CHAPITRE XXIII
vous , car cette fille n'est pas morte, mais seulement endormie. >> Ils se moquaient de ces paroles ; mais après qu'on eut fait sortir tout le monde , Jésus entra, prit la main de la jeune fille, et elle se leva.
Aveugle* gné ris- Le bruit de ce miracle se répandit aussitôt dans tout le pays; et comme Jésus sortait de ce lieu, deux aveugles le suivirent, en criant et en disant : - Fils de David, ayez pitié de nous! ■ et lorsqu'il fut venu en la maison, ces aveugles s'approchèrent de lui. a Croyez-vous , leur dit-il, que je puisse faire ce que vous me demandez ? — Oui, Seigneur.» Alors il loucha leurs yeux , en disant : " Qu'il vous soit fait selon votre foi. » Aussitôt leurs yeus furent ouverts, et Jésus leur défendit fortement d'en parler, en leur disant : - Prenez bien garde que qui que ce soit ne le sache. » Mais eu*, s'en étant allés, répandirent sa réputation dans tout le pays.
Après qu'ils furent sortis, on lui présenta un homme muet, possédé du démon. Le démon ayant été chassé, le muet parla, et le peuple en fut dans l'admiration, ut ils disaient : « On n'a jamais rien vu de semblable en Israël. »
Alors les pharisiens et les saducéens vinrent à lui pour le tenter ; et ils le prièrent de leur faire voir quelque prodige dans le ciel. Mais il leur répondit : > Le soir vous dites: Il fera beau , parce que le ciel est rouge , et le malin vous dites : 11 y aura aujourd'hui de l'orage , parce que le ciel est sombre et rougeâtre. Hypocrites, vous savez donc reconnaître ce que présagent les diverses apparences du ciel ; et vous ne savez point discerner les signes des temps que Dieu a marqués? Cette nation corrompue et adultère demande un prodige , et il ne lui en sera point donné d'autre que celui du prophète Jonas. Car, comme Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine , ainsi le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre. .
Or, Jean , ayant appris dans sa prison ' les œuvres du Christ , envoya vers lui deux de ses disciples qui lui dirent : "Êles-vous celui qui doit venir? ■ Jésus leur répondit : » Allez raconter ce que vous avez vu et entendu : les boiteux marchent , les aveugles voient, les lépreux guérissent, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. » Lorsqu'ils s'en furent allés, Jésus parla de Jean au peuple. <■ Qu'ôles-vous allés voir au désert? un roseau agité du vent? Non , vous êtes allé voir un prophète , et plus qu'un prophète, car c'est de lui qu'il a été écrit : J'envoie devant vous mon ange qui vous préparera les voies. »
Vomolra donni-a par Ji-»uj> à ses dlneiplea.
Lorsqu'il parlait encore au peuple, sa mère et ses frères étant arrivés , et se tenant au dehors , demandaient à lui parler ; et quelqu'un lui dit ; « Voilà votre mère et vos frères qui sont au dehors et qui vous demandent. » Mais il répondît ; "Qui est ma mère et qui sont mes frères? ■■ Alors étendant sa main vers ses disciples : « Voici, dît— ïl , ma mère et mes frères ; car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux , celui-lù est mon frère , ma sœur et ma
" La moisson est grande , dit un jour Jésus à ses disciples, mais il y a peu d'ouvriers; priez donc le maître du champ qu'il envoie des ouvriers en sa moisson. » Alors, appelant ses douze apôtres , Simon-Pierre et André , son frère , Jac-
I. Jean ayant reproche à Hérode Anlipas Bon alenur pcrar Hérodias, sa.
Un jour qu'Hérode célélirail une féle dans son palais, Salomé, fille d'Hérodias, dans» avw lanl drjifilce, ilii'Ili 1 ]"■;!(■ . chainii', jur;i LÏti lui nrrurdiT Lntil ce i|u» dvjnuutlf'r.iLl, E!> lui demanda la Li!U' de sain: .ki.n-K;i[>Lislc; à regret, llirndc envol* un soldai à la prison, oui coupa la tfle du précurseur, M l'apporta sut un plal.
