‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 85 sur 251 · I. Sapiinta Sirack., ilyi · texte numérisé non relu

I. Sapiinta Sirack., ilyi

Saûl avait repris ses desseins homicides. Sachant David au désert de Ziph, il alla l'y cbercher avec trois mille hommes ; et, pour la seconde fois, David épargna la vie de son ennemi, Il était entré, pendant la nuit, dans le camp et dans la tenle du roi; il eût pu le frapper, mais il se contenta d'enlever sa coupe et sa lance plantée en terre au chevet de son lit. Puis, de la montagne voisine, il appela Abner, et lui dit : « Pourquoi n'as-tu pas gardé le roi, ton seigneur ? Il est venu quelqu'un pour le tuer. Vois où sont maintenant sa lance et sa coupe? <■ Saul s'éveilla à ces paroles, et reconnaissant la voix de David, il l'aperçut lui-même sur la hauteur. Il s'humilia de nouveau, confessa ses torts, et prédit les succès de son ennemi; ensuite il retourna en sa maison plus abattu que jamais.

Mort de ttaùil ; 1050 .

En ce temps-là, David se relira de nouveau dans le pays des Philistins, auprès d'Achis. Ce chef lui donna la ville de Siceleg, d'où, pendant seize mois, il fit des courses continuelles contre les peuplades établies au midi de la terre de Chanaan. Il y était encore lorsqu'il apprit la fin du roi d'Israël. Les Philistins avaient en effet repris les armes, et les tribus du sud de la Palestine, mécontentes de ce gouvernement militaire qui s'était souillé du meurtre des prêtres de Nobé, ne firent aucun etfort pour arrêter l'ennemi, qui pénétra jusque dans la plaine de Jezraél, auprès d'Aphec. Saùl était venu camper a Gelboé avec toutes ses troupes. Mais quand il eut vu l'innombrable armée des Philistins , il fut frappé d'étonnement et de crainte. Il voulut interroger l'Éternel , l'Eternel ne lui répondit ni eu songe, ni par la voix des prêtres, ni par celle des prophètes. Saùl, abandonné du ciul, résulut d'intéresser les enfers a sa cause. Autrefois, suivant les conseils de Samuel, il avait chassé les imposteurs et les magiciens. Ses serviteurs découvrirent cependant une pythonisse dans la tribu de Manassé. Le roi se rendit près d'elle sous d'humbles habits, et suivi seulement de deux des siens. « Révèle-

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moi l'avenir, lui dit-il, et fais-moi apparaître celui que jeté demanderai ; je te jure que pour cela il ne t' arrivera pas malheur de la pari du roi. Appelle Samuel. * Il avait à peine dit ces mots que l;i pvtlionisse jeta un grand cri ; elle avaittu le prophète. - Tu me trompes, dit-elle , tu es le roi. — -

— J'ai vu des dieux qui montaient du fond des enfers. J'a ï vn un homme qui sortait de la terre enveloppé" d'un man teau. » Saiil reconnut que cet homme était Samuel, et, tortubant la face contre terre, il l'adora. « Pourquoi troubler mo' n repos? dit le spectre ; pourquoi m'a voir fait monter? — Les prophètes sont muets , les songes n'ont point de révélstioi i. Dieu s'est éloigné de moi, et mes ennemis m'altaqnent. .le t'ai appelé pour que tu me dises ce qu'il faut que je fasse.

— Ne m'interroge pas, puisque Dieu n'est plus avec toi. Comme je te l'ai annonce, ton royaume sera arraché cle tes mains, et il passera à David , ton gendre. La Seigneu r t'a livré aux infidèles. Demain, toi et tes lils , tous tomberez. »

Le lendemain, dès le premier choc, Israël plia devant l'ennemi - les Irois iils de San!, Jonatiias, Ahînadab et Melohistia furent lues, et tout l'effort de la bataille tomba sur le roi. Sans espoir de salut, craignant de rester vivant entre les mains des itirirconcis, Sanl ordonna à son écuyer de le luer, et, sur son refus, il se jeta lui-même sur la pointe de son épée, L'éctryer se tua sur sou corps ; et quand les Philistins approchèrent, ils ne trouvèrent plus qu'un cadavre. Cependant ils lui coupèrent la tète, et pendirent son corps sur les murailles de Belhsan.

Trpis jours après, David apprit les malheurs d'Israël par un jeune Àmalécite qui se vanta d'avoir, a la prière de Suûl, frappé d'un dernier coup le roi expirant. David fit mourir celui qui avait osé porter la main sur l'oint du Seigneur, et *près avoir versé des larmes abondantes, il chanta sa douleur dans un hymne funèbre :

« Arrête-toi , ô Israël , et vois dans la montagne ces morts ét ces blessés ; comment les fort? sont -ifs tombés ?

. Ne l'annoncez point dans Gcth ; n'allez pas le dire sur

SAIT. 131 ]es chemins d'Ascalon, les filles des Philistins s'en glorifieraient ; les filles des inr-irruncis triompheraient.

" Monts de Gelboé, que jamais la rosée ni la pluie ne fécondent vos cimes ! que vos coteaux ne donnent ulus de prémices, parce que c'est là qu'est tomhé le bouclier des forts, le bouclier de Saùl.

• Jamais la flèche de Jonathas n'est retournée en arrière ; jamais l'épie de Satil n'a été tirée en vain. Elles se baignaient dans le sang des morts ; elles déchiraient la ciiair des braves.

« Saul et Jonathas, si aimables, si grands pendant leur vie, ne sont point séparés dans la mort ; ils étaient plus rapides que Tes aigles , plus courageux que les lions.

« Filles d'Israël, pleurez sur Saiil qui vous revêtait d'écarlate et d'or au milieu des délices.

a Comment les forts sont-ils tombés dans le combat? comment Jonathas a-t-il été tué sur la montagne?

a Ta mort me remplit de douleur, Jonathas, oh ! mon frère ! je t'aimais comme une mère aime son unique enfant 1 !

«Comment donc les forts sont-ils tombés? comment se sont évanouis ces foudres de guerre? s

(. Quand Baïid !C fol lui-même affermi sur le rrSne, en sonrenir de taMlié <!<■ Jf.nathas, il rendil a son flls MipMbosctli, le tenitr rejclon de lu raeo 4e Sadl, ioub tel biens de sa maison, et il le Hl asseoir [oui les jours ti sa lable. Hais, II, cliap. a.

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