‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 165 sur 251 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

douce vous conduit au fond de cette excavation , où l'on entre par une arcade- On se trouve alors au milieu d'une salle découverte , taillée dans le roc. Cette salle a 10 mètres de long sur 30 mètres de large , et les parois du rocher peuvent avoir i a !î mètres d'élévation. Au centre de la muraille du midi , vous apercevez une grande porte carrée , d'ordre dorique , creusée de plusieurs mètres de profondeur dans le roc. Une frise un peu capricieuse, mais d'une délicatesse exquise, est sculptée au-dessus de la porte : c'est d'abord un triglyphe, suivi d'une métope ornée d'un simple anneau; ensuite vient mie grappe du raisin entre deux couronnes et deux palmes. Le triglyphe se représente , et la ligne se reproduisait sans doute de la même manière , le long du rocher ; mais elle est actuellement effacée. A 48 centimètres de cette frise règne un feuillage entremêlé de pommes de pin et d'un autre fruit que je n'ai pu reconnaître, mais qui ressemble à un petit citron d'Egypte. Cette dernière décoration suivait parallèlement la frise, et descendait ensuite perpendiculaî renient le long des deux côtés de la porte.

" Dans l'enfoncement et dans l'angle à gauche de cette grande porte s'ouvre un canal où l'on marchait autrefois debout , mais où l'on se glisse aujourd'hui en rampant. Il aboutit par une pente assez roide , ainsi que dans la grande pyramide , à une chambre carrée , creusée dans le roc avec le ciseau et le marteau. Des trous de 2 métros de long sur 1 mètre de large sont pratiqués dans les murailles , ou plutôt dans les parois de cette chambre pour y placer des cercueils. Trois portes voûtées conduisent do cette première chambre dans les autres demeures sépulcrales d'inégale grandeur, toutes formées dans le roc vif, et dont il est difficile de comprendre le dessin , surtout à la lueur des flambeaux. Une de ces grottes , plus basse que les autres et où l'on descend par six degrés, semble avoir renfermé les principaux cercueils. Ceux-ci i.''taiuiit iriioi'aU'in^nt disposés de la manière suivante : le plus considérable était au fond de la grotte , en face de la porte d'entrée, dans la niche ou dans l'étui qu'on lui avait préparé; des deux cotés de la porte deux petites voûtes étaient réservées pour les morts moins

illustres, et comme pour les gardes de ces rois, qui n'avaient plus besoin de leur ascours. Les cercueils , dont on no voit que des fragments , étaient de pierre et ornés d'élevantes arabesques.

" Ce qu'on admire le plus dans ces tombeaux , ce sont les portes de ces chambres squilcrulffl ; elles sont de la même pierre que la grotte , ainsi que les gonds et les pivots sur lesquels elles tournent. Presque tous les voyageurs ont cru qu'elles avaient été taillées dans le roc même, mais cela est visiblement im possible, cumins le. prou vu très-bien le P. Nau. <■ Thovenot assure nu'e.o grattant un peu la poussière on aper- ■ çoit la jointure des pierres, qui y orilélé mises après que les u portes ont été posées avec leurs pivots dans les trous » J'ai cependant gratté la poussière, èl je. n'ai point vu ces marques au bas de la seule porte qui reste debout ; toutes les autres sont brisées et jetées en dedans des grottes. » En allant un peu au nord-ouest, on trouve d'autres tombeaux <m'on donne pour ceux- des ju<:i;s d'Israël. On prétend qu'Otlioniel , Gédéon , Samson, Jephté , et d'autres anciens d'Israël y sont enterrés. Maintenant ces tombeaux offrent souvent une retrait* aux bergers. »