324 CHAPITRE XXIU.
nues fils de Zébédée , et Jean, son frère, Philippe et Barthélemi , Thomas et Matthieu , le publicain , Jacques fils d'Alpln'e et Thaddée , Simon le Chananéen et Judas Iscariote , il leur donna puissance sur les démolis avec pouvoir de guérir les malades, et il leur dit : ..Allez et annoncez que le royaume des cieux est proche.
, Ne prenez rien pour le chemin , ni sac, ni bâton , ni pain, ni argent, et n'avez point deux habits. Car celui qui travaille sera nourri. .
« En quelque ville que vous entriez. , demeurez chez celui qui sera le plus digne de vous recevoir ; s'il refuse , retirezvous, et en sortant de cette maison secoue?, contre elle la poussière de vos pieds.
* Je vous envoie comme is.'S brebis au milieu des loups ; ayez la prudence du serpent et la simplicité de la colombe.
» A cause de moi vous serez persécutés ; on vous conduira aux rois et aux gouverneurs , mais ne vous mettez point en peine comment vous leur parlerez, car ceque vous devrez dire vous sera donné sur l'heure.
«.Ne craignez pas ceux qui tuent le corps , ils ne peuvent tuer l'âme. N'est-il pas vrai que deux passereaux ne se vendent qu'une obole? cependant en tombe-t-il un seul sur la terre sans la volonté de notre Père ï Les cheveux mêmes de votre tête sont comptés.
« Quiconque me confessera et me reconnaîtra devant les hommes , je le reconnaîtrai et le confesserai moi-même devant mon Père qui est dans les cieux, et quiconque aura donné un verre d'eau froide à l'un des plus petits, comme étant mon disciple , je vous le dis en vérité , il ne perdra pas sa récompense.
n Je vous le dis en vérité , tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel : et tout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans le ciel.
Je vous dis encore que si deux d'entre vous s'unissent ensemble sur la terre, quelque chose qu'ils demandent, elle leur sera accordée; car en quelque lieu que se trouvent det ou trois personnes lieu d'elles. .
SUITK DU MINISTÈRE PUBLIC DE JÉSUS. 32Ji
■.'humilité recommandée uni Apittres.
Haïs en même temps il recommandait à ses ap&tres mêmes l'humilité. Un jour ils lui demandèrent : « Maître , quel est le plus grand dans le royaume des cieux ? » Jésus ayant appelé un petit enfant, le mit au milieu d'eux et leur dit : » Je vous dis en vérité que si vous ne devenez comme de petits enfanis, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Quiconque s'humiliera sera le plus grand auprès de mon père. Que celui donc qui parmi vous voudra s'élever audessus de ses frères devienne leur serviteur. Que celui qui voudra être le premier d'entre vous soit votre esclave , à l'exemple du Fils de l'homme qui n'est pas venu pour être servi , mais pour servir, qui donnera sa vie pour la rédemption de plusieurs. ■
II leur disait encore : ■ Si quelqu'un scandalisa un de ces humbles qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui pendit su euu la meule qu'un Anti tourne el qu'on lu jetât au fond de la mer.
• Malheur k l'homme par qui le scandale arrive!
- Si voire main ou votre pied vous e&l un sujet de scandale, coupei-les et les jetez loin de voua : il vaut bien mieui que vous entriez dans la vie n'ayant qu'un pied ou qu'une main, que d'en avoir deux et d'être jeté dans le feu éternel.
« Et si votre œil vous est un sujet de scandale, arrachez-le et le jetez loin de vous ; car il vaut mieux pour vous que vous entriez dans la vie n'ayant qu'un œil, que d'en avoir deux et être précipité dans les feux de l'enfer. »
Alors Pierre s' approchant lui dit ; - Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il aura péché contre moi? sera-ce jusqu'à sept fois! »
Jésus lui répondit : « Je ne vous dis pas jusqu'à sept fois , mais jusqu'à soixante-dix-sept fois.
« Car le royaume des cieux est semblable à un roi qui
H1ST. s, 19
CHAV1T11E XXUI.
voulait faire rendre comple à ses serviteurs. Un d'eux lui devait 10 000 talenis , et comme il n'avait pas le moyen de les rendre, son maître commanda qu'on le vendit, lui, sa femme et ses enfants , et tout ce qu'il possédait.
