‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 242 sur 251 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

I,o Jndce do uonvenn rédultp en province (44 ap. J. €.)■

Quand ces deux édita , qui témoignaient des bontés de l'empereur pour les Juifs, eurent été envoyés à Alexandrie et dans tous les lieux soumis à l'empire romain, Claude permit a Agrippa de retourner en Judée. Ce prince veilla de tout son pouvoir aux intérêts de Jérusalem; il employa les deniers publics à élargir et à rehausser les murs de la nouvelle ville; il l'aurait rendue imprenable, si Claude, averti par le gouverneur de Syrie , ne lui eût ordonné d'interrompre les travaux. Mais Agrippa voulait illustrer son règne; il ordonna d'autres constructions. Entre tant de villes qui ressentirent les effets de sa magnificence, il faut citer Beryte (Beyrouth), ornée par ses soins de bains, de portiques superbes, d'un théâtre et d'un amphithéâtre. Afin de donner au peuple l'image de la guerre au sein ds la paix, Agrippa , suivant le cruel usage des Romains, fit un jour amener dans cet amphithéâtre quatorze cents hommes condamnés à mort. On les sépara en deux troupes, et leur combat fut si opiniâtre et si sanglant que de ce grand nombre il ne resta pas un seul homme vivant.

En la septième année de son règne. Agrippa célébra dans la ville de Césarée, qu'on nommait autrefois la Tour de Straton, des jeux solennels en l'honneur de l'empereur; mais, au milieu de ces fêtes, il fut saisi d'insupportables douleurs, et il mourut au bout de cinq jours. Il laissait un fils âgé de dix-sept ans, nommé Agrippa comme lui, et trois filles, dont l'aînée, appelée Bérénice, princesse remarquable par sa beauté, avait épousé son oncle Hérode, roi de Chalctdique. Celui-ci fut chargé par Claude de veiller au maintien de la tranquillité dans la Judée, avec le droit do conférer la charge de souverain sacrificateur. Il mourut l'an M de l'ère chrétienne, laissant trois fils, dont aucun ne lui succéda; car l'empereur donna sa prinr.ipiniti; à pou neveu Agrippa II, le dernier do la race d'Hérede qui porta le titre de roi.

Ce prince, a la mort de son père, avait été jugé trop jeune |iour lui succéder; la Judée avait été alors réduite en pro-

LA DESTRUCTION DU TEMPLE. 4H

vince romaine pour la seconde fois et soumise a des procurateurs. Le sort d'un d'entreeux fut un grand exemple dejustîce donné à la Judée et a tout l'empire. Ayant été accusé de négligence et d'injustice, ce procurateur, nommé Cumanus, fut condamné par Claude à l'exil, et un tribun , trouvé plus coupable, fut renvoyé a Jérusalem pour y être traîné sur la claie et décapité. Le successeur de Cumanus fut Claude Félix, frère de Pallas, affranchi et confident de l'impératrice Agrippine; ce fut devant lui et devant son successeur Félix que saint Paul comparut. La douzième année de son règne, Clamli! ôtri l;i < ikalcidîfjuù à Api'ippa, qui l'avait administrée durant trois ou quatre ans, et lui donna la létrarchie de Philippe, fils d'Hérode le Grand, c'est-à-dire la Bathanée, la Trachonitide et l'Auranitide avec quelques autres terres. L'année suivante, Claude mourut, et le procurateur Félix, que ses violences avaient rendu odieux îi tous les Juifs, fut rappelé par Néron, qui mit Festus a sa place. Aussitôt les Juifs de Césarée députèrent à Rome pour accuser Félix. Il eût été condamné si Pallas, son frère, alors en crédit auprès de l'empereur, n'eût intercédé pour lui. Cependant, ni Festus , ni Albinus, son successeur, ne surent rendre le calme à la province.

Exactions de Florns-

Gessius Florus, qui vint après eux, abusa si insolemment de son autorité qu'il les fit regretter. Albinus se cachait , du moins, pour faire le mal ; Florus en tirait vanité. Il semblait, dit Fl. Josèphe, qu'il eût été envoyé pour faire triompher l'injustice; ses rapines et ses cruautés n'avalent point de bornes; les grands gains ne lui faisaient pas négliger les petits; il prenait partout, il prenait tout; il partageait même avec les voleurs, et leur vendait à ce prix l'impunité de leuvs crimes. Aussi les Juifs fuyaient-ils en foule chez les nations voisines. D'autres préférèrent a l'exil les chances d'une révolte. Deux ans après l'arrivée de Florus, en la douzième année du règne de Néron (6G ans après J. C), cette guerre fatale commença.

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