Avant de quitter Jérusalem pour continuer notre voyage vers le midi , nous ferons encore une exeursion à Betliphage el Béthania, villages célèbres dans les Évangiles , et qui étaient situés a l'est de la montagne des Oliviers, sur la route de Jéricho. Ge fut à Ketbphage que Jésus fît chercher l'âne sur lequel il fit son entrée à Jérusalem. Depuis longtemps il n'existe plus de trace de ce village. Quaresmius dit ( t. Il, p. 333 ) que , de son temps , on montrait encore l'endroit m'i b était situé. liétlmnia es! à environ :S kilomètres de Jérusalem, la demeurait Lazare avec ses sœurs Marie et Marthe ; et Jésus y passait souvent les nuits dans les derniers temps de sa vie , lorsqu'il ne se croyait plus en sûreté à Jérusalem. Maintenant Béthania est un petit village de la plus misérable apparence. On y trouve quelques familles arabes dont les chefs mettent à profit la crédulité des pèlerins , en leur faisant montrer, pour une rétribution, la maison de Lazare et son tombeau taillé dans le roc. A

pas possible d'en voir qui lui soit comparable. On en trouve la description dans l'Itinéraire de M. de Chateaubriand; elle a douze mètres de long , trois mètres et demi de large, et trois mètres de haut. Elle est taillée dans le roc; les parois de ce roc sont revêtues de marbre, et la porte de la grotte est également d'un marbre précieux. Trente-deux lampes éclairent cette grotte. La place qu'on donne pour celle de la naissance de Jésus est du côté de l'orient ; elle est marquée par un marbre blanc entouré d'un cercle d'argent, radié en forme de soleil. Autour on lit celle inscription : Hic de virgine Maria Jésus Christvs nains est. La crèche se trouve à sept pas de là , vers le midi. On va même jusqu'à montrer , à deux pas de la crèche , la place où Marie était assise lorsqu'elle présenta l'enfant aux adorations des mages; on y a élevé un autel. Enfin , on montre au pèlerin une chapelle souterraine ou la tradition place la sépulture des enfants massacrés par l'ordre d'Hérode , et près de la on voit la grotte de saint Jér&me avec son tombeau et ceux de sainte Paule et de sainte Eustochie. A côté de l'église , au midi , est le couvent des Grecs, et, à l'ouest de ce dernier, celui des Arméniens. A deux kilomètres de Bethléhem, au nord-ouest, on montre le tombeau de Rachel, épouse du patriarche Jacob. On lit dans la Genèse (xxsv, 20) que Jacoby éleva un monument. Benjamin de Tudèle et le rabbin Pé taenia y trouvèrent un monument composé de onze pierres selon le nombre des onze fils de Jacob. Il était surmonté d'un dôme qui reposait sur quatre colonnes. Edrisi dit : « Sur ce tombeau sont douze pierres placées debout; il est surmonté d'un dôme construit en pierres. » Le monument qu'on y voit maintenant n'est plus le même ; c'est un petit édifice carré , de fabrique turque, surmonté d'un petit dôme. L'abbé Mariti croit qu'il ne date que de 1679.

Au midi de Bethléhem, un chemin pierreux d'environ quatre kilomètres conduit à trois réservoirs d'eau qui sont d'une haute antiquité, et qu'on fait même remonter jusqu'à Salomon. Ils sont placés sur une pente ; le plus élevé verse son eau dans le deuxième, d'où elle coule dans le plus bas. Selon Richardson , le premier a cent cinquante -six mètres

de long , le deuxième cent quatre-vingt-quinze , et le troisième deux cent quatorze; leur largeur est de quatrevingt-huit mètres; ils sont taillés dans le roc, d'une forme carrée, et ils avaient en haut un encadrement de pierre, comme l'a observé l'abbé Mariti. Le premier de ces réservoirs reçoit son eau d'une fontaine qui en est éloignée d'environ cent quarante pas, et qu'on appelle la Fontaine scellée, par allusion a un passage du Cantique des Cantiques. Les Arabes l'appellent plus communément Râs-el-Ain (tête de la source). A coté des réservoirs est un aqueduc construit en briques, par lequel une partie de l'eau de la Fontaine scellée était conduite à Jérusalem. Maintenant il se trouve en fort mauvais état ; mais il est intéressant pour l'archéologue à qui il présente, ainsi que les réservoirs, un véritable monument hébraïque. La Fontaine scellée ne coule plus avec abondance : aussi les réservoirs eont-ils presque à sec. Aut trefois ils arrosaient le vallon qui se trouve près de là, el qu'on appelle le jardin fermé de Salomon (Cantique, iv, iî), sans doute parce qu'il est entouré de collines.

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