« Mais le serviteur se jeta aussitôt à ses pieds en lui disant : Ayez un peu de patience et je vous rendrai tout. Le maître , touché de compassion , le laissa aller et lui remit sa dette.
- Ce serviteur ne fut pas plutôt sorti , que trouvant un de ses compagnons qui lui devait cent deniers , il le prit à la gorge et l'étouffait presque en lui disant : Rends-moi ce que tu me dois. Et son compagnon se jetant à ses pieds , le conjurait d'avoir un peu de patience , promettant qu'il lui rendrait tout.
« Mais il ne voulut pas l'écouter et le fit mettre en prison jusqu'à ce qu'il lui eût rendu tout ce qu'il lui devait. Le maître l'apprit et l'ayant fait venir : Méchant serviteur, lui dit-il , pourquoi n'avez-vous pas eu pitié de votre compagnon comme j'avais eu pitié de vous? et il le livra entre les mains des bourreaux jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait.
« C'est ainsi , ajoutait Jésus , que mon Père traitera celui de vous qui ne pardonnera pas à son frère. »
Jésus s' étant un jour assis au bord de la mer , il s'assembla autour de lui une si grande foule de peuple que pour s'en faire entendre il monta sur une barque, et de là leur dit : « Celui qui sème s'en alla semer, et pendant qu'il semait , quelque partie de la semence tomba le long du chemin; et les oiseaux du ciel étant venus la mangèrent. Une autre tomba dans des lieux pierreux , et elle germa aussitôt. Mais parce que la terre où elle était n'avait pas de profondeur , le soleil s'étant levé ensuite , elle en fut brûlée ; et comme elle n'avait point de racines , elle sécha. Une autre tomba dans des épines , et les épines , venant à croître, réunifièrent. Une autre enfin tomba dans la bonne terre et elle porta du fruit ; quelques grains rendant cent pour un , d'au-
très soixante et d'autres trente. Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre. »
Il leur proposa une autre parabole, en disant : «Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé de bon grain dans un champ. Mais pendant que ses serviteurs dormaient , son ennemi vint , et sema de l'ivraie au milieu du blé , et s'en alla. » L'herbe ayant donc poussé, et étant montée en épi , l'ivraie commença aussi à paraître. Alors les serviteurs du père de famille vinrent lui dire : « Seigneur , n'avez-vous pas semé de bon grain dans Totre champ? d'oii vient donc qu'il y a de l'ivraie! - Il leur répondit : « C'est l'ennemi qui l'y a semée. — Voulez-vous que nous allions l'arracher! — Non, de peur qu'en arrachant l'ivraie , vous ne déraciniez en même temps le bon grain. Laissez croître l'un et l'autre jusqu'à la moisson; et au temps de la moisson , je dirai aux moissonneurs : Arrachez premièrement l'ivraie et liez-la en bottes pour la brûler ; mais amassez ie blé pour le porter dans mon grenier. »
Il leur proposa une troisième parabole ; ■ Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme prend et sème dans un champ. Ce grain est la plus petite de toutes les semences. Mais lorsqu'il est crû , il est plus grand que toutes les autres plantes et il devient un arbre ; de sorte que les oiseaux du ciel viennent se poser sur ses branches.» Il leur dit encore : « Le royaume des cieux est semblable au levain qu'une femme prend, et qu'elle mêle dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que la pâte soit toute levée. »
Apres cela, Jésus, ayant renvoyé le peuple, vint dans la maison; et ses disciples, s' approchant de lui, lui dirent : « Espliques-nous la parabole de l'ivraie semée dans le champ. » Et lui, leur répondant, il leur dit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme. Le tfiamp est le inonde; le bon grain, ce sont les enfants du royaume ; el l'ivraie, ce sont les enfants d'iniquité. L'ennemi qui l'a semée, c'est le diable ; le temps de la moisson, c'est la fin du inonde; les moissonneurs, ce sont les anges. Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui ramasseront et enlèveront hors de son royaume tous ceux qui sont des occasions de