‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 74 sur 251 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

leur avait proposée '. Il leur avait promis â chacun un manteau, s'ils étaient vainqueurs à ce jeu aimé chez tous ces peuples; les Philistins payèrent pour lui. Il alla auprès d'Ascalon, une de leurs villes, et eu tua trente dont il emporta les manteaux.

Etant revenu au iemps de la moisson voir cette femme, il la trouva mariée à un Philistin. Pour se venger, il prit trois cents renards, leur attacha des sarments allumés à la queue et les lâcha au milieu des blés, dans les vignes et les plants d'oliviers; tout fut brûlé, et de colère les Philistins tuèrent la jeune femme, cause de ce désastre. Mais le héros n'accepta pas cette réparation, et un grand nombre d'ennemis tombèrent encore sous ses coups.

Les Philistins étaient toujours redoutés dans Israël; ils exigèrent qu'on leur livrât Samson. Il fut lié avec des cordes neuves et remis entre leurs mains; mais à peine se vit-il au milieu d'eux que, d'un seul effort, il brisa ses liens, et saisissant une mâchoire d'âne, il chassa devant lui les Philistins effrayés, dont mille ce jour-là périrent.

Après cet exploit, Samson fut revêtu de la judicalure qu'il exerça pendant vingt ans; mais, dans cette haute charge, il n'oublia pas son ancienne vie d'aventures. Sa haine implacable contre les Philistins le conduisait toujours sur le territoire de ce peuple. Un jour qu'il était venu dans Gaza, une de leurs cités, ils espérèrent le surprendre et le tuer, au matin, quand il quitterait la ville. Mais Samson, qui soupçonnait leur dessein, se leva vers minuit et alla aux portes; les trouvant fermées, il les arracha avec leurs gonds, leurs deux poteaux et la serrure, les chargea sur ses épaules et porta le tout jusque sur le haut d'une montagne voisine.

Cette force merveilleuse devait disparaître si jamais Samson coupait sa chevelure; le secret était resté jusqu'alors ignoré, mais il n'eut pas la force de le cacher à Dalila qui captivait son cceur. Les chefs des Philistins étant venus

t. De celui qui deiore esl venue la nourrilure, du fort cl du cruel es! venue la douceur. — Dans une de ses courses, il mail lué un jeune lien, el, quelques jours après, il avail neuve dans aa gueule uu rajon (le miel.

LES JUGES

trouver cette femme, lui promirent chacun orne cents pièces d'argent, si elle leur faisait connaître d'oii provenait la force prodigieuse de Samson, et comment on pourrait le vaincre. Elle se laissa séduire a ces offres, et un jour qu'il reposait la tête appuyée sur ses genoux, elle lui coupa les cheveux : aussitôt i! devint comme un autre homme; alors les chefs des Philistins accoururent, et, sans qu'il pût leur résister, ils le chargèrent de chaînes, lui crevèrent les yeux, et. par dérision, l'occupèrent à tourner la meule d'un moulin.

Mais avec les mois et les jours, ses cheveux repoussèrent et il sentit en même temps sa force renaître. Un jour que les Philistins célébraient la fête solennelle de leur dieu Dagon, on l'amena dans la salle du festin pour servir de jouet au peuple assemblé; Samson alors invoqua L'Éternel et le supplia de lui rendre sa vigueur première. Le Seigneur l'entendit et l'exauça. Samson avait été placé au milieu de l'édifice, entre les deux colonnes qui soutenaient la voûte, il les ébranla d'un suprême effort m s'écriant : « Que je meure avec les Philistins ! « Les colonnes tombèrent, |le temple s'écroula, et Samson, enseveli sous les ruines avec des milliers d'infidèles, fit périr en mourant, dit son historien, plus d'ennemis qu'il n'en avait tué en sa vie.

Apres lui l'autorité religieuse et le pouvoir civil furent réunis dans les mains d'Héli , grand pontife 1 et juge d'Israël.

Vers ce temps, la révolution qui allait bientôt amener l'établissement de la royauté commençait déjà à agiter les esprits. Trois siècles de misères avaient enlin ouvert les yeux aux Israélites, et ils comprenaient que leur faiblesse venait de leur défaut d'union , de leur oubli des lois de Moïse et du culte de Jéhovah. Les tribus se rapprochaient du sanctuaire de Silo, longtemps délaissé, et le grand prêtre était

*. Héli descendait d'Ilhamar, fils puîné fl'Àiron. La grande nacrificature Ut doue soriio Je la maiiun d'Kléaiar, Dis aîné du premier itmi préire.

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