CHAPITRE
de Jacob fut déposé dans le champ d'Éphron où avaient été ensevelis déjà Abraham et Sara, Isaac et Rébecca, et où Jacob lui-même avait porté Lia , sa première femme ( 1 823 ).
Apres s'être acquitté de ce pieux devoir , Joseph revint en Egypte. Il y vieillit en paix et plein de gloire , et vit naître les enfants de ses petits- enfants. Enfin , se sentant mourir , à l'âge de cent dix ans (1 770), il dit à ses frères : « Dieu vous visitera après ma mort, et il voua ramènera de cette terre en celle qu'il a montrée a Abraham , à Isaac et a Jacob , et alors vous emporterez avec vous mes os. >• Moïse , en effet , emporta ses restes , et après la conquête de la terre promise , ils furent ensevelis dans le champ de Sichem que Jacob avait acheté cent agneaux aux Amorrhéens.
Histoire de Job ; su richesse et sa puissance.
De cette vie d ; :.s patriarches , surtout de la haute moralilé de ces hommes du désert , il reste un admirable monument dans le livre de Job. Nulle part il ne se trouve d'aussi grandiose poésie.
Il y avait dans l'Ausitide un homme du nom de Job ; c'était un juste , aimant la vérité , craignant Dieu et fuyant le mal. Il avait sept fils et trois filles. Ses richesses étaient grandes , ses serviteurs nombreux et son nom illustre parmi tous ceux qui habitaient aux pays de l'Orient. " Alors , dit-il lui-même , Dieu était mon prolecteur , sa lumière étincelait au-dessus de ma tête , et ses rayons me guidaient dans les ténèbres. Alors il siégeait avec moi sous la tente du conseil , et mes serviteurs se tenaient debout à mes côtés.
« Quand je sortais, au matin, on me dressait sur la place un siège élevé ; et, à mon approche, les jeunes hommes se retiraient, les vieillards se levaient, et les chefs cessaient leurs discours.
i Ceux qui m'i'coutaieiit célébraient mon bonheur ; ceux qui me voyaient me rendaient témoignage; car je sauvais, le pauvre de la main du fort, et je protégeais l'orphelin sans appui.
« Le mourant et la veuve me bénissaient, parce que j'a-
LES PATRIARCHES
vais choisi la justice pour ma parure ; parce que je brisais la tête de l'impie et lui arrachais sa proie des dents.
« J'étais l'œil de l'aveugle et le pied du boiteux; j'étais le père des faibles.
« Et je me disais : Je vieillirai comme le tronc du palmier, et je vivrai de longs jours. Mes racines ont touché la source féconde, et la rosée du ciel descend sur mes rameaux.
- Ma gloire grandira encore et mon arc se fortifiera dans ma main. Et tous m'écoutaient en silence, tous attendaient mes conseils. Comme la terre desséchée reçoit la pluie du ciel, ainsi ils recevaient mes paroles.
«Parmi eux, je siégeais comme leur prince, j'étais comme un roi puissant, comme un consolateur au milieu des affligés. «
Mais au milieu de sa i>rn$]-it'ritt'>, ,li>b n'oubliait pas le Seigneur; tandis que ses enfanls vivaient dans la joie, au milieu de festins continuels, lui, chaque matin, il immolait des victimes à Jéhovah pour effacer les péchés de ses fils.
IMen éprouve *ob.
Or, un jour, les anges du Seigneur parurent devant son trône ; Satan , le ministre de ses vengeances , était avec eux. « D'où viens-tu? • lui demanda Jéhovah. * J'ai fait le tour de la terre. — Et n'as-tu pas vu Job, mon serviteur* Il n'y en a pas qui soit comme lui , juste , aimant la vérité et craignant le mal. — Sa piété est-elle donc gratuite? reprit l'ange du mal, ne l'en avez-vous pas récompensé par les bénédictions que vous avez répandues sur lui et sur sa maison? Mais que votre main le frappe, et vous le verrez vous maudire en face. — Eh bien ! va donc, je t'abandonne tout ce qui lui appartient, mais ne touche pas à lui-même, o
Aussil&t la terrible épreuve commence. Une tribu d'Arabes pillards lui enlève ses bceufs et ses ânesses ; le feu du ciel dévore ses troupeaux ; des cavaliers lui prennent ses trois mille chameaux, et un vent furieux, soufflant du désert, renverse la maison où. ses enfants étaient rassemblés, et les