CHAPITRE VI
d'affreuses solitudes comme le désert de Juda , à l'est d'Hébron. La plaine de Sépkéla, dans le pays des Philistins , rappelle en de nombreux endroits In fertilité de la plaine de Saron , malgré le voisinage des sables de l'Arabie Pélrée. Dans les environs de Jérusalem , on trouvait les vallées de Réphaïm ou des Géants , de Josaphat et des lils d'Hennon.
La Palestine' n'a qu'un fleuve , Joiti-dnin :. ^..lieira à Kt. 1 bir ) , formé par la réunion des trois sources descendues du mont Hermon". Après avoir traversé les eaux de Mérom' et la mer de Cinnêrotk ou lac de (iènézareth , qu'on nomme aussi Mer d.i Galilée et tnc- de Tihériude (27 kilomètres de long sur moins de 7 de large), il coule dans la belle vallée A'Aulon , jusqu'à la mer Morte , où il se jette. Son cours est tout au plus de 1GO à î80 kilomètres, sa largeur de 26 mètres , sa profondeur de 3 a l en été. Il ne reçoit que des torrents descendus des montagnes voisines, YHiëromax et le Jacob, sur la rive gauche , et le Tapkuah sur la rive droite.
Dans la Méditerranée tombent le Jielus sur les bords duquel les Phéniciens , dït-on , inventèrent le verre ; le Kison , le Kanak, le Sorec ou Bésor , et le torrent d'Egypte; dans le lac Asphaltite, ou mer Morte, YArnon , le Cédron et le Zared. Ce lac , long de 88 kilomètres sur 22 à 2(J de large , et d'un niveau très- inférieur à celui de la Méditerranée*,
I. Ce nom ne s'3[ip!iq;^ii jïriiiiiiivi.-jncn t <\n'-r.i pays des Philistins. Ce ne fui que Iris- tard, sous les Romains, qu'il désigna la Judée, connue des Hé-
îippi).
». Josuéballit prés de N munis Jabin, roi d'Hazor; le pont de Jaeob est à un peu plus de 1 lùiom. au-dessous de la sortie du fleuve, ijuî n'a encore là qu'une targou de H mèlres. Le marais de Mérom n'a nue 10 tilom. de long
4. Schubert a trouvé que le niveau de I» mer Morte était de 1B* nôtres, et celui du lac de Uënéiiretti de 174 mettes Bu-detious du niveau da 1> Mèdi-
DLSCKIPTION OE LA PALESTINE
occupe le fond d'une immense dépression oîi les eaux du Jourdain se sont accumulées , après la grande catastrophe qui a arrêté leur ancien cours vers le golfe Élanitique, à Iravers la vallée des Salines 1 . Les eaux de la mer /Sorte, imprégnées de sel, tiennent encore en dissolution une quantité de sulfate de chaux , de magnésie et de soude , égale au quart de leur poids : aussi les vents ne peuvent-ils soulever ces eaux épaisses et lourdes ' , et sur leurs rives , que ne vient jamais battre la vapue joyeuse, règne un silence de mort, « De loin elles paraissent d'un vert pâle , de près leur teinte devient bleuâtre ; lorsqu'on en prend dans le creux do la main , elles ont la couleur de l'huile. Cinquante pas avant que le Jourdain s'y jette, les eaux de celui-ci contractent un goût amer. L'asphalte , ou bitume de Judée , s'élève de temps à autre du fond du lac , flotte sur sa surface et est recueilli sur ses rivages. D'après la plupart des témoignages, il ne vit dans ce lac ni poissons, ni mollusques'; une vapeur malsaine s'en élève quelquefois; on n'aperçoit ça et là, aux environs, qu'un petit nombre d'arbres rabougris, et ses rives affreusement stériles ne retentissent des chants d'aucun oiseau. 11 parait que le bassin de la mer Morte était jadis une vallée fertile , en partie suspendue au-dessus d'un amas d'eaux souterraines , en partie composée de couches de bitume ; le feu du ciel alluma ces matières combustibles, les terres fertiles s'écroulèrent dans l'abîme souterrain. Les villes de Sodome , de Gomorrhe, et autres , construites peutêtre en pierres bitumineuses , devinrent également la proie
I. Il n'est pas sûr que le Jourdain se soit jamais jeté dans la mer Rouge,
qui coupe le» communication» entré le lac Àspliallile et le «olfe É!anilir(ue.
éUnl de I.OOO, ou de I ,StO, comparée i l'eau dlsOllée; elle surpasse donc telle de l'eau de mer de •,*!*. Nom ad Sirab., m, a.
3. Durant Is nuit qu'il passa près de la mer Morte , M. de CbaleaBhriand entendit quelque bruit dans le lac, et kn De 11» chenu Ifs hil dirent qno ce liruil était causé psr des lésions de pelils poissons qui sautaient hors de l'eau. Mais des poissons de la Méditerranée mis tout vi>anli dans de l'eau de la mer Morte, n'j vécurent qu'une demi-minute. On a cependant trouvé quelque* «cquillaeea sur tes bords.
Si