CHAPITRE IV. — LA LOI
sente pas à la reconnaissance de la postérité ses découvertes dans les sciences , dans la philosophie, dans les arls. Il n'a qu'une chose et elle suffit a sa gloire : sa morale et son dogme. Qu'avait-ïl besoin de demander à la sagesse humaine ce qu'il devait penser sur Dieu et sur le monde? Dans Israël tous croyaient, et de plus, de l'esclave au grand prêtre, tous croyaient la même chose. La Genèse leur racontait la création; Job et Moïse leur avaient dit ce qu'était Dieu , ce qu'ils étaient eux-mêmes; tout leur était expliqué dans leurs livres; pourquoi chercher ailleurs?
Ils ne firent rien pour les sciences puisqu'ils n'avaient pas l'esprit philosophique, c'est-à-dire l'esprit de recherche et d'examen. Ils ne firent rien pour les arls , puisqu'ils ne devaient avoir qu'un seul temple et que le plus puissant mobile du développement de l'art , le droit de créer des images sensibles de la Divinité , leur était refusé Ils n'eurent pa3 d'industrie, car l'industrie suppose une culture scientifique ; pas de commerce , car Tyr avait pris sur eux trop d'avance, et puis c'est là le luxe des États prospères , dont la vie trop pleine déborde et se répand au loin ; et les Juifs eurent déjà assez à faire que de vivre misérablement au milieu de tant d'ennemis. Mais il y a une chose que ce peuple traita admirablement bien , la poésie. Bien qu'il ne nous reste que la plus faible partie , peut-être , des anciens livres hébreux , nous en avons assez cependant pour pouvoir dire qu'aucune nation n'a une littérature poétique plus riche , plus grandiose , parce que nulle autre n'allia jamais si étroitement ces deux nobles idées, Dieu et la patrie. Et comme la source qui s'échappe du rocher d'Horeb frappé par Moïse , c'est du Sinaï que coule ce grand fleuve de la poésie hébraïque. Le législateur de ce peuple est aussi son premier poëte ; sa loi est sa plus vive et sa meilleure inspiration.
I. loaèphe dit, fi. II, la, nos lois défendent expressément de meure dans nos filles aucune figure d'hommes ou d'animaux.