‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 19 sur 251 · CHAPITRE D · texte numérisé non relu

CHAPITRE D

• J'eî vu l'insensé dont le bonheur semblait aussi inébranlable que le chine ans profondes racines, el en un instant j'ai vu crouler sa demeure. Ce qu'il avait amassé, les justes en faisaient leur butin; mais eui-mémes ils n'étaient putt a l'abri do malheur ; car l'homme est né [mur la douleur, comme le petit du vautour pour voler au baul des airs.

« Heureux celui que Jéhovah reprend lui-même ! Ne repousse pas, ô Job! l'avis du Seigneur. »

Mais Job justifie ses plaintes, et de peur de perdre la patience, il demande à mourir. « Qu'est-ce que la vie de l'homme sur cette terre, s'écrie-t-il, sinon celle de l'esclave et du mercenaire? comme l'esclave qui redoute son maître, il cherche l'ombre et l'oubli ; comme le mercenaire, il demande son salaire. Déjà bien des nuits de douleur, bien des mois de souffrance m'ont été comptés.

<■ Dès qu'arrive la nuit, je m'écrie : Quand viendra le jour ? et au matin j'appelle le soir. Car du soir au matin la souffrance me déchire. Les vers me rongent , mes ulcères suintent goutte à goutte, et je souille la terre tout autour de moi . J'ai perdu l'espérance !

* Ma vie n'est plus qu'un souffle, et jamais mes yeux ne reverront le bonheur. Comme la nuée qui peu à peu s'efface au ciel, ainsi l'homme descend à l'empire des ombres! Un instant encore, et je serai couché dans la poussière ; au matin, vous me chercherez et je ne serai plus. ■

Cependant cette mort qu'il envie, cette fin de ses douleurs qu'il appelle l'attriste et l'effraye. Dans la création entière tout revit et se renouvelle, l'homme seul disparait sans retour.

« Comme la fleur qui s'épanouit et se fane ; comme l'ombre qui ne s'arrête jamais, ainsi l'homme passe.

«L'arbre conserve toujours l'espérance; qu'on l'abatte, il reverdit et pousse des jets nouveaux ; que sa racine vieillisse dans la terre ; que son tronc tombe en poussière , que

très. Ainsi ce dernier verset appartient au ch. iiï, et celui qui le pree Ut nu ch. it. Ainsi encore, les leriels où Job pcinl son anr.ienne prusperiu- P.riuoiu lechap. nu; et je le» ai mis au commencement do cetle maljse.

LES PATRIARCHES

SI

lui importe! L'eau développera les germes naissants, et de verls rameaux s'élanceront, comme une plantation nouvelle.

« Mais l'homme qui meurt disparaît pour toujours ; où va-t-il!

■ La mer se dessèche; les fleuves deviennent une grève sride ; mais bientôt ils retrouvent leurs flots. L'homme qui s'est endormi du dernier sommeil jamais ne se réveillera; les deux vieillissent et se déchirent ; mais lui, ils ne se lève point de sa couche funèbre.

■ Ah ! si tu ne voulais que me cacher dans l'empire des ombres, m'y cacher jusqu'à ce que la colère se soit apaisée, si tu voulais ensuite penser une seconde fois à moi... Mais con, quand il est mort, l'homme, il ne peut plus revivre!

■ Tant que durera ma malheureuse existence , je veux espérer une chance heureuse, je veux croire que tu m'appelleras, que je pourrai te répondre, et que lu ne repousseras pas l'œuvre sortie de tes mains.

«Mais, hélas! la montagne tremble et s'écroule ! le rocher est jeté au loin; l'eau creuse la pierre, elle entraine au loin la poussière , image fugitive de l'homme ! c'est ainsi que tu anéantis nos espérances ! »

nepreehes des amis de Job.

A son tour, Baldad, le chef des Sauchéens, accuse la vertu de Job qu'il veut ramener à la résignation et au respect des décrets du Très-Haut : « Le papyrus croit-il sans lève et le jonc vit-il sans eau ? Ses racines le portent encore, nuis lui, il se flétrit avant que les autres plantes aient perdu leurs fleurs. Tel est le sort de celui qui oublie son Dieu; ainsi meurt l'espérance de l'impie.

« L'araignée déploie sa tente, ruais elle ne la soutient pas ; elle s'y attache, mais en vain ; la fragile demeure n'a point de durée. Ainsi fait l'impie ; plein de séve, le matin, il étend su loin ses rameaux ; il enlace les rochers de ses racines. Mais tout à coup il disparaît, et le lieu où il s'élevait lui dit : Je ne t'ai jamais vu. »

Le troisième ami, Sophar, le cheik desMinéens, reproche

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