CHAPITRE SIX
ouest de la montagne des Oliviers, s'étend la vallée de Josaphat. Là se trouvent les tombeaux des Juifs. Voici ce qu'en dit M. de Chateaubriand: ■ Les pierres du cimetière des Juifs se montrent comme un amas de 'débris au pied de la montagne du Scandale, sous le village arabe de Siloan. On a peine à distinguer les masures de ce village des sépulcres dontelles sont environnées. Trois monuments antiques, les tombeaux de Zacharie, de Josaphat et d'Absalon se font remarquer dans ce champ de destruction. A la tristesse de Jérusalem , dont il ne s'élève aucune fumée , dont il ne sort aucun bruit; a la solitude des montagnes, où i'on n'aperçoit pas un être vivant; au désordre de toutes ces tombes fracassées, brisées,' demi-ouvertes, on dirait que la trompette du Jugement s'est déjà fait entendre , et que les morts vont se lever dans la vallée de Josaphat. »
En face du village de Siloan, au pied du Moria, est la fontaine dite de Marie. C'est peut-être la même qui, dans la Bible, est appelée la fontaine Roghel ou du Foulon [Jos., ït, 7). Entre le Sion et le Morîa, là où la vallée de Josaphat vient se joindre à la vallée de Hinnom , se trouve la source de Siloé, qui jaillit d'une roche calcaire. C'est la seule source d'eau vive que possède Jérusalem ; ses eaux se divisent en deux branches et forment deux étangs, qui existaient déjà du temps d'Isale , et qui servaient alors comme aujourd'hui à laver le linge.; L'un appelé par Isaîe l'Etang supérieur (ch. vti , v. 3) , l'autre l'Étang inférieur ( ch. xxn , v. 9 ) ; le premier , qui arrosait les jardins royaux , est appelé l'Étang royal ( Néhém., ch. xiv ). Toutes les fois que Jérusalem était menacée d'un siège , on détournait l'eau du Siloé et on bouchait la source , de sorte que la ville était toujours suffisamment pourvue d'eau, tandis que les assiégeants en manquaient. Ce moyen fut également employé par Éiéchias, lors du siège des Assyriens, et, a l'époque des croisades, Saladin força par là Richard Cœur de Lion de renoncer au siège de Jérusalem. Près de là on montre , à coté d'un mûrier blanc, l'endroit du chêne Roghel où , selon la tradition, Isaïefulsciéen deux par ordre du roi Hanassé, et où il fut enterré.
Au midi du Sion , au delà de la vallée de Hinnôm , on montre Hakel-Dama ou le Champ du sang, acheté 'des trente pièces d'argent de Judas, et derrière ce champ le mont du Mauvais-Conseil, dont sa paroi septentrionale renferme beaucoup de tombeaux taillés dans le roc.
Dans le vallon, a l'ouest de la ville appelée Guihon , on trouve une piscine portant le même nom ; elle est presque à sec et on ne voit pas de source dans ses environs; ce qui peut faire supposer qu'elle était destinée à recevoir les eaux de pluie descendant des hauteurs voisines. En tournant de là au nord de la ville on rencontre, avant d'arriver à la porlo de Damas , une grotte dans laquelle , dit-on , Jérémie composa ses lamentations. Elle a environ 10 mètres en long el en large et 13 mètres de profondeur. Le toit est soutenu par deux colonnes. Il ne faut pas la confondre avec une fosse qui se trouve plus à l'est et qu'on appelle la prison de Jérémie. A trois ou quatre portées de fusil de la grotte on trouve un des plus beaux monuments d'architecture ancienne; c'est ce qu'on appelle les Sépulcres des rois. Il ne faut pas penser ici aus tombeaux des rois de Juda, car nous savons par la Bible que ces tombeaux se trouvaient sur le mont Sion'. D'ailleurs ou reconnaît l'art grec dans les ornements. Po~ coke et Clarke ont pris les sépulcres des rois pour le monument d'Hélène, reine d'Adribène, dont parle Josèphe; mais cet écrivain distingue expressément le monument d'Hélène des grottes royales , qui sont sans aucun doute les sépulcres en question. Ce qu'il y a de plus probable , c'est que ces sépulcres datent des derniers rois de la Judée, successeurs d'Hérode. Nous reproduisons ici la description qu'en a donnée M. de Chateaubriand : - En sortant de Jérusalem par la porte d'Ëphraïm, on marche pendant un demi-mille sur le plateau d'un- rocher rougeùtre où croissent quelques oliviers. On rencontre ensuite au milieu d'un champ une excavation assez semblable aux travaux ahan-
1. M. de Snulr;' KoulienL, Jaiia sou J'ry-^r' m; a- ww Uhliqncs, 1. II, p. 519 et suif., i[ûc cl-j !0]i)bi;;iiii sim! liicn i>rus (('■s mis de Juik.