‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 39 sur 251 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

voies, de l'aimer et de !e servir de toute ton âme et de toutes tes forces? » La circoncision du corps, signe matériel de l'alliance, ne suffit pas; il faut aussi celle du cœur : « Vous circoncirez votre cteur et vous n'endurcirez plus votre lêle, car Jéhov-ah est le Dieu grand, fort et redoutable qui ne fait acception de personne, et qui ne reçoit point de don corrupteur, qui fait droit à l'hote, à l'orphelin et à la veuve, qui aime l'étranger, qui le vêt et le nourrit 1 . »

Ces derniers mots montrent que le Dieu des Juifs n'était pas seulement, comme on l'a prétendu, même aux yeux des Hébreux, un Dieu national, une divinité locale. Jéhovah est dans les deux et sur la terre, hors de lui il n'y a rien K II est le juge de toute créature, le Dieu de tout esprit et de toute chair 1 . C'est parce que l'idolâtrie s'est répandue sur la terre, qu'il s'est choisi un peuple à part, dont la mission sera de conserver son culte et son nom jusqu'au jour où toutes les nations reviendront à son temple. Moïse proclame clairement cette mission : ■ Vous êtes, dit-il aux Hébreux , un peuple saint, un royaume de prêtres , observez ces commandements , ce sera la votre sagesse et votre intelligence aux yeux des nations qui, entendant ces lois, diront de vous : cette grande nation est véritablement un peuple intelligent et sage '. » Les Juifs étaient donc pour l'humanité tout entière comme la caste sacerdotale du culte de Jéhovah, le Dieu universel, qu'elle devait révéler au monde quand les temps en seraient venus, et auquel, en attendant ce grand jour, elle appelait tous ceux qui venaient au milieu d'elle. Les Hébreux, en effet, accueillaient l'étranger qui voulait vivre sous leur loi ; et ce droit de cité dont les républiques anciennes étaient si avares , ils le donnaient à qui croyait comme eux.

Le premier but de Moise fut de sauver à tout prix ce dogme de l'unité de Dieu et de sa providence. C'est pour cela qu'au lieu de conduire les Hébreux droit à la terre de Cha-

I, Btutsrônome, VI, 6; et I, 12.

î. Gtnin, m, 20; Deuiàr., iy. 8. Nombres, m, 20; M uni, 16- *, Dwtirmmu,Tt, 6 ; ut, î ; el ExoJi, M, C,

LA LOI

naan , au paya de leurs pères , il les mena au désert et les y rélin L quarante ans, pour qu'ils y oubliassent l'Égypte et ses superstitions, pour que dans cette terre aride et nue ils revinssent au Dieu d'Abraham et de Job, au Dieu que Jéthro, le prêtre de Madian, adorait avec son peuple, a l'extrémité de la presqu'île , au pied de l'Horeb et du Sinaï.

Pureté du cnlte, sacerdoce sans ponïoir politique.

Afin d'enchaîner les Israélites à cette grande et sainte croyance, par un culte moral et pur, il multiplia les rites et les formalités. Mais ces prescriptions sans nombre devaient Être comme mille liens qui, isolés, se seraient aisément brisés, qui , réunis, ne rompirent môme pas sous le poids des siècles et des plus affreuses calamités.

Dans cette législation, trois choses : Dieu, la loi, le peuple; la loi , qui détermine ce qu'il faut penser et ce qu'il faut faire : au-dessous, les citoyens , tous égaux, tous libres 1 , partant tous responsables; au-dessus, Dieu, qui puuit et qui récompense, suivant qu'on reste fidèle ou qu'on désobéit à la loi , sa parole incarnée. Pour guider le peuple dans l'accomplissement de ses devoirs, un dogme simple que tous comprennent, un culte pur auquel tous participent dans la même mesure , sous la direction d'une classe vouée au service de l'autel, mais retenue dans la pauvreté, ce qui l'empêche de s'élever jamais au despotisme.

égalité de tous devant Mta et devant la loi.

C'est en effet, malgré l'apparente complication de la loi, le régime patriarcal qui règne encore dans cette société. Le peuple hébreu ne forme qu'une grande famille dont Jebcrcali est le père ; et c'est par là que s'explique ce mélange

pas du moins la liberté de l'homme à la prescience divine, a Choisis , dit Moïse, enlrc la vie et les liions d'une part, entre la mort cl les matii de l'autre; lu auras les premiers si lu Bull les commandements du Seigneur, les «cofldi si tu les oublies, ■ Dntéronome, m, 4 i-ïQ.

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