‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 71 sur 251 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

naître pour juge. Il marcha aussitôt contre les Madianites unis aux Amalécites, et campés dans la vallée de Jezraël. Gédéon avait alors sous ses ordres trente-deux mille hommes; mais Israël aurait pu se glorifier contre l'Eternel en disant : « Mon bras m'a délivré. • Pour prévenir l'ingrat! tude et l'orgueil de son peuple, Dieu ordonna à Gédéon de laisser partir ceux qui le désiraient; vingt mille hommes sortirent du camp. Des dix mille qui restaient , Gédéon ne prit avec lui que trois cents soldats, les seuls qui, en traversant le ruisseau d'Harud , avaient bu sans s'arrêter et sans plier le genou. Illeur donna pour armes des trompettes et des torches enfermées dans de grands vases de terre ; et, par trois routes différentes , il marcha aux tentes de Madian. A l'heure de minuit, celte petite troupe entoure le camp. Au signal de Gédéon, les trompettes sonnent, les vases votent en éclats, et les torches projettent , au milieu des ténèbres , une lueur sinistre. Alors les trois cents braves poussent ensemble un même cri : «L'épée du Seigneur et de Gédéon ! • Les Madianites croient leur camp surpris et incendié ; ils s'enfuient de toutes parts, se frappent les uns les autres dans l'obscurité, et livrent aux Hébreux une victoire facile.

Après ce brillant succès, Gédéon refusa la royauté qu'Israël lui offrait. Il ne voulut pas d'autre titre que celui de juge ( sehophet ) , et il le garda pendant quarante années , jusqu'au jour de sa mort.

AfclmÉIech.

Gédéon avait eu de diverses épouses soixante et onze enfants. Un d'eux, Abimélecb , se rendit aussitôt a Sichem, patrie de sa mère ; et ayant obtenu des habitants quelque argent en don , il leva une troupe d'hommes misérables, avec laquelle il se saisit de ses frères qu'il égorgea sur ia même pierre. Un seul , Jotham , lui échappa.

Quand Jotham apprit que les Sichémites avaient conduit le meurtriersous le chêne qui croit près de la ville et l'avaient reconnu roi, il monta sur le haut du mont Garizim , et élevant la voix, il s'écria : « Ecoutez-moi , vous tous , hommes de Sichem , et le Seigneur aussi vous écoutera.

LES JUGES

« Un jour , les arbres se mirent en route pour se chercher un roi , et ils dirent à l'olivier : « Règne sur nous. » Mais l'olivier leur répondit : « Abandonnerai-je la séve qui me nourrit et qui me vaut les bénédictions des hommes , pour aller m'élever au-dessus des autres arbres? .

« Alors ils dirent au figuier : « Viens et sois notre roi. ■ Mais il leur répondit : ■> Voulez-vous que je renonce à mes sucs si doux, à mes fruits si bons, pour aller planer sur

■ Alors ils dirent à la vigne : ■ Viens et règne sur nous.» Mais la vigne répondit : « Est-ce que j'abandonnerai mon vin qui réjouit Dieu et les hommes , pour aller planer audessus de vous! ■

- A lors les arbres allèrent encore et dirent au buisson d'épines : « Viens et sois notre roi. > Et le buisson d'épines leur répondit : » Si , en vérité, vous voulez m'oindre et m'établir roi sur vous , venez et placez-vous sous mon ombre. Si vous ne le faites pas , que le feu aorte de mes épines, et qu'il consume les cèdres du Liban. »

Alors Jotham ajouta : « Hommes de Sichem , si c'est avec raison que vous vous êtes élevés contre la maison de mon père, qu'Abimélech soit votre joie. Mais si vous avez agi contre la justice , que le feu sorte d'Abimélech , et qu'il dévore les hommes de Sichem ; et que le feu sorte de Sichem et qu'il dévore Abimélech. ■ Ayant ainsi parlé , il s'enfuit. La discorde, en effet , ne tarda pas a éclater entre cet homme ambitieux et cruel et les Sichémites qui l'avaient appelé leur frère quand il était venu vers eux pour la première fois. Sichem essaya , par une révolte , de secouer le joug. Ses espérances et ses efforts furent vains. Abimélech s'empara de la ville , rasa ses remparts , et fit périr , au milieu des flammes, mille personnes réfugiées dans une tour. Puis il marcha contre Thèbes qui s'était aussi soulevée. Les habitants , renfermés dans la citadelle, allaient éprouver le même sort que les Sichémites ; déjà Abimélech s'approchait pour y mettre le feu , quand une vieille femme l'atteignit à la tète avec un fragment de meule de moulin et le renversa. Abimélech se sentit mourir ; il appela son écuyer. • Frappe-

Page 1