CHAPITRE
emportez votre blé, mais ramenez votre plus jeune frère, afin de confirmer votre parole el de sauver celui-ci . « Il montrait Siméon qu'on enchaînait sous leurs yeux, puis il leur permit de partir.
De retour au pays de Chanaan , les neuf frères racontèrent à Jacob les événements du voyage et la promesse qu'ils avaient faite au ministre du Pharaon. Jacob leur dit . « Vous m'avez enlevé les plus chers de mes fils : Joseph n'est plus, Siméon est captif, vous voulez prendre encore Benjamin ! Non, mon fils n'ira point avec vous en Egypte; ce voyage pourrait lui être funeste, elje descendrais trop malheureux au tombeau ! >
Cependant la famine se faisait toujours sentir au pays de Chanaam. Jacob pressait ses fils de retourner en Egypte, mais ils ne voulurent point partir sans Benjamin. Juda dit a Jacob : « C'est moi qui serai garant pour Benjamin , c'est à moi que tu le redemanderas , et si je ne te le ramène , que je sois à jamais coupable devant loi. — Partez donc, dit Jacob. » Cette fois, Joseph reçut ses frères avec bonté ; il les fit asseoir il sa table , et tous s'étonnaient que la part de Benjamin fût cinq fois plus grande que celle de chacun d'entre eux. HaÏ3 Joseph voulut encore éprouver ses frères ; il dit à son intendant de mettre sa coupe (l'argent dans le sac du plus jeune , et lorsqu'ils se furent éloignés, l'intendant se mit à leur poursuite et les amHa en disant : «Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ? Vous avez dérobé la coupe de mon maître. » Tous répondirent : « Nous n'avons pas fait une pareille chose, si quelqu'un de nous a celle coupe , qu'il meure , et nous , nous serons esclaves de ton suifiiicur. >■ L'intendant fouilla les sacs et trouva la coupe dans celui de Benjamin ; ses frères déchirèrent leurs habits et retournèrent à la ville, pleins de douleur. » Dieu a prouvé l'iniquité de les serviteurs. Mous voici tes esclaves, » direntils ii Joseph. Mais il leur répondit ; •> L'homme entre les mains duquel on a trouvé la coupe restera seul auprès de moi. Quant à vous , retournez en paix vers votre père. » Juda s'approcha et lui dit : «Permets que ton serviteur reste esclave à la place de Benjamin ; j'ai répondu de sa vie à Ja-
LES PATRIARCHES
cob , et comment pourrai-je retourner près de lui si Benjamin n'es! pas avec moi 1 « Joseph ne put se contenir davantage ; il s'écria : " Faites sortir tout le monde d' auprès de moi. ■ Puis sa voix éclata eu pleurs : « Je suis Joseph , mon père vit-il encore? Approchez et ne vous affligez pas de m' avoir vendu ; c'est Dieu qui voulait m'envoyer où je suis venu , afin que je pourvusse à votre conservation ; car , pendant cinq années encore, il n'y aura ni culture ni moisson. Hâtez-vous donc d'aller vers mon père , et qu'il descende vers moi ; je lui ferai donner la terre de Gessen , fertile en pâturages. » Ensuite il serra Benjamin dans ses bras , et embrassa tendrement tous ses frères. Le bruit de cette reconnaissance se répandit.
Le Pharaon et sa cour prirent part à la joie du ministre , et d'après l'ordre de son seigneur , Joseph combla ses frères et surtout Benjamin de riches présents; il leur donna des chars , des vivres pour le voyage et le retour , et envoya à son père dix ânes chargés de ce qu'il y avait de plus précieux en Egypte.
Jowpli établit les Hébreu dans la (erre de Gestieii-
Jacob ne pouvait croire au récit de ses fils ; mais quand il vit les chars et les présents , il se ranima et dit : » Mon fils Joseph vit encore ! Je veux aller et le voir avant de mourir." 11 partit aussitôt, accompagné de tous les siens. Joseph, averti de son approche, vint a sa rencontre jusqu'au pays de Gessen. «Maintenant je puis mourir, disait le patriarche, puisque j'ai vu ton visage. — Je vais annoncer votre arrivée au Pharaon , dit Joseph a son père et à ses frères , et lorsqu'il vous appellera et vous demandera quel est votre état, vous direz : Vos serviteurs ont été , comme leurs pères, toujours occupés du soin des troupeaux, afin qu'il vous établisse au pays de Gessen. » C'est ainsi que Jacob et ses descendants , au nombre de soixante- six , reçurent cette terre fertile aux extrémité!, de l'Egypte , entre la mer Rouge et le Nil, et grâce aux bienfaits de Joseph , ils n'y soulïriient pas durant les années de famine (1 840 J.