fidélité. Il consentit même a affranchir pour 300 ta-

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lenls, la Judée , la Samario et la Galilée de tout tribut. 11 mît bientôt l'alliance des Juifs à l'épreuve. Tryphon , ancien partisan de son compétiteur, avait ramené d'Arabie , pour le lui opposer , Antioehus , fils d'Alexandre Bala. Déjà Démétrius était assiégé dans son palais par les révoltés; il allait périr, quand Jonalhas , à la tûte de trois mille Juifs, entra dans Antioche , le délivra, et raffermit la couronne sur sa tête. Ce service était trop grand ; au lieu de reconnaissance , i! n'attira au héros juif que la jalousie et la haine du prince, Démétrius résolut de s'en défaire ; mais son projet fut découvert , et Jonalhas l'abandonna dès lors aux attaques de ses ennemis.

Antioehus VI, surnommé Théos, s'empressa de faire alliance avec Jonalhas ; il lui accorda les plus grands privilèges , et donna à son frère Simon le gouvernement de toute la côte , depuis Tyr jusqu'aux frontières d'Égypte. Jonathas, dévoué aux intérêts du nouveau roi, battit, près d'Azor, une armée levée par Démétrius , et soumit au jeune Antioehus Théos tout le pays jusqu'à Damas. Mais sa fidélité causa sa mort. Soupçonnant que Déodote Tryphon , principal ministre du jeune prince , aspirait pour lui-même à la couronne, il voulut dévoiler sa trahison et marcha contre lui. Tryphon le prévint , alla à sa rencontre et lui persuada de le suivre à Ptolémaïs , qu'il voulait , disait-il , lui remettre comme gage de sa foi. A peine l'y eut-il amené qu'il en lit fermer les portes , et lui déclara qu'il était son prisonnier. Simon envoya au traître 100 talents d'argent poûr la rançon de son frère ; Tryphon reçut l'argent , puis il fit égorger Jonathas avec ses enfants et milla de ses gens.' Antioehus eut quelque temps après le même sort, et Tryphon prît le litre de roi.

Simon (143-131), et Jean iivn-nii (13S-I03).

T)es cinq fils du >ïat.h ailiias, -il ne restait plus que Simon : le peuple le nomma souverain pimlil'i; à lu place de Jonalhas. Indigné des crimes et de la tyrannie de l'usurpateur, il s'allia contre lui avec Démétrius Nicanor. Ce prince lui re-

LES MACCABÉES.

nouvela toutes les promesses et tous les avantages qu'il avait faits à son frère, et lui concéda en propre les villes qu'il avait fortifiées. Simon, puissant alors par son administration habile et par la faveur de Démétrius , résolut de "délivrer entièrement Israël du -joug des étrangers. Les Syriens occupaient encore la forteresse de Jérusalem ; il les attaqua, et, plus heureux que Judas et Jonalhas, il les chassa. Libre désormais de donner tous ses soins à la prospérité de la nation, il s'appliqua à faire fleurir le commerce et l'agriculture, et s'empara du port de Joppé pour ouvrir des communications entre la Judée et les pays que baigne la Méditerranée. Les Romains renouvelèrent aussi l'alliance conclue avec ses frères. Sous ce gouvernement heureux et pacifique , chacun, dit l'Écriture , se tenait assis sous sa vigne et sous son figuier. Les promesses de Zacharie s'éiiiiiiiit accomplies. On voyait, sur les places de Jérusalem, des vieillards appuyés sur un bâton, à cause du grand nombre de leurs jours, et là ville était remplie do jeunes garçons et de jeunes filles qui dansaient et chantaient sur les places publiques. Pour reconnaître tant de bienfaits, les Juifs déclarèrent que Simon et sa postérité jouiraient du pouvoir royal, jusqu'à la venue d'un prophète véritable, et cette déclaration gravée sur l'airain fut exposée sous les galeries du temple.

Depuis près de dix ans déjà, les Juifs goûtaient les douceurs d'une paix désirée si longtemps, quand Anliochus Sidétès, frère de Démétrius Nicanor et son successeur au trône de Syrie, rompit l'alliance qu'il avait conclue luimême, et voulut exiger un tribut. Simon le refusa;- Antiochus dirigea aussitôt sur la Judée une armée nombreuse contre laquelle Simon envoya deux de ses fils, Judas et Jean Hyrcan. La rencontre eut lieu a Modin ; les Syriens furent vaincus presque sans combat et prirent honteusement la fuite. Quelque temps après celte victoire, Simon inspectait les villes de la Judée ; il écouta l'invitation perfide du gouverneur de Jéricho, Ptûlémée son gendre, qui l'engageait il venir visiter une forteresse nouvelle, afin de l'assassiner avec ses enfants et de s'emparer du pouvoir; Simon vint s'offrir à ses coups, et périt égorgé avec Muthathîas et Juda

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