CHAPITRE IX
Mmntl choisit David pour succéder à «Jaill.
Aprèa bien des jours, Samuel entendit la voix divine qui lui disait : - Jusqu'à quand pleureras-tu sur cet homme , puisque je l'ai rejeté ? Viens , je yeux t'envoyer chez Isaï de Beth-
Samucl partit aussitôt sous prétexte d'aller immoler une victime, afin d'éviter la colère du roi. A Beihléhem, il invita Isaï et ses enfants au festin du sacrifice ; mais l'élu du Seigneur n'y vint pas , son père l'avait laissé aux champs pour garder le troupeau. Samuel le fil chercher, attendit son arrivée , et, suivant les ordres de Dieu, il répandit sur lui l'huile sainte qui devait le consacrer.
Depuis ce moment l'esprit du Seigneur fut toujours avec David ; mais il se retira de Saill , qui resta livré à une mélancolie profonde, à de vagues inquiétudes, a de soudaines terreurs. Cette humeur farouche , excitée , disait-on , par le malin esprit, éclatait par accès. Saul, sur l'avis de ses officiers, consentit à essayer si la musique ne saurait pas calmer ces transports furieux. On lui recommanda David comme habile joueur de harpe, jeune , vaillant et sage. Il se le fit amener, et conçut pour lui tant d'affection qu'il résolut de se l'attacher à titre d'écuyer.
David et collath.
Cependant les Philistins n'avaient pas lardé à reprendre les armes , et bientôt les deux peuples se trouvèrent en présence près de Socoth, en Juda, dans la plaine des Térébinthes. Pendant quarante jours , un géant , nommé Goliath , vint entre les deux camps défier en combat singulier un guerrier d'Israël •■ « S'il m'ôte la vie , disait-il , nous serons vos esclaves ; si je le tue, vous nous serez assujettis.» David seul osa se présenter pour répondre au défi, et rassura Saûl, qui tremblait pour sa jeunesse , en lui disant: « Lorsque ton serviteur menait paître les troupeaux de son père, il vit plus d'une fois un lion ou un ours qui emportait un bélier du troupeau ; je courais après eux , et lorsqu'ils se jetaient sur
saOl.
moi, je les prenais à la gorge et je les tuais. Le Seigneur, qui m'a délivré des griffes du lion et de la gueule de l'ours , me délivrera des mains de cet incirconcis. — Va donc, lui dit le roi , et que le Seigneur soit avec toi. »
David prit son bâton , choisit dans le torrent cinq cailloux bien polis , les mit dans sa pannetière et marcha contre Goliath , sa fronde a la main. Quand le géant l'aperçut, il lui cria : ■< Suis-je un chien, que tu viennes à moi avec un bâton et des pierres? — Toi , répondit David , tu te présentes au combat avec le glaive, la lance et le bouclier, moi je viens au nom du Dieu des armées. Aujourd'hui, le Seigneur te livrera en mes mains; je te tuerai, je te couperai k téte , et je donnerai ton cadavre et ceux des tiens à manger aux oiseaux du ciel et auxbêtes de la terre. • Goliath marchant alors sur lui, il mit une pierre dans sa fronde, et frappa au front le géant, qui tomba. Aussitôt il courut à lui , arracha son épée et lui trancha la tète. A cette vue les Philistins épouvantés s'enfuirent ; et les Israélites, se levant avec un grand cri , les poursuivirent jusqu'aux portes d'Accaron , en faisant d'eux un grand carnage.
jalousie et peraée utlon de Saîil contre David.
Après cette victoire, les femmes sortirent de toutes les villes d'Israèl au-devant du roi en chantant : « Saûl en a tué mille , David en a tué dix mille. » Hais depuis ce jour Saùl ne regarda plus David qu'avec un œil d'envie; il essaya même de le percer de sa lance pendant qu'il jouait de la harpe devant lui. Deux fois le fils d'isaï esquiva le coup , et Saul fut réduit a chercher un autre moyen pour se délivrer de lui : " Je ne veux plus , se dit-il en lui-même , je ne veux plus le frapper , mais je l'exposerai aux traits des Philistins. » Alors il lui promit la main de sa fille aînée, Mérob, s'il combattait vaillamment pour le service du Seigneur. Afin de mériter cet honneur , David s'exposa plus d'une fois a la mort; mais le roi ne tint pas sa promesse et donna à sa tille un autre époux. Profitant encore de l'affection qu'avaient l'un pour l'autre David et Michol, sa seconde fille , il chat-